MAROC
16/01/2019 18h:06 CET

À pied, en voiture, en transport en commun... Comment se déplacent les Casablancais? (ENQUÊTE)

Chaque jour, un.e Casablancais.e consacre en moyenne 57 minutes à ses déplacements.

Martinelli73 via Getty Images

TRANSPORT - 7,8 millions. C’est le nombre de déplacement effectués chaque jour par les Casablancais, indique une enquête réalisée par Casa Transport au profit de l’Établissement de Coopération intercommunale (ECI), afin d’affiner la
vision de Casablanca, une métropole “pleinement inscrite dans la mobilité durable”.

C’est dans le cadre de la journée “Plan des Déplacements Urbains de Casablanca, premiers résultats et horizons’’, organisée ce mercredi dans la capitale économique, que l’étude intitulée “Enquête Ménages Déplacements” (EMD) a été dévoilée afin de renseigner les pouvoirs publics sur les pratiques de déplacements des habitants de la ville blanche et de son agglomération. Réalisée auprès de 22.960 personnes, l’enquête EMD a questionné 7019 ménages de 34 arrondissements et communes. 

La marche à pied prédomine

Ainsi, une grande part des 7,8 millions de déplacements quotidiens, soit 46%, correspondent (sans plus de précisions) au retour au domicile. Parmi les motifs les plus fréquents de déplacements, 18% correspondent à des trajets effectués pour étudier et 16% pour travailler. Les autres motifs sont respectivement le déplacement pour effectuer des courses (5%), des activités de loisirs/activités socioculturelles (5%), réaliser des affaires personnelles (médecin, banque…) (3%) et rendre visite des amis ou la famille (3%). 

D’après l’enquête, dans l’agglomération, la marche à pied prédomine avec 4.900.000 déplacements effectués par jour. Et lorsqu’on s’éloigne de l’hyper-centre, la distance moyenne effectuée à pieds atteint 1,2 km.

Les chiffres révèlent par ailleurs que les femmes pratiquent davantage la marche que les hommes (76% contre 57% pour les hommes). La gent masculine emprunte en revanche beaucoup plus les transports en commun et la voiture. Une donnée qui pourrait s’expliquer par l’insécurité grandissante dans les transports en commun casablancais.

D’autres disparités existent et sont liées au niveau de revenu, d’âge et, une fois de plus, de sexe: les personnes déclarant gagner moins de 1.500 Dhs par mois se déplacent en moyenne 2 fois par jour, celles qui gagnent plus de 30.000 Dhs par mois se déplacent 3,3 fois par jour. Les 6-15 ans se déplacent 2,4 fois par jour et les plus de 60 ans, moins de 2 fois par jour. Sans surprise, les hommes se déplacent 2,5 fois par jour et les femmes 1,8. Interrogés sur leur déplacements au cours de la journée précédant l’enquête, 8% des hommes ont indiqué ne pas s’être déplacés, contre 29% de femmes.

La durée moyenne d’un déplacement est de 22 minutes, précise le document. Chaque jour, une personne qui se déplace consacre, en moyenne, 57 minutes à ses déplacements.

Peu de Casablancais possèdent une voiture

Les voitures personnelles, les transports en communs et les taxis ont à peu près les mêmes volumes de déplacement journaliers mais restent moins empruntés que l’usage des jambes, ce qui peut paraître surprenant dans une capitale économique dont le centre ville semble complètement asphyxié par les gaz d’échappement. 

Chaque jour, 1.016.000 de déplacements sont effectués en bus, train ou tramway dans Casablanca et son agglomération, 700.000 en taxi (rouge et blanc) et 960.000 en voiture personnelle. Chaque mode de déplacement présente quelques particularités respectives, fait observer l’étude, selon laquelle le système de taxis et de transport en commun apparait complémentaire sur bien des territoires, l’un servant à pallier le déficit de l’autre. Néanmoins, des phénomènes de concurrence peuvent aussi apparaitre, relève l’étude. 

En périphérie de l’agglomération, où les transports en commun sont absents, on assiste toutefois à une motorisation galopante qui provoque une course à l’équipement en automobile. Chiffres à l’appui, l’étude recense 113 voitures pour 1000 habitants (contre 90 pour 1000 en 2004), notant que 31% de la population enquêtée a le permis de conduire et 39% des ménages possèdent au moins une voiture.

Des transports en commun peu attrayants

A la question “seriez-vous prêt(e), si le système de transport collectif était performant, à réserver l’usage de votre voiture pour des destinations non desservies par eux?” 68% des sondés ont répondu ‘’oui’,’ contre 32% de “non”, ce qui révèle une réelle volonté de ne plus utiliser sa voiture personnelle au profit des transports mis à disposition de la ville... à condition que ceux-ci soient en bon état.

En effet, l’enquête estime que la qualité de service des transports en commun est très dépendante du mode de transport. Ainsi, les bus sont considérés comme “de mauvaise qualité’’ par 77% de la population. À l’inverse, le tramway est considéré comme de “bonne” ou “très bonne” qualité par près de 85% de la population sondée. Les lignes de trains de l’ONCF jouissent également d’une très bonne image.

Étonnamment, le recours aux deux roues motorisées n’est que très peu abordé dans l’étude, simplement cité comme un mode de rabattement après l’utilisation d’un bus ou d’un grand taxi. 1% des usagers déclarent ainsi effectuer une correspondance en 2 roues après n voyage en bus, tandis qu’ils seraient 2% à en faire de même après un voyage en grand taxi.

Du côté des taxis, les rouges (les taxi urbains) ont une image relativement meilleure que celle des blancs (les taxi péri-urbain), ajoute l’étude dont les résultats devraient permettre d’identifier les besoins de la population locales en vue d’y répondre de ‘’manière efficace et pertinente’’ et ‘’mobiliser les différents moyens humains et techniques nécessaires à cette mission’’.

Réalisée par ″Casa Transport″ au profit de l’Établissement de Coopération intercommunale (ECI), l’EMD a été menée en ayant recours à des entretiens en face à face durant la période janvier-mai 2018, et a pris en compte la diversité des profils des résidents casablancais selon les données du Haut Commissariat au Plan 2014. L’enquête a été réalisée auprès de 22.960 personnes et 7019 ménages de 34 arrondissements et communes. Environ 1/3 des personnes interrogées travaillent, 1/3 étudient et 1/3 n’ont pas d’activité.