TUNISIE
11/05/2019 18h:09 CET

Combien de fois fait-on l’amour après 5, 10, 20, 30 ans de relation?

Que se passe-t-il vraiment sous les draps de ces personnes en couple depuis cinq, dix, quinze, vingt ans ou plus, au-delà de la phase torride de la lune de miel?

Stadtratte via Getty Images

SEXUALITÉ - D’abord vient l’amour, puis le mariage. Ensuite c’est au tour de la gestion des emplois du temps, des changements de priorités et d’une interminable liste de tâches (y compris celles à passer en machine) qui semblent toujours venir contrarier la sexualité.

Que se passe-t-il vraiment sous les draps de ces personnes en couple depuis cinq, dix, quinze, vingt ans ou plus, au-delà de la phase torride de la lune de miel?

On dit que pour vraiment connaître quelqu’un, il faut avoir partagé son lit. C’est pour cela que nous y avons sauté à pieds joints. Or, même si la vie et les enfants s’en mêlent, dans bien des cas, la vie sexuelle réserve de belles surprises sur la durée.

Nous avons rencontré onze couples, avec lesquels nous avons discuté de la fréquence de leurs relations sexuelles, de l’évolution de leur sexualité et de leurs astuces pour entretenir le charme.

Bobbi et Chris, mariés depuis cinq ans

“Depuis la naissance de notre deuxième enfant – qui, à quatre mois, dort toujours dans notre chambre –, nous le faisons une fois tous les deux mois environ. Le sexe crée un lien, une complicité, qui fait aujourd’hui cruellement défaut dans notre mariage. La situation ne nous satisfait pas, mais nous espérons y remédier lorsque notre benjamine dormira dans sa nouvelle chambre et que l’aînée acceptera de rester plus souvent dans son lit d’enfant.”

“J’ai fait une fausse couche et eu deux enfants. Nous avons beaucoup fait l’amour pour les concevoir, au point que le sexe en a un peu perdu de sa saveur. Dans notre nouveau quotidien, il va sans dire qu’entretenir le charme est un travail de tous les instants. Je ne pense pas que nous raviverons un jour notre fougue d’antan. Mais, avec un peu de chance, nous parviendrons à prendre le temps une fois par semaine! Il faut profiter de sa liberté tant qu’on le peut!” – Bobbi.

Marantina et Ro, mariés depuis cinq ans

“Une fois par semaine. Nous profitons que le petit dort dans une autre pièce (nous pratiquons le co-dodo). Nous envisageons d’installer notre fils dans sa propre chambre d’ici l’an prochain, et de partager plus de moments sexy à deux. On croise les doigts!”

 

mon mari s’est beaucoup impliqué dans l’éducation de notre enfant et la gestion des corvées ménagères, et j’ai commencé à sentir ma libido renaîtreMarantina

″À l’époque où je travaillais encore, nous faisions rarement l’amour, peut-être quelques fois par mois. En général, je refusais poliment, prétextant la fatigue de la journée. Ensuite, je suis tombée enceinte, ce qui voulait dire moins de sexe. Et puis plus rien jusqu’aux six mois du petit, parce que je n’éprouvais plus de désir. Quand nous avons quitté Jakarta pour Medan, mon mari s’est beaucoup impliqué dans l’éducation de notre enfant et la gestion des corvées ménagères, et j’ai commencé à sentir ma libido renaître.” –Marantina

Jenna et Eric, mariés depuis huit ans et demi

“Trois ou quatre fois par semaine. C’est une fréquence qui me satisfait, parce que je suis trop épuisée pour en faire plus. Notre couple est toujours une priorité pour lui et moi. Beaucoup de gens font passer leurs enfants avant leurs conjoints, mais nous privilégions vraiment notre relation.” – Jenna

“Avoir deux enfants coup sur coup a été plutôt intense, et j’ai dû trouver du travail assez loin, pour pouvoir joindre les deux bouts. Nous passions donc moins de temps ensemble que nous l’aurions voulu.”

“Aujourd’hui, la situation a changé: je suis à la maison, les enfants grandissent, nous avons décidé de ne pas en avoir d’autres et j’ai eu recours à une vasectomie. C’est très excitant pour nous, car nous retrouvons plus souvent notre intimité. J’ai le sentiment d’avoir la liberté d’expérimenter, même si je me trouve un peu ennuyeux dans ce domaine.″— Eric

Tom et son partenaire, en couple depuis neuf ans

″J’aime la créativité de Tom. C’est amusant de tenter de nouvelles choses ensemble et rester ouverts d’esprit. La transition de Tom nous a aussi apporté beaucoup de bonheur, mais c’est un sujet très personnel dont je le laisserai parler lui-même.″– Le partenaire de Tom

“Cinq à dix fois par mois, je dirais. Beaucoup de choses ont changé, surtout avec ma transition. Je suis transgenre. Il y a environ quatre ans, notre sexualité a connu un vrai revers et nous avons dû apprendre à jongler entre nos emplois du temps surchargés et les efforts à fournir dans notre vie sexuelle. La phase romantique des débuts de relation s’est dissipée d’un coup et nous nous sommes demandé où était passée notre vie sexuelle.″

″J’ai toujours ressenti cet inconfort, cette dysphorie avec mon corps qui compliquait franchement mon rapport à la sexualité. Quand j’ai commencé à explorer ce qui faisait peu à peu son chemin dans mon esprit, la majeure partie de mes fantasmes tournaient autour du fait d’avoir des relations sexuelles en tant qu’homme. Ce que j’ai trouvé très difficile à vivre.″

″J’ai fini par entamer une thérapie où j’ai pu exprimer mon ressenti et on m’a répondu qu’il n’y avait absolument rien d’anormal à désirer une sexualité d’homme, pour l’homme que j’étais. Alors j’ai abordé le sujet avec mon partenaire à qui j’ai proposé de tenter l’expérience. Il était d’accord. Ça nous a ouvert de nouvelles perspectives que je n’avais jamais connues avec lui. Cette révolution sexuelle m’a redonné confiance en moi et permis d’assumer ma transition dans les autres aspects de ma vie.″ — Tom

Alyssa et Justin, mariés depuis dix ans

“Je dirais trois ou quatre fois par semaine. Parfois plus, parfois moins. Nous n’avons tous les deux connu personne d’autre, et nous n’avons fait l’amour pour la première fois qu’après le mariage. Il nous a fallu du temps pour trouver ce qui nous convenait.”

Assurez-vous de satisfaire d’abord vos besoins!Alyssa

“Mon conseil aux jeunes mariés paraît peut-être évident pour beaucoup, mais j’ai toujours vécu dans la peur et la honte de mon corps. Jusqu’au jour où j’ai acheté un vibromasseur, ce qui m’a été d’une grande aide. Le plaisir sexuel semble plus facile d’accès aux hommes. Pour une femme un peu insatisfaite, c’est parfois l’ingrédient qui manque à une vie sexuelle épanouie. Assurez-vous de satisfaire d’abord vos besoins!” – Alyssa

Kate et John, mariés depuis onze ans

“Nous faisons l’amour deux à trois fois par semaine. Avec nos deux emplois à temps plein, ses gardes en 3x8 et deux enfants, je trouve que nous nous en sortons plutôt bien.″

″Ce n’est certes pas très spontané mais, à ce stade, il faut en faire une priorité. Il n’y a pas de honte à cela.” — Kate

Andrea et Dan, mariés depuis quinze ans

″Nous le faisons environ deux fois par semaine, mais c’est notre fréquence la moins élevée en quinze ans de relation. Avec quatre enfants, il y a évidemment des périodes moins actives mais ces fluctuations semblent nous convenir.″ – Andrea

″Nous avons apparemment réussi à trouver un équilibre et synchroniser nos envies et nos habitudes. C’est dire si notre couple nous fait l’effet d’une exception! Nous en sommes nous-mêmes surpris.” – Dan

″Nous sommes six dans la famille, dont une adolescente qui se lève bien plus tard que nous, alors je nous vois mal répandre des pétales de roses dans le salon pendant qu’elle y fait ses devoirs! (Rires.)

Néanmoins, nous partons sans les enfants aussi souvent que possible. Il n’est pas difficile de tomber dans la routine, comme si nous n’étions que des ‘cogestionnaires familiaux’ ou des ‘cobabysitters’, si bien que nous nous forçons à prendre du temps pour nous. J’aimerais pouvoir dire que nous sommes partis une semaine en amoureux au Mexique, mais ce n’est pas le cas. Pourtant, le simple fait d’envisager d’aller faire les courses sans eux prend des airs de rencard!″ – Andrea

Julie et Martin, mariés depuis vingt-deux ans

″Nous avons des rapports sexuels environ une fois par semaine. Nous sommes mariés depuis vingt-deux ans et pratiquons l’échangisme depuis bientôt dix-sept ans. De fait, en matière de libido, nous mettons la barre assez haut. Toutefois, le travail est assez stressant en ce moment, ce qui a toujours un impact sur la libido de mon mari. Je ne m’inquiète pas pour notre bonheur, mais je préférerais passer à deux fois par semaine.″

 

Nous pratiquons l’échangisme que lorsque nous sommes tous les deux à l’aise dans notre relation et notre  sexualité, et non pour chercher du plaisir ailleurs.Julie

 “Au début, nous nous limitions à l’échangisme mais depuis sept ou huit ans, nous avons aussi eu des aventures en solo. Parfois, j’ai un rencard. Parfois, c’est lui, et cela nous convient à tous les deux. Nous pratiquons l’échangisme que lorsque nous sommes tous les deux à l’aise dans notre relation et notre  sexualité, et non pour chercher du plaisir ailleurs.”

“Au même titre que l’on ne fait pas un enfant pour ressouder un couple, on ne pratique pas l’échangisme afin de renforcer sa vie sexuelle. Si vous n’entretenez pas une relation saine et solide, l’échangisme tend à creuser davantage le fossé qui vous sépare plutôt qu’à renouer vos liens.”

″Ça a aussi fait évoluer notre rapport à l’autre. On ne touche pas un corps que l’on connaît depuis des années de la même façon qu’un corps que l’on découvre. C’est rafraîchissant sur le moment, et cette excitation a tendance à transparaître dans les caresses prodiguées lors des retrouvailles avec ce corps connu.” – Julie

Trudie, mariée depuis vingt-six ans

“Pas assez, en toute honnêteté. Peut-être une fois par mois. J’ai l’impression qu’on tient toujours la femme pour responsable de cet état de fait, mais là ce n’est pas le cas. Mon mari est plus âgé que moi et, à mon avis, cela joue beaucoup.”

″C’est très frustrant. J’éprouve énormément d’affection à son égard, je le connais depuis longtemps mais, en tant que femme, ça me donne le sentiment de ne pas être attirante ni féminine. Je le lui ai expliqué et il m’assure que ça n’a rien à voir avec moi. Je lui ai même demandé s’il avait envie de coucher avec quelqu’un d’autre. Il me dit qu’il n’en est rien. Je me sens banale, comme une simple connaissance parmi d’autres.”

“Je crois que cela explique pourquoi tant de couples se séparent. Quand leurs enfants quittent le nid, on se dit qu’ils vont passer du temps ensemble et puis on apprend qu’ils se séparent. J’ai longtemps trouvé ça bizarre, persuadée que cela ne m’arriverait jamais. Sauf qu’aujourd’hui je comprends. Maintenant que je le vis à mon tour, je crois que je comprends.” – Trudie

Lara et Clark, mariés depuis trente ans

″Nous avions respectivement 16 et 17 ans quand nous nous sommes rencontrés. Nous nous sommes mariés une semaine et demi après mon 18e anniversaire, et je suis tombée enceinte de notre premier enfant un mois plus tard. (Rires). Nous avons une vie sexuelle géniale... quand nous arrivons à en avoir une. Je dirais que nous ne faisons l’amour que cinq fois par mois. Dans les bons mois, cela nous arrive plusieurs fois par semaine.”

“Je nous trouve moins inhibés que durant nos dix ou quinze premières années de mariage. Nous manquions probablement de confiance en nous et même, d’une certaine façon, en notre relation. Avec l’arrivée très rapide de nos enfants, nous n’avons pas vraiment eu le temps d’apprendre à nous connaître. Cette insécurité nous a rongés pendant de longues années. Et puis, il y a quelques années, on s’est dit qu’on voulait que ça change. Nous étions déjà mariés depuis longtemps. Il était temps de nous montrer plus ouverts. Nous avons donc commencé à exprimer davantage nos désirs, nos fantasmes, etc. Notre vie sexuelle en est devenue beaucoup plus satisfaisante.” – Lara

Michael et Randall, en couple depuis quarante-et-un ans, mariés depuis cinq ans

“Nous couchons ensemble au moins deux fois par semaine. Randy en voudrait plus. Nous en plaisantons en disant que, si ça ne tenait qu’à Michael, ça n’arriverait qu’à Noël et aux anniversaires. À mon avis, il y en a toujours un qui est plus en demande que l’autre. Cela ne doit pas être rédhibitoire et, depuis notre départ en retraite, nous avons des rapports plus fréquents. Nous sommes tous deux d’accord pour dire que notre vie sexuelle est incroyable, aussi bonne, voire meilleure qu’à nos débuts.”

Un petit peu d’amour et d’affection l’un envers l’autre, c’est le plus beau des cadeaux.Michael

“Nous multiplions les petites attentions. Comme nous vivons dans une région très fleurie du Portugal, cela peut être une fleur cueillie dans le jardin ou une petite babiole rapportée des courses. À un certain âge, nous avons pris conscience que nous avions tout ce dont nous avions besoin. Un petit peu d’amour et d’affection l’un envers l’autre, c’est le plus beau des cadeaux.”

“Si l’on aime vraiment l’autre, on franchit les obstacles. Randy a eu un terrible accident de voiture dont il a mis plusieurs années à se remettre et, avec tous les médicaments, le sexe ne faisait pas partie de ses priorités. Pourtant, nous avons réussi à surmonter cette épreuve. Malgré un père atteint de la maladie de Parkinson, une mère souffrant de démence, une nouvelle maison à construire, le stress du quotidien, le travail, la vie, la famille, nous remercions le ciel d’avoir eu la chance de nous rencontrer. Il est essentiel d’aimer et de soutenir l’autre contre vents et marées.” – Michael

Cet article, publié sur Le HuffPost américain, a été traduit par Mathilde Montier pour Fast ForWord.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.