ALGÉRIE
06/08/2018 12h:05 CET | Actualisé 06/08/2018 12h:07 CET

Cocaïne-gate: l'avocat de Kamel "le boucher" pointe les zones d'ombre

Beaucoup de zones d'ombre et d'interrogations qui restent sans réponses deux mois après le déclenchement de l'affaire de la cocaïne

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Pourquoi le général major Abdelghani Hamel n’a pas été intérrogé dans l’affaire de la cocaïne? Pourquoi Kamel Chikhi est le seul à avoir été appréhendé? pourquoi les autorités portuaires espagnoles ont-elles suspecté le navire? pourquoi avaient-elle ouvert le conteneur sans respect de la procédure? comment les espagnols avec leurs moyens n’ont rien descellé à bord? Pourquoi le bateau a-t-il été arraisonné en haute mer? Pourquoi les services américains de lutte contre le trafic de drogue intéressent-ils à ce dossier? Pourquoi l’ambassadeur d’Espagne a affirmé que l’alerte est venue de son pays? Qui a alerté les autorités algériennes en réalité?

Toutes ces questions restent sans réponses, selon Me Saïd Younsi, l’avocat de Kamel Chikhi surnommé “Le Boucher”. Pour lui, le dossier d’instruction de l’affaire et l’enquête n’apportent toujours pas de réponses à ces questions. 

Les commissions rogatoires notamment au niveau des banques seraient le seul avancement dans l’enquête enclenchée il y a plus de deux mois maintenant. 

A la journaliste Salima Tlemçani du quotidien El Watan qui l’a interviewé dans l’édition de ce 6 août, Me Saïd Younsi pointe toutes les zones d’ombre et confusions contenues dans ce dossier. Les personnes convoquées, les personnes ”épargnées”, les questions à éclairer  

L’avocat de Kamel Chikhi semble confiant mais veut aussi que l’enquête réponde à ses questionnements et explique pourquoi son client est en prison avant même l’arrivée de sa marchandise au port d’Oran.

“Pourquoi Chikhi est le seul à avoir été placé en détention? (...) Il a été emprisonné avant même que sa marchandise n’arrive au port”, s’interroge l’avocat.

Quant à la nature de la drogue saisie et ses “réels propriétaires” et “destinataires”, Me Younsi est formel. Cette marchandise n’est pas destinée au marché algérien. “C’est de la cocaïne pure. Elle ne peut pas être utilisée telle quelle. Pour sa mise sur le marché, elle nécessite une transformation dans les laboratoires spécialisés qui n’existent pas en Algérie. Comment peut-on acheter une telle quantité sans se déplacer ne serait-ce qu’une fois au Brésil ? Chikhi n’a pas été sur place une seule fois depuis 2009 et ses importations auprès du même fournisseur datent de 2007, soutient l’avocat. Et d’ajouter “comment peut-on ramener une telle quantité de drogue sans se déplacer pour négocier et mener la transaction ? C’est invraisemblable”.

Une insistance appuyée sur ce volet qui dénote que l’affaire de la cocaïne est bien plus complexe que ce que l’on veut faire croire. 

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