TUNISIE
23/11/2018 10h:53 CET | Actualisé 23/11/2018 10h:56 CET

"Je ne paierai pas": Citoyens et entreprises dénoncent l'augmentation surprise du tarif de l'électricité et du gaz par la STEG

Une hausse de plus de 45% a été décrétée par la STEG à la surprise générale.

Stadtratte via Getty Images

Les deux patronats, l’UTICA et la CONECT, contestent jeudi, avec virulence l’augmentation de plus de 45% des tarifs de l’électricité et du gaz adoptée par la STEG, laquelle n’a pas été annoncée explicitement, au public et aux médias. Six URICA (Sousse, Monastir, Sfax, Nabeul, Mahdia et Kairouan) ont décidé de boycotter le paiement des factures de l’électricité et du gaz et menacent de mesures d’escalade.

Les Unions régionales de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat des gouvernorats précités ont annoncé, au terme d’une réunion régionale, leur refus catégorique de cette augmentation, menaçant de ne pas payer les factures jusqu’à ce que la STEG revienne sur sa décision.

Ils sont allés jusqu’à mettre en garde, la STEG contre toute tentative de couper l’électricité et du gaz, menaçant de “hausser le ton et de prendre des mesures d’escalade”, dont la fermeture des entreprises en protestation contre cette hausse des tarifs.

“Si la STEG ne revient pas sur sa décision, nous la tiendrons responsable des dommages et pertes subis par les institutions et les employeurs”, ont prévenu les 6 unions régionales de l’UTICA, dans un communiqué conjoint.

Les présidents des Unions régionales appellent aussi, la STEG à maintenir la facture en vigueur depuis janvier 2018, estimant que cette augmentation “non annoncée”, reflète une politique du fait accompli de la part de la société, pour obliger les entreprises à assumer la hausse des tarifs.

Pour sa part, la CONECT attire l’attention “de toutes les parties concernées à tous les niveaux, sur les graves conséquences des importantes augmentations successives des tarifs de consommation de l’électricité et du gaz”.

Qualifiant ces augmentations prises par la STEG, de “mesures surprises et non étudiées”, la confédération des entreprises citoyennes de Tunisie a souligné “leurs implications fort négatives sur la compétitivité de l’économie nationale et surtout celle du secteur industriel, tant au niveau local qu’international, menaçant de façon directe et sérieuse la pérennité de nos entreprises industrielles, les investissements dans les secteurs productifs et l’exportation”.

Face à cette situation délicate, la CONECT lance “un appel urgent au Gouvernement pour l’annulation immédiate de ces augmentations des tarifs et l’annonce rapide de cette mesure”.

Aussi, la CONECT recommande avec insistance ” l’examen de la question de la restructuration du secteur de la production et de la distribution de l’électricité et du gaz.

L’objectif étant d’assurer la pertinence des choix et la maîtrise des coûts de production, de façon à épargner aux entreprises industrielles les coûts de l’inefficacité de gestion et le recours aux solutions de facilité, à travers des augmentations inappropriées des tarifs dans un cadre de monopole de la production et de la distribution de l’électricité et du gaz détenu par une seule entreprise dans le pays”.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont montré leur incompréhension face à cette hausse “intempestive” des tarifs de l’électricité et du gaz. Une campagne citoyenne a même été lancée sous le hashtag #مانيش-مخلص (Je ne paierai pas), appelant les citoyens à ne payer leurs factures d’électricité.

“Le peuple refuse les nouveaux tarifs de l’électricité. Partage et défend tes droits...#JeNePaieraiPas”

“Imed Behi, directeur régional de l’URICA de Ben Arous: “Nous allons fermer nos entreprises et donner les clés à la Steg...et ce suite aux dernières hausses des prix”.

 

Déjà au mois d’août dernier, une hausse des tarifs avait été appliquée par la STEG. Cette hausse “surprise” avait été estimée à 13% pour les résidentiels et 23% pour les industriels.

Cette décision aurait pour objectif de renflouer les caisses déficitaires de l’Etat, précise le journal Assabah dans son édition du jeudi 11 octobre 2018. Cette hausse permettrait, en effet, à l’Etat de réaliser des revenus supplémentaires estimés à environ 358 millions de dinars. Une somme qui serait en mesure de combler le coût de la subvention dédiée aux carburants. 

Cependant, l’expert comptable Walid Ben Salah avait déjà alerté à l’époque de nouvelles hausses à venir: “Des augmentations supplémentaires des prix des carburants et des tarifs de l’électricité et du gaz sont d’ores et déjà programmées dans les prochaines semaines et seront appliquées avant la fin de l’année” avait-il fait savoir en se référant au mémorandum des politiques économiques et financières annexé à la lettre d’intention en date du 14 Septembre 2018, adressée par le gouvernement tunisien au Fonds monétaire international (FMI).  

D’ailleurs, le récent rapport du FMI note qu’après les augmentations des tarifs de l’électricité et du gaz au cours des mois de mai, août et septembre, d’autres hausses seront à prévoir en octobre et novembre 2018.

"Je ne paierai pas": Citoyens et entreprises dénoncent l'augmentation surprise du tarif de l'électricité...
FMI/RAPPORT

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.