ALGÉRIE
13/02/2019 19h:43 CET

Cinquième mandat de Bouteflika: Mouwatana "refuse le retrait" et appelle à une mobilisation citoyenne

AFP via Getty Images

Mouwatana réagit à la décision de Abdelaziz Bouteflika de briquer un cinquième mandat. Le mouvement a estimé ce mercredi 13 février 2019 que la candidature du président “est anti-constitutionnelle et illégale”, qui “viole les consciences et blesse le sentiment national”. Son Coordinateur national, Sofiane Djilali, a appelé à une journée de mobilisation citoyenne dimanche 24 février 2019. 

 Pour Mouwatana, la candidature de Bouteflika est “le scénario du pire qui devient une réalité”. Dans un communiqué, ses responsables explique que ce rendez-vous électoral du 18 avril prochain, censé “contribuer à construire les institutions légitimes de l’Etat”, va plutôt “mettre en péril la viabilité de l’Etat algérien”.

“La situation n’est pas celle du début de 2014, lorsque l’argument de “la stabilité” a donné lieu à un coup de force institutionnel.  Elle est bien plus critique. Les années des grandes recettes énergétiques sont terminées. Le matelas de l’épargne a disparu pour le dinar, et en voie de s’épuiser pour les devises.  Les recours exceptionnels de court terme, comme la planche à billet, sont en train de s’installer dans la durée. Les déficits n’arrêtent plus de se creuser. L’avenir à moyen terme des Algériens est déjà hypothéqué”, peut-on lire.

De l’avis de Mouwatana, le pouvoir politique a “délégitimé les institutions de l’Etat. L’Algérie est dirigée par intermittence et par procuration. Elle a subit un désinvestissement du droit et des normes. La gouvernance s’est organisée autour du destin présidentiel d’un homme contre le destin d’une nation. Les institutions de la république ont concédé toute leur autonomie”.

M. Djilali et ses camarades poursuivent que la volonté du pouvoir “de faire de l’élection présidentielle d’avril 2019 une formalité pour assurer la continuité, est un acte d’une gravité incalculable”. La continuité,  ou le cinquième mandat du président Bouteflika “condamne les Algériens au désespoir”.

“Il alimente la désunion nationale, nourrit l’élan des jeunes pour l’exil, affaiblit l’Etat à l’intérieur et vis à vis du monde. Il fige la société. Imposer la continuité, en fait céder à la régression  de la présidence à vie, revient à priver les Algériens de leur souveraineté”.

Mouwatana affirme que son mouvement “aspire à être durablement utile à la population, aux élites organisées en association et aux partis politiques afin de gagner la bataille du changement démocratique pour l’Etat de droit”.

Le mouvement avertit ainsi que “cette bataille connaitra un épisode critique lors des prochaines semaines”,  puisque “ses membres se donneront la liberté d’action”, estimant que le retrait du processus électoral “n’est pas le bon mot d’ordre pour protester contre un coup de force”.

“Les Algériens connaissent déjà le prix exorbitant de l’entêtement d’un régime qui refuse le changement, l’ouverture et l’exercice des libertés. Ils souhaitent consolider leur Etat Nation par l’avancée du droit, de la justice, et de l’égalité des chances. Il est arrivé le temps de faire confiance à leur libre arbitre”, lit-on.

“Mouwatana est déterminé à les accompagner dans cette quête de leur statut plein et entier de citoyen. Le mouvement, avec tous les partisans du changement, participera à la résistance citoyenne pacifique au coup de force du 5e mandat. 

Il continuera à le faire, au-delà de cette échéance fatidique du 18 avril. Mouwatana veut donner de l’espoir aux Algériens. L’espoir aujourd’hui commence par la  défense de notre dignité de citoyen”, conclut le communiqué.

Mouwatana a ainsi appelé à une mobilisation citoyenne le 24 février 2019 sur l’ensemble du territoire algérien.