MAROC
19/09/2018 15h:07 CET | Actualisé 20/09/2018 15h:02 CET

Quatre magistrats marocains appelés à s’expliquer sur des posts publiés sur Facebook

Les magistrats brandissent leur droit à la liberté d’expression.

GETTY IMAGES

JUSTICE – Des critiques sur Facebook ont sorti quatre magistrats de l’anonymat. Convoqués par l’inspection générale des affaires judiciaires relevant du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, ils devaient s’expliquer sur “des expressions” contenues dans leurs opinions à propos du rapport dressant le bilan d’activité de cette instance pendant le premier trimestre de l’année.

Selon le quotidien arabophone Akhbar Al Yaoum, dans son édition de ce mercredi, ces magistrats devront répondre “du manque de respect dû au conseil” et d’avoir “failli à leur devoir de réserve”. Ils risquent ainsi un blâme ou, pire, la suspension de leur travail.

Exerçant dans des tribunaux à Kénitra, Tétouan, Rabat, Laâyoune et Taza, ils sont tous membres du Club des magistrats du Maroc qui n’a pas tardé à exprimer “sa surprise”.

Sur sa page Facebook, il estime que les magistrats en question ont exercé simplement leur droit d’expression. Pour preuve, il brandit l’article 111 de la constitution qui stipule clairement que “les magistrats jouissent de la liberté d’expression, en compatibilité avec leur devoir de réserve et l’éthique judiciaire (…)”.

Le secrétaire général du Club des magistrats, Abderrazak Jebbari, faisant partie des juges convoqués, estime sur la même page que “cette affaire ne concerne pas uniquement les magistrats concernés mais tout le Club des magistrats du Maroc en tant que cadre associatif professionnel indépendant”. Et de préciser que ces convocations visent ”à restreindre la liberté d’expression”, tandis que le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire a pour “mission constitutionnelle et législative de protéger les droits des magistrats et leurs intérêts légitimes”.

À la fin de son post, le secrétaire général de l’association des magistrats souhaite que le Conseil “corrige cette situation et remette les choses à leur place en classant les procédures à l’encontre des juges convoqués”. S’attendant à “un signe favorable”, le Club prend, pour l’instant, son mal en patience.