ALGÉRIE
18/12/2018 11h:54 CET | Actualisé 19/12/2018 17h:01 CET

Cinémathèque algérienne: Des réalisateurs dénoncent la nomination de Salim Aggar, une "insulte à l'intelligence"

Une centaine de professionnels du cinéma, ainsi que des écrivains et des journalistes, ont appelé à l'annulation de la nomination de Salim Aggar comme directeur de la Cinémathèque algérienne.

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Des réalisateurs, des acteurs, des cinéastes et des journalistes  ont signé une pétition rendue publique mardi 18 décembre dénonçant la nomination de Salim Aggar à la tête de la Cinémathèque algérienne, une “ultime insulte à l’intelligence du cinéma”. 

Karim Moussaoui, Hassen Ferhani, Sofia Djama, Adila Bendimerad, Bachir Derrais ou encore Malek Bensmaïl figurent parmi la centaine de noms de professionnels qui ont déjà signé le texte appelant à l’annulation de la nomination de M. Aggar.

Partie prenante dans plusieurs polémiques, dont la censure du film “Larbi Ben Mhidi” de Bachir Derraïs par une commission de visionnage dont M. Aggar fait partie, le journaliste a été désigné mardi 12 décembre directeur de la Cinémathèque algérienne par le ministre de la Culture. 

Salim Aggar a également attaqué, sous le pseudo Amira Soltane dans le journal l’Expression, le réalisateur Malek Bensmaïl, alors que ce dernier était son concurrent pour un prix du documentaire au festival du cinéma arabe d’Oran en juillet dernier. 

M. Aggar a en outre accusé les organisateurs des rencontres cinématographiques de Béjaïa d’être financés “entièrement” par l’Institut français d’Algérie, une accusation démentie par les concernés. 

 “Il a piétiné l’éthique et la déontologie pour faire de la délation infamante son seul « savoir-faire »”, dénonce la pétition, également signée par les journalistes et écrivains Kamel Daoud, Sid-Ahmed Semiane, Mustapha Benfodil et Adlène Meddi. 

“Nous, Femmes et hommes, professionnels, amateurs et amoureux du cinéma, refusons cette nomination. Elle est un acte de provocation. Une ultime insulte à l’intelligence du cinéma. Nous la dénonçons avec colère et inquiétude”, s’indignent les signataires du texte. 

Pour eux, la cinémathèque est “un enjeu trop sensible: c’est l’arrière cour du cinéma, une citadelle imprenable, celle où toutes les créations trouvent refuge, loin de la censure, de la propagande et du propos convenu. Un musée de l’expression libre, une agora de la réflexion, un musée du patrimoine filmique dans sa totale diversité”.

Avec la nomination de Salim Aggar, “c’est cette diversité justement qui est aujourd’hui menacée de mort”, ajoute-t-on.

“Cette nomination est un écran noir. Elle doit être purement et simplement annulée”, conclut le texte. 

Consulter la pétition et la liste des signataires ici.