MAROC
26/04/2018 16h:54 CET

Cinéma: Hicham Lasri et Faouzi Bensaïdi présélectionnés aux Arab Critics Awards

L'événement est organisé en marge du festival de Cannes.

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CINÉMA - L’effervescence autour du festival de Cannes s’accentue à l’approche de son ouverture prévue le 8 mai. Parmi les événements organisés en marge de l’événement dans la ville de la Côte d’Azur, la 2ème édition du festival Arab Critics Awards, qui récompensera les meilleurs films du monde arabe réalisés en 2017.

Si le Maroc n’a pas participé à l’édition inaugurale du festival, il sera cette année représenté par deux réalisateurs marocains présélectionnés dans deux catégories différentes de ce festival initié par le Centre de cinéma arabe.

Le premier réalisateur est Faouzi Bensaïdi qui a été nominé à la catégorie Meilleur film de l’année. En mars, son dernier long métrage, “Volubilis”, avait tout raflé au festival national du film de Tanger en remportant le Grand prix du festival, le prix de la critique, le prix ciné-clubs, et le prix de la musique originale. Le réalisateur s’est également vu décerner le prix du scénario, du premier rôle féminin remis à Nadia Kounda et du premier rôle masculin remis à Mouhcine Malzi.

Le quatrième long métrage du cinéaste suit le parcours d’Abdelkader, vigile dans un centre commercial à Meknès, et Malika, employée de maison. Malgré les problèmes d’argent, le couple rêve de s’offrir un toit et de pouvoir emménager ensemble, selon le synopsis. Un jour, Abdelkader subit un épisode d’une grande violence, une humiliation qui va chambouler leur destin.

La concurrence sera rude pour Bensaïdi qui devra faire face à deux autres films primés dans différents festivals, notamment le film palestinien “Wajib” d’Annemarie Jacir et “L’insulte” du Libanais Ziad Doueiri. Ce dernier est d’ailleurs en lice, cette année, aux oscars pour le prix du meilleur film étranger.

Le Maroc sera également représenté dans la catégorie Meilleur réalisateur avec le cinéaste Hicham Lasri pour son film “Headbang Lullaby” qui faisait partie de la programmation de plusieurs festivals de cinéma au Maroc et à l’international. Le cinquième long métrage du réalisateur a été projeté en avant première mondiale à la Berlinale en février 2017 et a remporté le grand prix du jury au festival national du film en 2017.

“Je suis très content d’avoir une reconnaissance en dehors du Maroc également. Une participation à un tel festival permet à des films d’auteur comme ‘Headbang Lullaby’ de vivre plus longtemps”, explique Hicham Lasri au HuffPost Maroc

Les Marocains avaient dû attendre le 12 décembre 2017 pour découvrir le film dans les salles. “Headbang Lullaby” ramène le spectateur en 1986, au lendemain de la victoire de l’équipe marocaine en Coupe du monde contre le Portugal à Mexico. Le personnage principal, Daoud, interprété par Aziz Hattab, est un policier envoyé au milieu de nulle part pour sécuriser un pont où le roi Hassan II est censé passer. Le policier croise une femme interprétée par Latifa Ahrrare qui habite de l’autre côté du pont.

“On me reproche souvent de trop caricaturer les Marocains et de ne montrer que les tares de notre société... Quelques personnes me demandent même de faire un cinéma plus ‘mainstream’ pour attirer plus de gens dans les salles”, regrette Lasri. “Mais être nominé à un tel prix me conforte un peu dans mes choix de réalisateur”, admet-il.

Deux autres réalisateurs sont nominés pour le même prix. Il s’agit de l’Algérienne Sofia Djama pour son film “Les bienheureux” sorti en septembre dernier et le Libanais Ziad Doueiri pour son film “L’insulte”. 

Le jury est composé de 62 membres venus de différents pays du monde arabe mais également de France, de Croatie, d’Inde, du Canada ou encore des États-Unis. Deux Marocains font partie de la liste: l’écrivain et critique de film Mohammed Chouika, ainsi que le critique de film et rédacteur-en-chef du magazine en ligne arabophone Cinéphilia, Abdelkarim Ouakrim.

Les critères de sélection du festival garantissent aux participants une programmation de qualité. Tous les films présélectionnés sont des longs métrages qui ont déjà été projetés dans des festivals internationaux en dehors du monde arabe et qui ont été produits par, au moins, une société de production arabe, quel que soit le volume de sa contribution.

L’année dernière, le cinéma égyptien a été le plus récompensé en remportant  quatre des cinq catégories du festival. Heba Ali avait gagné le prix de la meilleure actrice pour son rôle dans “Akhdar Yabes”, Mohamed Diab celui du meilleur réalisateur pour le film “Clash” qui a également reçu le prix du meilleur scénario, et enfin “Akher Ayam Al Madina” pour le prix du meilleur film.

6 ans, 6 films

Avec son dernier long-métrage “Jahilya”, Hicham Lasri participera également à un deuxième événement organisé en marge du festival de Cannes, la Semaine du Cinéma Positif. Le film a été récompensé quatre fois à la 19e édition du festival national du film de Tanger où il a été interdit aux moins de 18 ans “pour nudité” explique le réalisateur. Le film a remporté le prix de la meilleure production, réalisation, son et meilleur deuxième rôle masculin remis à Hassan Badida.

Grâce à “Jahiliya”, le jeune réalisateur a participé pour la quatrième fois au festival international du cinéma de Berlin. En moins de six ans, Lasri a réalisé six long métrages qui, malgré l’avis mitigé du public, ont connu un grand succès. Aujourd’hui, Lasri dit vouloir fermer cette page de sa carrière en sortant prochainement un coffret DVD contenant tous ces longs-métrages, de “The End” (2011) à “Jahilya” (2018) en passant par “C’est eux les chiens” (2013), “The sea is behind” (2014), “Affame ton chien” (2016), et “Headbang Lullaby” (2017).

“Je pense que j’ai fait le tour de mes obsessions, mes angoisses, et mes traumatismes marocains, il est temps d’explorer autre chose”, confie le cinéaste au HuffPost Maroc. “Aujourd’hui, j’ai envie de me lancer dans la réalisation de films à l’étranger dans d’autres langues, avec d’autres acteurs...”, indique-t-il.

En attendant, le public pourra le retrouver à la réalisation avec “Fo9 Shab” (“Au dessus des nuages”) qui sera diffusée sur 2M pendant le mois de Ramadan. La série, qui mêle drame, comédie et thriller d’après Lasri, raconte l’histoire d’une hôtesse de l’air qui, a 40 ans, va tout perdre.