ALGÉRIE
02/10/2019 13h:51 CET | Actualisé 02/10/2019 13h:58 CET

"Ciné Fabrika" une initiative algéro-tunisienne pour valoriser le rôle des ciné-clubs dans la diffusion cinématographique

Ciné Fabrika/ Facebook
Equipe du projet Ciné Fabrika

Dima Cinéma en collaboration avec la Fédération tunisienne des ciné-clubs, deux structures qui œuvrent pour la promotion et la diffusion de la culture cinématographique à un large public, ont joint leur expérience pour créer le projet “Ciné Fabrika” qui vise à développer les ciné-clubs et favoriser la diffusion cinématographique dans les deux pays.

“Avec notre partenaire Tunisien nous avons lancé en avril dernier le projet ciné Fabrika. Il s’agit d’un programme de formation algéro-tunisienne destiné aux ciné-clubs des deux pays. Le but est de former de jeunes ciné-clubs et d’autres plus expérimentés, dans la gestion de leurs structures, afin que ceux-ci deviennent des écrans alternatifs au manque de projection de films en Algérie”, indiquent Leila Aoudj et Amine Hattou fondateur de l’entreprise culturelle Dima Cinéma.

Amine Hattou est réalisateur et Leila Aoudj accumule une expérience de plusieurs années en tant que directrice artistique des rencontres cinématographiques de Bejaia. Ils reviennent sur le projet “Ciné Fabrika”, vient renforcer le potentiel de certains ciné-clubs en Algérie et du rôle prépondérant de ces structures dans la projection de films à un large public.

“Pour le projet ciné Fabrika nous avons sélectionné 12 candidatures algériennes parmi une centaine des deux pays. Nous étions d’ailleurs ravis de constater l’intérêt porté à notre initiative. Et d’une autre part de découvrir l’existence de ciné-clubs et associations culturelles dans différentes régions du pays qui, avec peu de moyens participent à la diffusion de la culture dans ses différentes formes. C’est encourageant. Parmi les profils sélectionnés, nous avons choisi des ciné-clubs déjà en activité, des associations culturelles, mais aussi des porteurs de projet de ciné-club” précise Leila Aoudj.

Les 12 ciné-clubs pris viennent d’Alger, Sétif, Tlemcen, Bejaia, Boumerdes, Tipaza, Annaba, et Djelfa.

La première session de formation dans le cadre du projet “Ciné Fabrika” a eu lieu en juin dernier à Hammamet. Les participants d’Algérie et de Tunisie ont été formés dans plusieurs thématiques notamment ; la programmation de films, l’analyse filmique, comment présenter une séance de projection…etc.

En novembre 2019, une nouvelle session de formation est programmée au profit des ciné-clubs des deux pays. Cette fois-ci ce sont les 12 ciné-clubs tunisiens qui vont venir en Algérie, accompagnés de la fédération Tunisienne des ciné-clubs. La formation se déroulera à Timimoune et portera sur l’historique des ciné-clubs en Algérie avec des témoignages de personnes qui ont tenté cette expérience. D’autres thématiques seront également traitées.

À l’issue de cette formation un guide de bonnes pratique sera créé par les participants.

Un réseau de ciné-clubs en perspective

Pour Leila Aoudj et Amine Hattou et à travers leur entreprise “Dima Cinéma” d’autres initiatives verront le jour dans un avenir proche. “Ciné Fabrika” vient en préparation d’un projet que ces deux jeunes gens espèrent concrétiser dans un avenir proche. Il s’agit de la création d’un réseau d’écrans alternatif qui regroupe des ciné-clubs des deux pays qui vont travailler en collaboration pour la projection de films des deux pays.

“Un ciné-club ce n’est pas une activité ponctuelle, c’est une activité récurrente qui anime l’espace culturel. Si on parvient à mettre en place un réseau qui communique de façon régulière, on pourra organiser des projections qui vont passer dans tous les ciné-clubs de ce réseau. Ce qui est à la fois extraordinaire pour le réalisateur et les ciné-clubs. C’est pour cela que nous l’avons appelé écran alternatif, c’est l’alternative au manque de salle de cinéma”, souligne Leila Aoudj.

Un projet qui a déjà séduit certains réalisateurs. Leila Aoudj confie que Malek Bensmail a proposé sa filmographie une fois que le réseau est créé.


“En Algérie nous n’avons pas un cinéma commercial mais un cinéma d’auteur. C’est-à-dire les films ne font pas des entrées en Algérie. Beaucoup ne demandent même pas de visa d’exploitation car il n’y a pas beaucoup de salles où projeter le film. C’est pourquoi un tel réseau est aussi vital pour les réalisateurs Algériens qui verront son film projeté dans plusieurs régions de son pays”, conclut Leila Aoudj.