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28/03/2019 16h:01 CET | Actualisé 28/03/2019 16h:01 CET

Chronique d'une manif'

Inconnu
Hasta la victoria !

Nous sommes le 22 mars et la salle ne désemplit plus depuis un mois. La partie d’échecs entamée un 22 Février, a plongé l’assistance dans une hypnose collective et les aiguilles du chronomètre, essoufflées, ont cessé leur course folle. Il y’a un moment que l’audience ne leur prête plus attention car les yeux sont braqués sur le champs-clos de l’échiquier qui oppose, dans une lutte contre le despotisme, un vétéran, passé maitre dans l’art de la manipulation, qui refuse de quitter le tournoi malgré son âge avancé, à un jeune audacieux animé par la volonté de faire triompher l’intégrité malgré son manque d’expérience.

Pièce après pièce, pion après pion la fougue de la jeunesse ébranle toutes les certitudes des opposants de l’émancipation et le sourire narquois que le doyen affichait au début de la partie s’est transformé peu à peu en une grimace trahissant son anxiété, “que ceux qui croient au changement, peuvent continuer de rêver tranquillement”, disait-il perché du haut de son arrogance il n’y a pas si longtemps.

Dans un calme déconcertant, le novice détourne d’une main de maitre toutes les ruses de son contestataire, le poussant même à sacrifier ses plus fidèles pions pour protéger son roi. Aucun coup n’est joué sans but, il sait quand frapper et quand esquiver.

La victoire, dans une partie d’échecs, revient à celui qui sait anticiper les coups de l’adversaire, la chance et le hasard n’ont point de place sur l’échiquier et c’est là le talon d’Achille du patriarche : il affronte un ennemi qui connait par cœur ses combines et fourberies mais dont il ignore totalement l’agilité.

Voyant l’échec et mat arriver, mauvais perdant, il tente à maintes reprises de renverser discrètement l’échiquier sans succès, car les yeux du monde sont braqués sur cette partie de lutte psychique et les supporters du jeune étalon se font de plus en plus nombreux, rejoins même par ceux qui ne croyaient pas en sa victoire.

Ce n’est qu’une question de temps avant que l’intrépide joueur puisse crier fièrement “Echec et mat” (le roi est mort) terrassant courtoisement son adversaire sans faire couler aucune goutte de sang.

Voici le récit de la bataille que devrons retenir les générations futures ... en attendant l’échec et mat.

Jovialement.