TUNISIE
29/03/2016 14h:40 CET

Face au chômage, Habib Essid veut aller au-delà des "solutions classiques"

ASSOCIATED PRESS
Le Premier ministre Habib Essid

CHOMAGE - La Tunisie veut aller au-delà des "solutions classiques" pour faire face au fléau du chômage, qui reste élevé cinq ans après la révolution, notamment chez les jeunes diplômés, a affirmé mardi 29 mars le Premier ministre Habib Essid.

L'objectif "est de sortir avec un projet clair pour réduire le taux de chômage de façon continue, exploiter toutes les opportunités et orienter les demandeurs d'emploi vers des métiers d'avenir et prometteurs au lieu des solutions classiques qui ne sont plus efficaces, en tête (...) le secteur public", qui a absorbé de nombreux chômeurs depuis la révolution de 2011, a déclaré M. Essid.

Un chômage record

Le chef du gouvernement s'exprimait lors d'un "dialogue national sur l'emploi" auquel participent notamment la centrale syndicale UGTT, le patronat Utica et des experts. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon était présent mardi à la clôture de la première partie de ce dialogue.

"Les jeunes, hommes et femmes, qui sont exclus du travail décent se retrouvent en grande difficulté, aliénés et désorientés, à tel point qu'ils peuvent devenir sensibles aux discours extrémistes", a dit M. Ban. Et, "à 30%, le taux de chômage des jeunes en Afrique du Nord demeure le plus élevé de toutes les régions du monde", a-t-il ajouté.

Le taux de chômage était de 15,4% au quatrième trimestre 2015 en Tunisie et a atteint 31,2% chez les jeunes diplômés à la même période, selon des chiffres officiels.

Jihadisme et grogne sociale

Le pays fait face depuis 2011 à un essor de la mouvance jihadiste et des milliers de Tunisiens ont rejoint les groupes jihadistes en Irak, en Syrie et en Libye. Des experts jugent que chômage, sentiment d'exclusion et désespérance sociale figurent parmi les facteurs qui poussent vers l'extrémisme.

La Tunisie a connu à la mi-janvier une contestation sociale inédite par son ampleur et sa durée depuis 2011 qui a démarré dans le centre avant de se répandre dans le pays.

Les gouvernements qui se sont succédé ces dernières années ont tous dit faire de la lutte contre le chômage une priorité, sans succès, sur fond de marasme économique.

Interrogé par l'AFP, le secrétaire général de l'UGTT, Houcine Abassi, a exprimé son insatisfaction quant à l'avancement du dialogue sur l'emploi.

"L'essentiel c'est que le comité que l'on a déjà lancé puisse travailler pour que les objectifs que nous avons décidés ensemble aient une application sur le terrain", a-t-il ajouté.

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