TUNISIE
01/04/2019 15h:45 CET

Chokri Mabkhout: Les livre religieux ont leur place à la Foire mais pas les livres de propagande (INTERVIEW)

Interview avec le directeur de la Foire International du Livre de Tunis, Chokri Mabkhout.

Facebook/Chokri Mabkhout

La 35ème édition de la Foire Internationale du Livre de Tunis aura lieu du 5 au 14 avril prochain au palais des expositions du Kram. Des centaines d’exposants (plus de 300) y participeront. C’est le plus grand événement dédié aux livres en Tunisie où y affluent massivement chaque année le grand public, les amoureux des livres, les éditeurs et les écrivains. 

Dirigeant de la Foire depuis 2017, l’écrivain tunisien, Chokri Mabkhout, a su opérer des réformes majeures. Il en parle au HuffPost Tunisie. (Interview)

HuffPost Tunisie: Quelles sont les nouveautés de cette édition? 

Chokri Mabkhout: Elles sont nombreuses. Chaque édition apporte du nouveau. Il y a par exemple une augmentation du nombre d’exposants. La dimension internationale de la Foire s’est accentuée avec plus de participants étrangers. Après la thématique de la transition démocratique en 2017, de la femme tunisienne en 2018, on continue de s’interroger sur les enjeux actuels en posant cette année le débat sur les libertés individuelles et l’égalité. 

Quel est l’apport de la Foire International du Livre dans les débats sociétaux? 

La culture n’est pas étrangère à la société tunisienne. On part des livres pour explorer et enrichir les débats de manière sereine et loin des politiques politiciennes. On épouse ainsi les problématiques de l’époque comme la place du dialecte tunisien, l’arabisation, l’égalité et les libertés individuelles. On s’interroge aussi sur l’héritage du passé avec des focus sur l’orientalisme et le marxisme à l’occasion de la 40ème année de la parution du livre ‘’l’Orientalisme’’ d’Edward Saïd et des 200 ans de la naissance de Karl Marx.

Les livres apportent ainsi une valeur scientifique et une profondeur indéniable aux débats de société. 

Que pensez-vous de la place de l’écrivain dans notre société? 

Le nombre des romans et essais présentés ne cesse d’augmenter, c’est un signe qu’il y a une réelle dynamique intellectuelle, culturelle et idéologique à l’aune de l’avènement de la liberté d’expression.

Les trois thématiques qui dominent le plus dans le genre romanesque sont le désenchantement politique, la femme et le terrorisme. Cela montre que même dans la genre reposant sur la fiction, les thématiques brûlantes actuelles s’imposent. Idem, concernant l’essai, on s’interroge beaucoup sur la tunisianité, la révolution ou encore l’histoire récente. 

Vous avez déclaré que certains livres n’ont plus de place à la Foire...

Il est important de clarifier certaines choses à ce propos. Le livre religieux sera présent à la Foire et il a tout à fait sa place. C’est une partie de l’identité arabo-musulmane. Ce sont les écrits faisant l’apologie de la haine, du racisme ou de la violence envers les femmes qui sont interdits car ce ne sont pas des livres mais des outils de propagande publiés, non pas par des maisons d’édition respectables, mais par d’institutions de propagande. Ils n’apportent rien aux lecteurs tunisiens. 

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