TUNISIE
04/07/2018 18h:34 CET

Chiffres alarmants autour de la criminalité des jeunes, révélés lors d'une conférence à Tunis

La conférence sur “la protection des jeunes contre la délinquance et la criminalité” tente de trouver les solutions adéquates pour prévenir la délinquance.

Faisal Nasser / Reuters

Des chiffres alarmants, révélés lors de la conférence sur “la protection des jeunes contre la délinquance et la criminalité”, dessinent une société tunisienne où le crime sévit, en grande majorité, en provenance des jeunes. 

Des jeunes laissés pour compte, qui se tournent vers la consommation de stupéfiants, vers le vol ou encore vers l’extrémisme et qui finissent en prison, avec un avenir incertain. 

Naissent-ils au mauvais endroit qui les dispose à suivre ce chemin mal tracé?
La conférence, organisée mercredi et jeudi par la présidence de la République, en collaboration avec le centre de Genève pour le contrôle démocratique des forces armées (DCAF) a pour objectif de dresser le portrait de cette jeunesse, de définir les causes de cette flambée de crimes et d’explorer les solutions adéquates pour prévenir la délinquance chez les jeunes.

L’Amiral, Kamel Akrout, premier conseiller à la Sécurité nationale auprès du président de la République, a révélé que 48% des prisonniers sont des jeunes, 58% d’entre eux ont entre 15 et 17 ans. 4% des élèves, au sein des collèges et des lycées, consomment de la drogue, et 5% parmi les étudiants.

Pour lui, cela est dû à la situation qui règne sur le pays après le 14 janvier. “Il y a de la négligence, du laisser-aller, que ce soit de la part de la famille, qui les délaisse, ou de la société en perte de valeurs”, a-t-il signalé.

“Il y a une justice punitive assez développée, à mon avis. Mais le plus important ce n’est pas la dissuasion, car cela est synonyme d’échec (...) Ce qu’il faut, c’est la prévention, c’est le plus important”, a-t-il affirmé, “Et la prévention n’est pas que de la responsabilité du gouvernement ou de l’État, mais de toute la société. Ce sont nos enfants, l’avenir du pays”.  

Kamel Akrout a donc appelé lors de cette conférence à mettre main dans la main afin de procurer un climat favorable pour prévenir la délinquance et à attirer l’attention quant aux menaces qui rodent autour de la jeunesse tunisienne. 

“Le but de cette conférence est de rappeler les expériences de pays étrangers (...). Comment opèrent-ils? Quelles sont leurs lois et leur législation? Qu’ont-ils entrepris comme mesures pour prévenir la délinquance et la criminalité?”.

La réponse serait donc d’inciter le secteur privé et d’encourager les initiatives individuelles qui ont un grand rôle à jouer dans la protection de ces jeunes et leur intégration dans les activités culturelles et au sein de la société civile. “Il est vrai que l’Etat est le premier responsable”, a-t-il souligné, toutefois, c’est une responsabilité collective, où la famille et la société dans son intégrité, doit conquérir.

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