MAROC
30/03/2016 10h:33 CET | Actualisé 30/03/2016 13h:05 CET

Le chef du gouvernement fustige de nouveau les diplômés chômeurs

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FORMATION PROFESSIONNELLE - Le chef du gouvernement ne porte pas les diplômés chômeurs dans son coeur et ne s'en cache pas. Lors de la cérémonie de signature des conventions de mise en oeuvre de la stratégie nationale de formation professionnelle 2021, qui s'est tenue ce mercredi à Rabat, Abdelilah Benkirane en a profité pour glisser un message à ceux qui "manifestent toujours pour qu'on leur trouve un job", en présence, entre autres, des ministres de l'Education nationale et de la formation professionnelle, de l'Industrie, du commerce et de l'investissement et de la présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc.

"Sommes-nous tous amenés à devenir des écrivains qui s'amusent à rédiger des poèmes?"

"Est-ce que nous sommes tous amenés à devenir des fonctionnaires dans le secteur public? Sommes-nous tous amenés à devenir des écrivains qui s'amusent à rédiger des poèmes? Ou est-ce que les Marocains devront tous devenir juges et avocats?", a-t-il ironisé lors de son allocution. Pour le chef du gouvernement, "tous ces métiers ne sont pas prolifiques. Nous avons besoin de jeunes qui créent la richesse nationale".

Le chef du gouvernement a estimé que "les diplômés chômeurs ne devraient pas manifester pour qu'on leur trouve un job. Ils devraient être en mesure de se trouver un emploi, ainsi qu'à leurs futures progénitures". Ce discours destiné à certains diplômés qui s'obstinent à travailler dans le secteur public sonne comme un refus catégorique de les employer systématiquement par le gouvernement.

Le vie moderne demande à ce que l'humain ait des compétences dans différents domaines de la formation professionnelle.

Enfin, le chef du gouvernement est également revenu sur la nécessité d'instaurer une stratégie efficiente concernant la formation professionnelle. "Ce créneau ne devrait pas représenter une session de rattrapage des dysfonctionnements intervenus au sein de l'éducation nationale", a-t-il estimé. "Le vie moderne demande à ce que l'humain ait des compétences dans différents domaines de la formation professionnelle."

Ce n'est pas la première fois qu'Abdelilah Benkirane tire à boulets rouges sur les diplômés chômeurs. A la veille du 1er mai 2014, le patron du Parti de la Justice et du développement (PJD) avait qualifié leur mouvement de "folie", ajoutant que ces revendications sont causées par un "dérèglement mental qui nécessite des études et des recherches pour trouver son remède"

En 2011, un procès a opposé quelque 3.500 diplômés chômeurs au chef du gouvernement, qui n'a pas tenu les promesses d'embauche de son prédécesseur. La cour d'appel de Rabat a "invalidé, en août 2014, la décision du tribunal administratif suite au recours des chômeurs à obtenir des postes dans la fonction publique".

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