ALGÉRIE
25/05/2019 09h:52 CET

Chasse à l'homme lancée après une mystérieuse attaque au colis piégé à Lyon

NurPhoto via Getty Images

Un suspect soupçonné d’être l’auteur de l’attaque au colis piégé qui a fait 13 blessés légers vendredi à Lyon était recherché samedi par les autorités, qui ne privilégiaient aucune piste quant à son profil ou ses motivations.

La police a lancé un appel à témoins en diffusant la photographie du suspect, capté par une caméra de vidéosurveillance municipale. Elle montre un homme “porteur d’un haut sombre à manches longues” et “d’un bermuda clair”, poussant un vélo noir. Selon une source proche de l’enquête, il est âgé d’une trentaine d’années. 

 

De retour d’un voyage au Japon, le maire de Lyon et ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a confié samedi matin à l’AFP son ”émotion” et sa “surprise parce que Lyon est plutôt une ville calme”. 

 

A Lyon nous avons un dispositif de vidéoprotection qui est assez étendu”, a indiqué M. Collomb, joint par téléphone. “On a vu à la fois la personne arriver et repartir sur son vélo, donc peut-être aurons-nous un certain nombre de témoins qui pourront faire avancer l’enquête”, a-t-il ajouté.  

Chargée du dossier, la section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert “une enquête de flagrance des chefs de tentative d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste et d’association de malfaiteurs terroriste criminelle”.  

Toutefois, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a souligné vendredi soir qu’il était “trop tôt” pour évoquer “un acte terroriste”. “Au vu des résultats, on pourra effectivement qualifier cette enquête”, a-t-elle précisé. 

L’individu est suspecté d’avoir déposé un sac ou colis explosif contenant des vis, clous ou boulons devant une boulangerie de la rue Victor Hugo, une artère piétonne commerçante située au coeur de Lyon, près de l’emblématique place Bellecour. 

D’après un dernier bilan, 13 personnes - neuf femmes dont une enfant de dix ans et quatre hommes - ont été touchées par l’explosion, 11 ayant été hospitalisées. Toutes ne sont blessées que légèrement, “atteints aux membres inférieurs”, selon Gérard Collomb. 

Le maire du 2e arrondissement Denis Broliquier a précisé que “la charge était relativement peu importante puisqu’elle a provoqué par souffle l’explosion des vitres de la banque réfrigérée mais on ne voit pas plus” de dégâts. Une source administrative locale a confirmé samedi à l’AFP que le colis contenait une “charge explosive relativement faible” et avait été “déclenché à distance”. 

Périmètre de sécurité levé  

Sur place samedi matin, le périmètre de sécurité était levé et quelques passants se montraient intrigués par les nombreux journalistes postés devant la façade de la boulangerie ciblée par l’explosion où était attendu Gérad Collomb dans la matinée. La façade, dont le volet métallique demeurait fermé, et ses abords ne portaient aucun stigmate de l’explosion, a constaté un journaliste de l’AFP.  

Lyon se réveille choquée, mais Lyon se réveille aussi dans le calme, comme l’ont été d’ailleurs les Lyonnaises et les Lyonnais hier en fin d’après-midi (...) Bien sûr, on se réveille avec beaucoup de questions, mais le plus efficace aujourd’hui est de laisser l’enquête se dérouler”, a déclaré sur BFMTV le président de la métropole de Lyon David Kimelfeld, également présent rue Victor Hugo samedi matin. Un centre d’accueil des victimes a été ouvert dans un gymnase du centre-ville. 

Vendredi soir, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et le procureur de Paris, Rémy Heitz, se sont brièvement rendus sur les lieux de la déflagration sans faire de déclaration devant la presse. Les faits se sont produits au moment où la France s’apprête à voter dimanche pour élire ses députés au Parlement européen. Le scrutin a commencé dans plusieurs Etats membres depuis jeudi. 

Dans une première réaction vendredi, Emmanuel Macron a évoqué “une attaque”, mais dans un tweet envoyé dans la soirée le chef de l’Etat s’est montré plus prudent, déplorant simplement “la violence qui s’est abattue” sur les Lyonnais, avant d’adresser ses “pensées” aux blessés. 

La France n’avait plus connu d’attaque au colis piégé depuis décembre 2007, lorsqu’une explosion dans un cabinet d’avocats - dont les raisons sont à ce jour restées inexpliquées - avait fait un mort et un blessé. 

 

Mais depuis la fusillade de Strasbourg qui a fait cinq morts et 11 blessés en décembre dernier, le plan Vigipirate est resté au niveau “Sécurité renforcée - Risque attentat” sur tout le territoire, signe d’une menace terroriste persistante aux yeux des autorités.