MAROC
12/06/2019 16h:13 CET

Chaque semaine, nous avalons l'équivalent d'une carte de crédit en plastique

Selon une étude, chacun de nous pourrait consommer, sans le savoir, plus de 250 g de micro-plastiques chaque année.

structuresxx via Getty Images

SANTÉ - En moyenne, un individu pourrait ingérer environ 5 grammes de plastique par semaine, soit l’équivalent d’une carte de crédit, révèle WWF dans un rapport réalisé par l’université de Newcastle en Australie, et publié mardi 11 juin. L’étude révèle que chacun d’entre nous pourrait en moyenne consommer, sans le savoir, plus de 100.000 microplastiques par an. Ce qui représente environ 21 grammes par mois, soit un peu plus de 250 grammes chaque année. Un chiffre alarmant qui rappelle que 8 millions de tonnes de déchets plastiques aboutissent dans les océans chaque année.

La plupart des éléments en plastique deviennent des déchets après une seule utilisation, se désole l’organisation de protection de l’environnement, expliquant le processus de décomposition des déchets en minuscules éléments appelés micro-plastiques. Des particules assez petites pour être ingérées, contaminer les sols, les rivières et les océans puis entrer dans notre chaîne alimentaire, à notre insu, aux côtés d’autres types de micro-plastiques comme ceux libérés lorsque nous lavons nos vêtements, souligne WWF.

D’où vient donc tout le plastique que nous ingérons? Selon l’étude, ces micro-particules de plastique se trouveraient dans nos aliments (fruits de mer, miel et sel), nos boissons (eau du robinet, eau en bouteille et bière) ainsi que dans l’air que nous respirons. Difficile donc d’y échapper.

WWF/shutterstock/DR

Quel impact cela a-t-il concrètement sur notre santé? Pour l’heure, les scientifiques ne savent toujours pas. “Nous savons que les plastiques causent un préjudice irréparable sur la faune, mais les scientifiques viennent tout juste de commencer à étudier ce que cela implique pour la santé humaine”, révèle l’ONG sur son site web.

Pour limiter la progression de ce fléau, WWF invite le plus grand nombre à prendre à refuser les pailles en plastiques jetables et à utiliser des sacs réutilisable. “Ce sont les premières étapes, que vous devez absolument faire, mais ce sont les gouvernements et les entreprises qui doivent résoudre ce problème”, explique l’organisme.

“C’est un signal d’alarme pour les gouvernements: les plastiques ne polluent pas juste nos rivières et océans, ils ne tuent pas seulement la vie marine, mais ils sont en chacun de nous”, estime Marco Lambertini, directeur général du WWF International, dans un communiqué relayé par l’AFP.

En publiant cette étude, l’organisation entend inciter les gouvernements du monde entier à signer un traité mondial juridiquement contraignant afin de rationaliser l’utilisation et l’élimination des plastiques. Les entreprises peuvent également jouer un rôle important, en modifiant par exemple leurs modèles de production et de conception de produits afin de permettre la réutilisation du plastique, suggère également WWF.