MAROC
14/12/2015 13h:21 CET

Chantage royal: Eric Laurent et Catherine Graciet ripostent à l'enquête

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Chantage royal: Eric Laurent et Catherine Graciet ripostent à l'enquête

JUSTICE - Eric Laurent et Catherine Graciet, les deux journalistes français inculpés en France pour chantage et extorsion à l'encontre du roi Mohammed VI, doivent tenter mardi de faire annuler une partie de la procédure, affirmant avoir été piégés par des écoutes et une enquête qu'ils jugent déloyale, selon l’AFP.

Soupçonnés d'avoir voulu extorquer de l'argent au Maroc en échange de l'abandon d'un livre sur le royaume, censé contenir des révélations gênantes, les deux mis en examen contestent avoir été à l'initiative d'un chantage, évoquant une transaction qui s'est nouée librement.

Cette transaction rocambolesque à trois millions d'euros, enregistrée par un téléphone portable, s'était scellée fin août entre l’avocat marocain Hicham Naciri, et les deux auteurs dans un palace parisien, avec signature d'un contrat et remise de deux enveloppes de 40.000 euros.

Confronté, lors de sa garde à vue, aux enregistrements des rencontres, Éric Laurent a eu des propos ambigus, parlant d'abord "d'une proposition avancée par l'autre partie", puis avouant avoir lui-même "suggéré à Naciri dès le premier rendez-vous" un deal financier, selon une source proche du dossier. "On s'est fait piéger", a-t-il résumé, accusant Rabat de vouloir le discréditer.

Devant le juge, Mme Graciet a avoué sa "honte", se disant "minable" d'avoir accepté un tel marché. Mais "je n'ai pas menacé. C'est eux qui ont proposé", a-t-elle affirmé, toujours selon une source proche de l'enquête.

Mardi, les deux journalistes et leurs avocats vont se tourner vers la cour d'appel de Paris pour demander l'annulation des enregistrements des deuxième et troisième rendez-vous, ce qui affaiblirait l'enquête.

Ils reprochent au parquet de Paris puis aux juges d'instruction d'avoir laissé l'avocat marocain réaliser lui-même ces enregistrements, avec son téléphone portable, alors qu'une procédure judiciaire était ouverte après le premier rendez-vous. Or, dans un tel cadre, la sonorisation d'un lieu répond à des règles strictes, soutiennent-ils.

Le raisonnement n'a pas convaincu le parquet général de Paris, qui préconise le rejet des demandes.

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