27/02/2019 13h:02 CET | Actualisé 27/02/2019 13h:52 CET

CGEM: Mezouar appelle à la cohésion entre les régions pour booster la croissance

Et met en garde "contre des lobbies maléfiques".

AIC PRESS

ECONOMIE - C’est devant les membres du bureau de la région Rabat-Salé-Kénitra (RSK) que Salaheddine Mezouar, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a tenu, mardi 26 février à Rabat, dans le cadre d’une rencontre-débat autour du climat des affaires, un discours sur l’importance de mobiliser les territoires en faveur de la croissance.

Le patron des patrons, actuellement en tournée régionale pour préparer les prochains grands rendez-vous de la CGEM - les très attendues Assises nationales de la fiscalité et Assises de l’emploi - est formel: “le temps des territoires est venu”. Il ne faut pas isoler les régions mais plutôt les inscrire dans une logique de synergie et de cohérence, avec un secteur privé structuré, en conformité éthique et fort, a-t-il insisté auprès du parterre d’hommes (et quelques femmes) chefs d’entreprises du secteur RSK présents. 

Les régions au diapason

Dans son allocution, le président de la CGEM adopte un ton serein mais met toutefois en garde contre “des lobbies maléfiques” face auxquels il faut “rester vigilants” pour que le secteur privé résonne d’une seule et même voix. Car des influences chercheraient à “affaiblir” le patronat et ternir son image quand celui-ci oeuvre pour définir les contours d’une future politique fiscale et corriger les dysfonctionnements constatés qui ralentissent la croissance, selon lui. En ce sens, il rappelle que la CGEM milite pour une “fiscalité locale équitable et efficace” afin d’augmenter l’attractivité territoriale. 

Et pour accélérer la croissance territoriale puis nationale, il faut miser sur les PME et leur santé financière, selon Mezouar qui a évoqué le “Small Business Act”, une loi en accord avec le ministère des Finances qui permettra de regrouper l’ensemble des avantages qui concernent les petites et moyennes entreprises marocaines. En 2019, ce projet de loi, qui rappelons-le, figurait parmi ses promesses de campagne, doit être au coeur des préoccupations de la CGEM, a-t-il souligné. 

S’exprimant au sujet des délais de paiement, il a rappelé le danger de leur allongement, une “enclume” qui pèse lourd sur le fonctionnement de l’économie avec 40% des défaillances des entreprises et particulièrement des TPE liées aux délais et aux retards de paiement. Il a ainsi assuré que la CGEM a lancé un ensemble d’actions pour répondre à cette problématique qui reste toutefois “préoccupante”. 

Il a, pour l’heure, appelé les membres du bureau de Rabat-Salé-Kénitra à capitaliser sur les dispositifs mis en place en matière de financement et de recapitalisation des entreprises de la région, qu’il estime être une “région exemplaire dans son organisation, son énergie et sa capacité à construire des relations avec les entreprises et les administrations pour mener à bien ses chantiers”.

Si pour Salaheddine Mezouar et le président de la CGEM RSK, Abdelkader Benbekhaled, les axes de la stratégie du bureau régional “s’inscrivent dans une dynamique de synergie avec tous les bureaux de la Confédération au niveau régional et de manière cohérente avec la stratégie nationale”, pour certains membres du bureau, il n’en est rien. Lors d’un tour de table, certains se sont laissé aller aux reproches, sous-entendant un discours du patron des patrons éloigné de la réalité. Manque de communication et de synergie entre les bureaux régionaux et avec la maison-mère, image ternie de la CGEM auprès des différentes composantes de la société marocaine...

Pour un des membres, chef d’entreprise à Kénitra, la communication externe de la confédération pose problème et reflète une image du patronat marocain “inaccessible, réservée aux élites et difficile d’accès pour beaucoup d’entrepreneurs”. Il s’agirait, pour lui, de réfléchir à un plan d’action d’ampleur au niveau social pour soutenir davantage les petites entreprises et coopératives et montrer “au citoyen marocain lambda que la CGEM n’est pas uniquement réservée aux riches mais qu’elle est proche aussi du citoyen”.

Avant de s’éclipser, le président de la CGEM a fixé à la mi-mars une réunion d’évaluation et une autre en avril pour préparer, en amont, les Assises de la fiscalité. “Et si elles ne débouchent sur rien, on n’en a pas besoin” a-t-il martelé.

Rabat veut diversifier ses activités

La capitale administrative du royaume veut se doter d’un tissu industriel solide, notamment dans le secteur de l’automobile avec l’installation de l’usine PSA Peugeot Citroën, et développer le secteur primaire et les pôles de services et de l’offshoring. Pour le bureau RSK de la CGEM, la région doit “forcer son destin” et s’inscrire parmi les plus productives du pays en développant des secteurs économiques divers mais aussi en capitalisant sur ceux déjà bien ancrés, notamment le tertiaire, qui est le noyau de l’économie de la région avec une part de plus de 60% de la valeur ajoutée nationale contre 50% pour la moyenne nationale. Ainsi, la région travaille à l’élargissement de son tissu d’entreprises en promouvant les startups et l’innovation avec près de 700 millions de dirhams, dont 300 millions mobilisés par la Caisse centrale de garantie (CCG), prêts à être investis dans les startups innovantes ces cinq prochaines années, indique une note du bureau.