MAROC
16/02/2019 17h:33 CET

Ceuta et Melilla veulent refouler au Maroc tout mineur ayant migré "pour raisons économiques"

La disposition souhaite s’appliquera aussi bien aux ressortissants marocains qu'étrangers.

FADEL SENNA via Getty Images

MIGRATION - Le gouvernement de Ceuta, présidé par Juan Vivas (PP), va présenter ce mois une proposition d’initiative législative visant à inclure dans la loi sur la protection de l’enfance une disposition supplémentaire relative aux Mineurs étrangers non accompagnés, permettant aux enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla de refouler au Maroc tout migrant mineur étant parvenu dans ces territoires pour “raisons économiques”, rapporte Europa Press qui précise avoir consulté le détail de cette proposition.

Invoquant le souci “de protéger au mieux les intérêts de ces mineurs et dans le but de leur intégration et de leur développement dans le noyau familial d’origine dans leur environnement socioculturel”, la disposition, si elle est adoptée,  s’appliquera aussi bien aux ressortissants marocains qu’étrangers, poursuit l’agence de presse espagnole, ajoutant que “l’administration générale de l’État est tenue “si elle ne peut pas les renvoyer, à les transférer dans la péninsule dans un délai maximal de trois mois”.

Si le retour de ces mineurs dans leur pays d’origine, dans leurs familles ou à défaut au sein de services de protection dédiés, n’est pas effectué dans les trois mois, “ils seront nécessairement transférés dans des centres d’accueil d’autres parties du territoire national”, souligne Europa Press. 

Selon l’ONG Save the children, 6404 migrants mineurs non accompagnés (MMNA) sont arrivés en 2017 en Espagne, soit presque le double de l’année 2016 où ils étaient 3997. En 2017, au moins 60% de ces mineurs étaient de nationalité marocaine.  

La pression migratoire est particulièrement forte à Ceuta, où le nombre de mineurs marocains non accompagnés a explosé de 316% en un an, passant de 802 jeunes en 2017 à 3.344 jeunes en 2018.

Clôturées par des barbelés, les enclaves espagnoles de Sebta ou Melilla ne sont qu’une étape pour ces jeunes migrants qui espèrent rejoindre clandestinement l’Europe en se cachant dans des bateaux. Les mineurs étrangers non accompagnés pouvaient jusqu’alors compter sur la législation européenne qui permet aux moins de 18 ans de ne pas être redirigés vers des centres d’expulsion.