MAROC
20/12/2018 12h:26 CET

Ceuta: Aidées par les porteurs, les forces militaires marocaines empêchent l'entrée de migrants subsahariens

Les migrants ont essuyé des jets de pierre.

Agencia EFE

CEUTA - Une nouvelle fois, plus d’une centaine de migrants subsahariens ont tenté d’entrer à Ceuta au niveau du poste-frontière de Tarajal qui sépare l’enclave espagnole du Maroc, rapporte le journal local El Faro de Ceuta. Une cinquantaine d’entre eux a été arrêtée par les forces militaires marocaines, grâce à l’aide, fait inédit, des porteurs de marchandise, précise le même média.

Ce 20 décembre, les migrants ont profité “de la pression exercée par les porteurs se trouvant du côté marocain” pour forcer le passage avant 8h30, rapporte le journal local. Certains ont réussi à s’échapper dans les montagnes pendant qu’une cinquantaine d’entre eux a été empêchée par les forces militaires, essuyant des jets de pierre. Les porteurs “ont au départ ralenti l’entrée des subsahariens en soutenant les agents”, souligne El Faro de Ceuta.

Côté espagnol, la fermeture de la frontière a été ordonnée. La Guardia Civil (mer et terre) et la police nationale ont été déployées sur les lieux.  

Renforcement du contrôle à la frontière

Le passage entre le Maroc et l’enclave espagnole est “une ligne blindée de plus en plus difficile à surmonter pour la population subsaharienne”, souligne El Faro de Ceuta. “Le périmètre est en train de devenir une véritable forteresse”.

Depuis mi-novembre, le gouvernement espagnol a en effet renforcé les contrôles et restrictions à la frontière. “L’exécutif de Ceuta ‘soutient et soutiendra’ la décision de limiter l’accès à la frontière de Tarajal à toute personne ne possédant pas de visa, de résidence ou de permis de travail, mise en œuvre par la délégation du gouvernement”, affirmait le 14 décembre dernier l’exécutif de l’enclave présidé par Juan Jesús Vivas, dans des propos rapportés par l’agence de presse espagnole EFE.

Une semaine auparavant, les forces de sécurité espagnoles n’autorisaient le passage vers Ceuta qu’aux “Marocains qui prouvaient être en possession du permis de séjour ou du laissez-passer d’un travailleur frontalier”, précisait l’agence de presse.

La décision fait suite aux nombreux passages forcés qui ont eu lieu à la frontière. En juillet dernier, l’enclave vivait l’un des passages de force “les plus violents de son histoire”. Plus de 500 migrants avaient tenté d’accéder à Ceuta. Ils avaient utilisé des lances-flammes artisanaux et jeté de la chaux sur la Guardia Civil, provoquant des “troubles respiratoires et de conjonctivites”.