MAROC
05/03/2019 10h:27 CET

Cette émission culte de la chaîne ARTE donne un coup de projecteur à la chanson "féministe" au Maroc

"La chanson féministe a toujours existé au Maroc".

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CULTURE - Pour célébrer la journée internationale du droit des femmes, le 8 mars, le magazine culturel “Tracks” de la chaîne ARTE consacrera ce vendredi 8 mars, à partir de 23h25, une émission consacrée aux artistes “féministes” dans plusieurs pays, dont le Maroc.

Pendant plusieurs jours, la réalisatrice Zoulikha Bouabdellah a donc suivi à Casablanca et Marrakech les rappeuses Manal et Tendresse, ainsi que le groupe Kabareh Cheikhats, une formation de musiciens et acteurs qui se travestissent sur scène pour rendre hommage aux cheikhats. Au programme de ce zoom marocain dans le cadre de l’émission culte de la chaîne de télévision franco-allemande: déambulations dans la médina de Marrakech, promenades dans les quartiers Bourgogne et Sidi Belyout à Casablanca, concert au Vertigo ou encore battle dans un café du parc de la Ligue Arabe…

Emission hebdomadaire dédiée à la musique et aux modes d’expression avant-gardistes, “Tracks” nous embarque dans un voyage à la découverte de la nouvelle génération de musiciens marocains, une génération engagée pour la cause féministe. “C’est une question qui m’intéresse personnellement”, souligne Zoulikha Bouabdellah, réalisatrice du reportage dédié aux artistes féministes au Maroc, et qui explique comment sa rencontre avec la formation Kabareh Cheikhats a inspiré son idée d’enquête. 

La chanson féministe a toujours existé au Maroc. Il y a une jeunesse qui est en train de perpétuer ce patrimoine sous une forme plus contemporaine."

“Au-delà du divertissement musical, il s’agit d’une performance artistique, puisque les membres du groupe Kabareh Cheikhats sont comédiens. Leur projet m’a beaucoup intéressée puisqu’il renvoie au patrimoine de la chikha”, nous explique la réalisatrice, qui a voulu “proposer un sujet qui démontre que la chanson féministe et engagée a toujours existé au Maroc”.

“Il y a une jeunesse qui est en train de perpétuer ce patrimoine sous une forme plus contemporaine”, déclare la réalisatrice, artiste plasticienne et vidéaste franco-algérienne qui travaille entre Paris et Casablanca.

Zoulikha Bouabdellah choisit ensuite de mettre en lumière la rappeuse Manal, pour sa chanson “Taj”, en collaboration avec Shayfeen pour les paroles. “C’est le clip de la chanson, qui m’a avant tout interpellée. Pour moi, c’est un ovni en comparaison avec ce qui se fait dans la culture Pop, chez les artistes dans le monde arabe et au Maroc. Ici, il n’y a pas de jeune femme qui attend son prince charmant, mais une femme en action, qui prend les devants et qui refuse d’être victime”. 

Enfin Tendresse, rappeuse qui a dû se battre pour s’imposer dans le milieu artistique marocain.  “J’ai décidé de mettre en lumière deux jeunes filles qui ont choisi le rap comme mode d’expression, et Kabareh Cheikhats, lui, reprend un patrimoine culturel pour le renouveler et le mettre en valeur”, conclut la réalisatrice.  

Fidèle à l’esprit de l’émission, Zoulikha Bouabdellah nous entraîne dans les univers de trois figures de la musique marocaine contemporaine qui, chacune à leur manière, bousculent les règles du patriarcat.