TUNISIE
02/07/2018 17h:09 CET

C'est officiel, il n'existe pas de vulve "normale" selon cette étude

Les résultats de l'étude ont étonné jusqu'aux chercheurs l'ayant conduite.

GETTY IMAGES/MOMENT OPEN

Décidément, aucune partie du corps des femmes ne semble être épargnée par l’injonction à le rendre parfait, lisse, et sans défaut selon des normes irréalistes. Et cette fois-ci, c’est la science qui le dit: oubliez la vulve”normale”.

Après avoir constaté une hausse considérable du nombre des interventions de labiaplastie (chirurgie esthétique des organes génitaux féminins) une équipe de chercheurs de l’hôpital Lucerne Cantonal de Suisse s’est penchée sur le sujet, relaie The Independent.

Leurs conclusions, publiées dans le journal Obstetrics & Gynaecology, sont sans appel: la vulve “normale” n’existe pas. L’étude de 657 femmes caucasiennes âgées de 15 à 84 ans sur deux années a démontré l’impossibilité de fixer une norme quant à ces organes.

Un écart considérable entre les mesures

L’étude a mesuré les principales parties de la vulve: la longueur du clitoris, la longueur des grandes lèvres, la longueur et la largeur des petites lèvres, ainsi que leur distance d’avec le clitoris et l’entrée de l’urètre. Bien qu’une moyenne a été établie, les mesures étaient extrêmement variées d’une femme à l’autre.

 

Les chercheurs, qui pensaient là pouvoir ”établir un modèle pour l’apparence normale d’une vulve caucasienne” ont été forcés d’admettre que celle-ci n’existe pas au vu des chiffres très éloignés.

Les petites lèvres mesuraient en moyenne 43 millimètres, mais les plus petites en faisaient 5, tandis que les plus grandes observées pouvaient atteindre les 10 centimètres en longueur. Quant aux grandes, la moyenne a été établie à 8 centimètres, sauf que les plus petites observées ne faisaient que 12 millimètres... contre 18 centimètres pour les plus grandes.

Enfin, le clitoris peine, lui aussi, à rentrer dans une case: 7 millimètres en moyenne, mais avec une échelle allant de 0,5 pour les petits recensés, à 3,4 centimètres pour les plus grands.

+45% de chirurgies en un an

Cette étude permettra peut-être de changer la représentation faussée des organes génitaux féminins relayée, entre autre, par l’industrie du porno. Entre 2015 et 2016, la Société Internationale de Chirurgie Plastique Esthétique a noté un bond de 45% des opérations de labiaplastie.

Si certaines sont parfois indispensables au confort quotidien (la nymphoplastie, chirurgie pour réduire les lèvres, est souvent pratiquée pour éviter des douleurs liés à leur taille), beaucoup sont pratiquées beaucoup trop tôt comme le déplore une gynécologiste britannique à la BBC, qui parle d’opérations “dès l’âge de 9 ans”. De son côté, la NHS, agence de santé anglaise, note que malgré sa recommandation d’attendre 18 ans, plus de 200 jeunes filles mineures auraient sauté le pas entre 2015 et 2016, et environ 150 d’entre elles auraient moins de 15 ans.

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