TUNISIE
09/10/2018 15h:54 CET

C'est Béji Caid Essebsi, président d'honneur de Nidaa et non le président de la République qui a rencontré Rached Ghannouchi

“Il s’agissait d’une rencontre politique et non d’une rencontre officielle"

Alors que le communiqué relatif à la rencontre, tenue lundi, entre le président de la République Béji Caid Essebsi et le président d’Ennahdha Rached Ghannouchi a été publié par le parti Nidaa Tounes et non par la présidence de la République, suscitant au passage de nombreuses interrogations, le président de la commission de l’information de Nidaa Tounes Mongi Harbaoui a apporter des explications.

“C’est un communiqué qui a été publié dans le cadre d’une rencontre en tête à tête entre le président du parti Ennahdha et le président d’honneur de Nidaa Tounes” expliquant ainsi que Béji Caid Essebsi représentait le parti et non la présidence de la République.

“Il s’agissait d’une rencontre politique et non d’une rencontre officielle en sa qualité de président de la République, auquel cas, la présidence aurait publié un communiqué là-dessus” a-t-il ajouté.

Selon lui, “Béji Caid Essebsi est le président d’honneur de Nidaa Tounes et celui qui fixe sa ligne politique”, ce qui fait qu’il est impossible de dissocier Nidaa Tounes de Béji Caid Essebsi: “Aujourd’hui qui dit Ennahdha dit Rached Ghannouchi, qui dit Front populaire dit Hamma Hammami (...) et Nidaa Tounes, c’est Béji Caid Essebsi”.

Quant au contenu du communiqué, Mongi Harbaoui note que deux points sont essentiels dans celui-ci:  “Le plus important dans tout ça, c’est la fin du consensus” et “la fin de l’appui de Nidaa Tounes et de son bloc parlementaire au gouvernement”.

“Tous les moyens ont été utilisés pour faire pressions sur les députés de Nidaa Tounes”

“Tous les moyens ont été utilisés” afin d’encourager les députés de Nidaa Tounes à démissionner a affirmé Mongi Harbaoui ajoutant que “ces démissions ne sont pas innocentes, ni au niveau du timing, ni au niveau de la manière”.

“En grande majorité, ces démissions sont dues à des pressions à cause de certains dossiers qui peuvent être politiques, économiques” ajoutant qu’il y a “des dossiers autour desquels planent dessus des soupçons de corruption”.

D’autres selon lui, ont démissionné par avidité politique: “Il y a certains qui ont des ambitions, qui veulent entrer au gouvernement, obtenir des postes importants au sein de l’État...” dit-il faisant référence au prochain remaniement ministériel à prévoir.

“Il y a des démissions qui sont liées à 2019. Ils se disent qu’ils n’ont plus de place au sein du bateau Nidaa Tounes, et vont tenter leur chance ailleurs” a continué Harbaoui, pour qui les démissionnaires ont une vision limitée des choses: “Ils croient que cette crise va avoir raison de Nidaa Tounes, mais ce ne sera pas le cas”.

S’attaquant au chef du gouvernement, le président de la commission de l’information de Nidaa Tounes affirme que ce dernier a utilisé “tous les outils possible” contre son parti.

“Les rouages de l’État ont été utilisé par le chef du gouvernement!” a-t-il fustigé avant de s’attaquer à la coalition nationale: “Ce bloc parlementaire a été créée pour protéger le chef du gouvernement”

Une rencontre s’est tenue, lundi, entre Béji Caid Essebsi et le président d’Ennahdha Rached Ghannouchi.

Le service communication de la présidence de la République n’a publié aucun communiqué, ne laissant rien filtrer sur celle-ci.

 

Le parti Nidaa Tounes a quant lui publié un communiqué revenant en détail sur le contenu de l’entrevue.

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