MAROC
05/10/2018 17h:50 CET

Ces personnalités issues du monde arabe qui ont remporté le prix Nobel

Cette année, le prix Nobel de la paix a récompensé l'activiste yézidie irakienne Nadia Murad.

Nobel Prize

DISTINCTION - Comme chaque année depuis 1901, les membres du comité du prix Nobel s’apprêtent à rendre leur verdict, avec leur lot de surprises, à l’instar de l’attribution très commentée en 2017 du Nobel de la littérature à Bob Dylan

En 2018, le prix Nobel a récompensé, en plus de 100 ans d’existence, son dixième lauréat originaire du monde arabe. Il s’agit de la militante yézidie irakienne Nadia Murad. Cette dernière a remporté le prix Nobel de la Paix, ex-aequo avec le médecin Congolais Denis Mukwege, seizième Africain primé. Un prix qui récompense leurs efforts pour “mettre fin à l’utilisation des violences sexuelles comme arme de guerre”.

Depuis la création de la prestigieuse récompense, seules 10 ont été remises à des personnalités arabes ou d’origine arabe. Six ont reçu le prix Nobel de la paix (en 2015, le prix a été remis aux représentants de quatre organisations tunisiennes, le Quartet du dialogue national tunisien), deux se sont illustrés en chimie, un en médecine et un en littérature.

Retour sur ces hommes, femmes ou organisations qui, par leur engagement pour la paix, la littérature et la recherche, ont été récompensés par la distinction la plus prestigieuse du monde.

  • Peter Medawar, prix Nobel de médecine, 1960
    Peter Medawar, prix Nobel de médecine, 1960
    Central Press via Getty Images
    Né au Brésil de père libanais et de mère anglaise, Peter Medawar est la première personne d'origine arabe à remporter un prix Nobel dans le domaine de la médecine. Un prix qui récompense son travail consacré à l'immunologie. Il est à ce jour la seule personnalité issue du monde arabe à avoir remporté un prix Nobel dans cette catégorie.
  • Anouar El Sadat, prix Nobel de la paix, 1978
    Associated Press
    Premier lauréat égyptien au prix Nobel, le défunt président égyptien remporte le Nobel de la paix en 1978 avec le président israélien Menachem Begin pour le traité de paix entre l'Égypte et Israël. Les deux hommes se rendront ensemble en Suède pour recevoir leur médaille. Un Nobel qui n'est pas accueilli favorablement par tout le monde: Yasser Arafat notamment le qualifie "d'illégitime". Trois ans après son Nobel, Anouar El Sadat est assassiné.
  • Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature, 1988
    Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature, 1988
    Thomas Hartwell via Getty Images
    Naguib Mahfouz remporte le prix Nobel de littérature en 1988, faisant de lui le seul auteur arabe récompensé de ce prestigieux prix. Lors de son discours au comité, il qualifiera la langue arabe de "réel vainqueur du Nobel". "Un correspondant étranger au Caire m'a confié que lorsque mon nom a été révélé par le comité suédois, un silence s'est abattu dans la salle car personne ne savait qui j'étais", racontera-t-il également, non sans humour.
  • Elias James Corey, prix Nobel de chimie, 1990
    Elias James Corey, prix Nobel de chimie, 1990
    Boston Globe via Getty Images
    La diaspora libanaise est visiblement prolifique dans les domaines de la science. Né aux États-Unis de parents libanais, Elias James Corey (version anglicisée du nom Khoury) remporte le prix Nobel de chimie pour son travail dédié au développement de la théorie de la synthèse organique. Il est jusqu'à ce jour un des deux seuls lauréats arabes du prix Nobel de chimie.
  • Yasser Arafat, prix Nobel de la paix, 1994
    Seize ans après El Sadat, c'est un autre dirigeant arabe qui remporte un prix Nobel pour un traité de paix avec Israël, le chef du Fatah, Yasser Arafat, pour les accords d'Oslo. Lui aussi partage son prix avec les dirigeants israéliens Ytzhak Rabin et Shimon Perez. Comme en 1978, un des lauréats est assassiné quelques temps après, le premier ministre israélien Rabin, en 1995.
  • Ahmed Zewail, prix Nobel de chimie, 1999
    Nobel Prize/Youtube
    Seul Égyptien à avoir remporté un prix Nobel dans un domaine scientifique, Ahmed Zewail reçoit le Nobel de chimie en 1999 pour son travail sur la femtochimie, "la science des réactions chimiques sur des échelles de temps extrêmement courtes". Il cite dans son discours de remerciement son compatriote Taha Hussein. "La fin commencera le jour où les chercheurs de connaissance deviendront satisfaits par leurs propres exploits.” Il est décédé en août 2016 à l'âge de 70 ans.
  • Mohamed Elbaradei, prix Nobel de la paix, 2005
    Youtube
    Les Égyptiens ont visiblement la cote auprès du comité du prix Nobel. En 2005, Mohamed Elbaradei devient le troisième Égyptien à remporter un prix Nobel, et le second à remporter le prix Nobel de la paix. Un prix récompensant sa lutte contre la non prolifération nucléaire par le biais de l'Agence internationale de l’énergie atomique. Il reverse l'argent de sa récompense à un orphelinat du Caire géré par sa belle-soeur. Au cours de son discours, il dresse un bilan alarmiste sur la prolifération nucléaire et les drames liés à la pauvreté.
  • Tawakkol Karman, prix Nobel de la paix 2011
    Youtube
    Figure du printemps arabe, Tawakkol Karman, journaliste yéménite alors âgée de 32 ans, remporte le prix Nobel de la paix en 2011, faisant d'elle une des plus jeunes lauréates de l'histoire. Elle partage son prix avec les Libériennes Ellen Johnson Sirleaf et Leymah Gbowee. Elle est alors surnommée "ambassadrice des printemps arabes" par la presse. Lors de son discours en décembre 2011, elle déclare que "la paix n'est pas seulement de mettre fin à la guerre mais aussi de mettre fin à l'oppression".
  • Quartet du dialogue national tunisien, prix Nobel de la paix 2015
    Youtube
    Composé de l'Union générale tunisienne du travail, l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat, l'Ordre national des avocats de Tunisie et la Ligue tunisienne des droits de l'homme, le Quartet du dialogue national tunisien remporte en 2015 le prix Nobel de la paix, le premier pour la Tunisie et le Maghreb. Un prix venu récompenser "la construction d'une démocratie pluraliste en Tunisie", selon le comité suédois du Nobel. Lorsqu'est remise la fameuse médaille en décembre 2015, le public présent se lève et une partie entonne l'hymne national tunisien (3:33).
  • Nadia Murad, prix Nobel de la Paix, 2018
    Nadia Murad, prix Nobel de la Paix, 2018
    Vincent Kessler / Reuters
    Née en Irak, Nadia Murad est issue de la minorité yézidie. Enlevée en 2014 par les soldats de Daesh elle est alors vendue à un de ses combattants et, comme des milliers d'autres jeunes femmes et filles issues de sa communauté, devient une esclave sexuelle. Elle réussira finalement à fuir, grâce à l'aide d'une famille musulmane, et part s'installer en Allemagne avec sa soeur. Depuis, elle milite pour que les crimes et persécutions subies par la minorité yézidie soient considérés comme un génocide, explique l’AFP.