TUNISIE
29/10/2018 18h:40 CET

Ces militaires acclamés après la victoire de Bolsonaro rappellent de mauvais souvenirs à certains Brésiliens

L'armée assure qu'il s'agissait du retour d'un convoi à la caserne et non d'une parade militaire à la gloire du nouveau président.

BRÉSIL - C’est une scène inédite qui rappelle de douloureux souvenirs à certains Brésiliens. Dimanche 28 octobre, l’ex-militaire Jair Bolsonaro a été élu haut la main président du Brésil, avec 55,70% des voix contre 43,30% à son adversaire de gauche Fernando Haddad. Des résultats qui marquent l’arrivée d’un président d’extrême droite à la tête du plus grand pays d’Amérique latine et d’une des plus importantes économies au monde.

Et le soir même de cette élection, certaines images ont ravivé la mémoire de la dictature militaire qui a dirigé le pays de 1964 à 1985. Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, une foule en liesse a acclamé un convoi militaire dans la ville de Niteroi, près de Rio de Janeiro. On y voit certains militaires particulièrement heureux, levant le poing au ciel pour semble-t-il célébrer les résultats de la soirée.

“L’armée de terre est sortie dans les rues pour fêter la victoire. La foule acclame. Inédit, incroyable, très dangereux, complètement illégal”, s’inquiète l’historienne brésilienne Maud Chirio, sur son compte FacebookDans une interview auMonde, le 25 octobre dernier, cette auteure d’une thèse sur les années de plomb mettait en garde contre l’arrivée imminente d’un “régime fascisant”, qui valoriserait la répression et des figures de tortionnaires, tels que Carlos Alberto Brilhante Ustra, ex-colonel à la tête de l’organisme civil et militaire de Sao Paulo, l’organe le plus meurtrier durant la dictature militaire.

Selon l’armée brésilienne citée par nos confrères outre-Atlantique, il ne s’agirait toutefois pas d’une “parade” à la gloire du président. “C’était simplement leretour d’un convoi à la caserne, après une journée à garantir la sécurité durant le vote”, assurent les autorités. “En raison de la foule dans la rue, les voitures ne pouvaient pas voyager à la vitesse normale. La position des véhicules, en file d’attente, est celle utilisée normalement lors des déplacements”, poursuit l’armée.

 

Contactée par Le HuffPost, Maud Chirio précise que la scène n’en demeure pas moins inédite. “La nouveauté est donc leur acclamation par la foule et non leur circulation dans les rues”, explique l’historienne.

Ex-capitaine de l’armée de terre, Jair Bolsonaro est ouvertement nostalgique de la junte militaire, et particulièrement de ses méthodes pour éliminer les opposants. Comme vous pouvez le voir également dans les images ci-dessus, il déclarait en 1999, à la télévision brésilienne, être favorable à la torture. “Rien ne changera dans ce pays grâce à des élections”, expliquait l’ancien militaire, pour qui la dictature n’était pas allée assez loin.

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