TUNISIE
10/10/2018 14h:07 CET

Ce qu'il faut retenir du dernier rapport du FMI sur la Tunisie

Le FMI a rendu ses conclusions et a approuvé les efforts de redressement déployés par le pays.

Issei Kato / Reuters

Dans un rapport épais de près de 90 pages, le Fonds monétaire international (FMI) a dévoilé les résultats détaillés du quatrième examen au titre de l’accord de facilité de financement élargi accordé à la Tunisie. 

En se référant aux différents indicateurs économiques et à l’évolution de la situation économique du pays, l’institution internationale a rendu ses conclusions et a approuvé les efforts de redressement déployés par le pays.

Parmi les principaux points du rapport à retenir figurent:

La croissance continue de s’accélérer pour atteindre 2,8% au deuxième trimestre de l’année en cours, dopée par l’agriculture et le tourisme.

Alors que le chômage et l’inflation restent élevés, le pouvoir d’achat s’érode. 

FMI/rapport

Quant au déficit budgétaire, ce dernier demeure inférieur aux prévisions.  

De plus, les prix élevés du pétrole continuent de peser sur les soldes extérieur et budgétaire, les investissements sont faibles et les réserves internationales couvrent moins de trois mois d’importations.

D’après le FMI, les autorités tunisiennes ont satisfait tous les critères de performance quantitatifs et mis en œuvre deux des trois repères structurels prévus pour le quatrième examen, notamment les enchères concurrentielles en devises de la Banque centrale. 

L’institution internationale table, à cet effet, sur une croissance d’au moins de 2,6% pour la fin de l’année 2018. Alors que l’inflation frôlerait les 7,8%, selon ses prévisions. 

Concernant les déficits budgétaires, le FMI estime que ces derniers vont  s’améliorer pour la première fois depuis 2014, et ses réserves internationales
augmenteront à 3,4 mois soit 102 jours d’importation. 

FMI/rapport

Le FMI révèle que les priorités de la politique comprennent un recouvrement des recettes plus important, des ajustements réguliers des prix de l’énergie, une gestion stricte de la masse salariale et des réformes pour assurer la viabilité financière des retraites en Tunisie.

“Suivre les politiques et les réformes évoquées dans le quatrième examen - notamment les réformes des subventions énergétiques, des contrôles stricts des recrutements et de la masse salariale dans le secteur public, ainsi que les progrès à long terme au niveau de la réforme des retraites, resserrement monétaire pour contenir l’inflation et le refinancement élevé de la banque centrale, et la mise en œuvre résolue des enchères de devises concurrentielles - sera essentielle pour garantir la reprise et affermir la stabilisation du pays dans un contexte assez difficile” lit-on dans le rapport.  

Le FMI a, d’autre part, fait savoir que le gouvernement tunisien s’est engagé à procéder à des ajustements au niveau des prix des carburants. Après les augmentations des prix des carburants et des tarifs de l’électricité et du gaz d’autres hausses seront à prévoir en octobre et novembre.

Il s’est engagé, par ailleurs, à ne pas accorder d’augmentations salariales en 2018 et va garder le gel des salaires pour 2019. Il compte d’ailleurs limiter les recrutements dans la fonction publique et libérer 6600 fonctionnaires dont 5000 dans le cadre de départ anticipé et 1600 de départs volontaires.

FMI/rapport

Des efforts seront également déployés pour trouver une solution à la situation de Tunisair et de la Banque franco-tunisienne.

Le gouvernement a promis également d’éliminer dans la loi de Finances 2019 le régime fiscal préférentiel pour les sociétés off-shore, comme le recommande le FMI. 

L’institution internationale a fait savoir que les autorités tunisiennes sont sur le point d’introduire un nouveau règlement d’ici fin 2018 visant à réduire le ratio crédits/dépôts des banques commerciales. 

Pour rappel, le 28 septembre 2018, le Conseil d’administration du FMI a achevé le quatrième examen du programme économique de la Tunisie, appuyé par un accord au titre du mécanisme de financement élargi (FEP).

Le Conseil a décidé de débloquer une nouvelle tranche de prêt d’une valeur de 247 millions de dollars (environ 695 millions de dinars), portant le total des décaissements à environ 1,4 milliard de dollars (près de 3,94 milliards de dinars) sur les 2,9 milliards de dollars prévus dans le cadre du FEP.

 

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