TUNISIE
22/08/2019 19h:50 CET

Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Abdelkrim Zbidi sur El Hiwar Ettounsi

Largement attendue, l’interview a duré une heure. Voici ce qu’il faut en retenir.

HASNA via Getty Images

Le ministre de la Défense et candidat à l’élection présidentielle Abdelkrim Zbidi était l’invité, jeudi, de Myriam Belkadhi sur El Hiwar Ettounsi.

Largement attendue, l’interview a duré une heure. Voici ce qu’il faut en retenir.

Sa décision de se présenter

“La décision n’a pas été facile, c’est une grande responsabilité” a-t-il affirmé.

Longuement réfléchie, il affirme avoir pris cette décision face à la situation du pays qui est “dans une phase décisive”: “je me suis dit que je n’ai pas le droit de ne pas être un soldat pour mon pays face à une telle situation” où de nombreux défis doivent être relevés en matière de santé, d’éducation, d’agriculture, de sécurité...”.

Un candidat indépendant

“J’ai toujours été indépendant, je n’ai jamais fait partie d’aucun parti politique” a affirmé le candidat à l’élection présidentielle.

“Je tiens à mon indépendance (...) Je ne suis fidèle qu’à la Tunisie (...) Il n’y a eu aucun accord avec aucun parti. C’est quelque chose que je refuse totalement” a-t-il poursuivi réfutant ainsi les rumeurs sur d’éventuels échanges de bon procédés avec certains partis qui le soutiennent.

Interrogé sur les différentes déclarations faites par plusieurs politiciens, faisant de lui le candidat de certains partis ou de certaines personnalités, Abdelkrim Zbidi estime que c’est une preuve de son indépendance: “Ces déclarations, je ne veux pas les commenter. C’est la preuve que je suis indépendant. Je ne peux pas avoir autant de monde aux antipodes les uns des autres contre moi, si je n’étais pas indépendant” dit-il estimant être un candidat rassembleur.

“Pour moi, l’indépendance permet d’avoir un appui politique plus grand que si l’on appartenait à un parti. Le plus grand exemple est Habib Essid, il était chef du gouvernement, indépendant et a réussi à faire passer ses projets de loi”.

Une campagne ciblée à son encontre?

Abdelkrim Zbidi est-il un politicien? “Si la politique c’est les insultes, les rumeurs, les menaces,...Je ne suis pas politicien. Si la politique c’est les actions, les réalisations et la vérité, je suis alors politicien” dit-il.

Affirmant être la cible d’une campagne à son encontre sur les réseaux sociaux, il affirme que “cela vient des gens au pouvoir et qui sont candidats aux élections. On ne peut pas avoir un pied au pouvoir et un pied dans la course électorale (...) Ces critiques n’ont fait que me conforter dans ma décision de me présenter” explique-t-il.

Quel financement de sa campagne?

Quant au financement de sa campagne électorale, Abdelkrim Zbidi affirme que celui-ci “vient dans le cadre de dons de personnes qui me soutiennent conformément à la loi électorale et qui ne dépasse pas les limites prévues par la loi électorale. Je n’ai donc pas de machine ou de système comme les partis politiques en ont”.

Lotfi Zitoun n’est pas dans son équipe de campagne

“Lotfi Zitoun est un ami que j’ai connu dans le gouvernement Jebali. Ma relation avec lui n’a aucun lien avec Ennahdha. Il n’a aucun lien avec ma campagne électorale. Peut-être me soutient-il personnellement comme d’autres personnalités” a commenté le candidat à l’élection présidentielle.

Sa démission du gouvernement

″Il y a toujours des craintes autour de l’usage de sa fonction pour sa campagne électorale. D’un point de vue éthique et moral, il fallait démissionner. Je ne peux pas être à la tête du ministère de la Défense et candidat à la présidentielle. Ce ne serait pas moral, ni éthique” dit-il.

“J’ai présenté ma démission le 08 août au président de la République. Il m’a demandé de poursuivre la gestion des affaires courantes (...) Il m’a demandé de patienter jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée pour l’ensemble des membres du gouvernement candidats aux élections”.

Réforme de la constitution

Parmi les points proposés dans son programme, Abdelkrim Zbidi évoque la réforme du régime politique. 

“Le pouvoir exécutif est divisé entre le chef du gouvernement et le président de la République (...) Le ministre de la Défense est sous l’autorité du président de la République, celui de l’Intérieur sous le chef du gouvernement, or pour prendre les bonnes décisions, il faut une forte promiscuité entre les deux pour cela. Je l’ai vécu en tant que ministre de la Défense sous le gouvernement Jebali et Chahed, idem pour la diplomatie” analyse-t-il avant de poursuivre: “Il y a une dilution du pouvoir (...) J’appelle ça le système parlementaire complexe. Dans les autres pays il n’y a pas trois centres de pouvoir, il y en a deux” .

Selon lui, cette dilution du pouvoir fait que “chacun doit assumer ses responsabilités mais tout le monde se débine (...) C’est une constitution qui a été faite sur mesure par les gens qui l’ont écrit, entre autres Ennahdha”.

Interrogé sur le régime vers lequel il faudrai aller, le candidat n’a pas d’avis tranché:“Pour moi, il y a deux possibilités: Soit aller vers un régime parlementaire pur ou régime présidentiel pur mais pas un régime hybride comme aujourd’hui. Ce sera à l’ARP de décider puis ce sera proposé par référendum au peuple, qui lui décidera”.

Sa relation avec Béji Caid Essebsi

“En perdant Béji Caid Essebsi, j’ai perdu personnellement mon président, mais aussi mon père ou mon grand frère. Il y avait un lien professionnel, de confiance mutuelle. Il y avait aussi un lien personnel, sur lequel je ne reviendrai pas” affirme-t-il indiquant avoir refusé deux fois la proposition du président défunt de le nommer chef du gouvernement.

”Il y a un chemin qui a été tracé depuis l’indépendance par Habib Bourguiba, on a dévié un temps de ce chemin. Béji Caid Essebsi a remis les choses sur les bons rails” a-t-il poursuivi ajoutant que s’il était élu, il prendrait avec lui à Carthage un livre offert Béji Caid Essebsi et une photo de lui avec ce dernier.

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