TUNISIE
10/07/2018 12h:05 CET

Ce que recommande le FMI à la Tunisie

Selon le FMI, la croissance s’est accélérée au début de 2018 en Tunisie, mais des déséquilibres macroéconomiques persistent

Kim Kyung Hoon / Reuters

“La croissance s’est accélérée au début de 2018 et la confiance s’est améliorée, mais des déséquilibres macroéconomiques persistent”. C’est ce qu’a annoncé Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint du Fonds Monétaire International (FMI) à l’issu de l’achèvement de la troisième revue de l’accord en faveur de la Tunisie au titre du mécanisme élargi de crédit.

Il a révélé, dans un communiqué rendu public le 9 juillet 2018, que “le chômage n’a baissé que légèrement, l’inflation est élevée, les déficits budgétaire et courant sont considérables, et les réserves internationales sont inférieures au niveau recommandé”. 

Des constatations qui dénotent une situation assez fragile malgré certains progrès notamment au niveau de la politique monétaire. En effet, l’organisation internationale explique que “la mise en œuvre de la politique économique et des réformes s’est améliorée sensiblement depuis la deuxième revue”.

De plus, il affirme que “les autorités tunisiennes restent fermement déterminées à opérer un ajustement macroéconomique progressif et soucieux de sa dimension sociale, en s’appuyant sur l’accord sur quatre ans au titre de la facilité élargie de crédit”. 

D’ailleurs, conscient de la situation transitoire du pays, le FMI présente un ensemble de recommandations à mettre en oeuvres afin que ledit “programme soit un succès”.

En effet, il appelle les autorités à s’efforcer de manière soutenue de réduire la vulnérabilité macroéconomique, d’assurer une protection sociale adéquate et de favoriser la création d’emplois dans le secteur privé.

Le FMI recommande, par ailleurs, les autorités de s’attaquer aux pressions qui s’exercent sur le budget.

Pour y arriver, le FMI souligne la nécessité d’accroître les recettes en 2018, d’ajuster les prix de l’énergie afin de limiter l’impact des prix internationaux du pétrole sur le budget, de procéder à des départs volontaires pour les fonctionnaires, de ne pas accorder de nouvelles augmentations salariales, à moins que la croissance soit supérieure aux prévisions, et de réformer les retraites.

D’autre part, l’organisation internationale tient à relever considérablement le taux directeur afin d’assurer la stabilité des prix et s’attaquer à l’inflation. “De nouveaux relèvements des taux pourraient être nécessaires si l’inflation ne ralentit pas, surtout si les principaux taux d’intérêt restent négatifs en termes réels” note-t-il.

En outre, le FMI estime essentiel de procéder à “la flexibilité du taux de change, soutenue par des adjudications de devises plus concurrentielles de la part de la banque centrale”, et ce afin d’améliorer le solde des transactions courantes et reconstituer les réserves de change. Cette mesure est, ainsi, favorable à une dépréciation supplémentaire et inéluctable du dinar. 

D’autre part, le FMI évoque la nécessité d’accélérer la réforme des retraites et de redoubler d’efforts pour mieux cibler les mesures sociales.“Les autorités ont accru les transferts sociaux et ont amélioré la base de données sur les familles vulnérables” précise-t-il. 

“Le guichet unique pour les investisseurs et la liste négative d’autorisations d’investissement constituent des signaux positifs pour les investisseurs. En ce qui concerne les réformes structurelles, il est prioritaire de nommer les membres de l’Instance de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption, ainsi que de réformer le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme”, ajoute-t-il. 

Pour le FMI, “il est essentiel que les autorités mettent en œuvre leur programme de manière énergique pour atténuer les risques économiques, sociaux et politiques”.

Ainsi, “en s’appuyant sur le solide partenariat avec la communauté internationale des bailleurs de fonds, il sera important de continuer de bénéficier d’une aide financière considérable des donateurs et de renforcer les capacités pour réussir la transition vers une économie qui favorise une croissance inclusive dont le principal moteur est le secteur privé” conclut-il.

Le 6 juillet 2018, le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la troisième revue du programme économique de la Tunisie qui est appuyé par un accord au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC). L’achèvement de la revue permet aux autorités d’acheter un montant équivalent à 176,7824 millions de DTS (environ 249,1 millions de dollars), ce qui porte le total des achats au titre de l’accord à l’équivalent de 808,1485 millions de DTS (environ 1.139,0 millions de dollars).

L’accord MEDC sur quatre ans d’un montant de 2,045625 milliards de DTS (environ 2,9 milliards de dollars, ou 375 % de la quote-part de la Tunisie au moment de l’approbation de l’accord) a été approuvé par le conseil d’administration le 20 mai 2016 (voir communiqué de presse n° 16/238 ).

Ce programme vise à affermir la reprise en réduisant la vulnérabilité macroéconomique, en veillant à ce qu’une protection sociale adéquate soit en place et en favorisant une croissance tirée par l’secteur privé et créatrice d’emplois.

Parmi ses priorités figurent des réformes propices à la croissance et soucieuses de la dimension sociale qui visent à stabiliser la dette publique tout en accroissant l’investissement et les dépenses sociales. La politique monétaire est axée sur la baisse de l’inflation, le maintien d’un taux de change flexible et le renforcement des réserves internationales. Les réformes structurelles prévues par l’accord portent principalement sur une amélioration de la gouvernance, du climat des affaires, des institutions budgétaires et du secteur financier.

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