TUNISIE
28/05/2018 13h:34 CET

Ce que pense Rached Ghannouchi de la suspension de l'Accord de Carthage 2 (VIDÉO)

"Je ne pense pas que le président de la République ait eu l’intention de changer de chef du gouvernement”

Zoubeir Souissi / Reuters

Alors que les travaux de l’Accord de Carthage 2 ont été suspendus, lundi, par le président de la République Béji Caid Essebsi, le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi a affirmé que si celui-ci voulait se débarrasser de Youssef Chahed, il l’aurait déjà fait.

Selon lui si le président de la République Béji Caid Essebsi, “avait voulu changer le chef du gouvernement, il aurait eu plusieurs façons de le faire. La Constitution est claire. S’il avait demandé à Chahed de démissionner, il l’aurait fait, parce que c’est lui qui l’a proposé. Je ne pense donc pas que le président de la République ait eu l’intention de changer de chef du gouvernement” a expliqué Rached Ghannouchi.

Interrogé sur l’avenir de Youssef Chahed à La Kasbah après la suspension de l’Accord de Carthage 2, Rached Ghannouchi affirme que c’est au parlement d’en décider: “Le changement de gouvernement est une question parlementaire. (...) L’Assemblée des représentants du peuple détient le pouvoir pour changer le chef du gouvernement” a-t-il indiqué.

Alors que l’UGTT a annoncé ne plus être “tenue par aucune obligation” suite à la décision de suspendre l’Accord, Rached Ghannouchi rétorique: “Ce n’est pas une journée de changement pour le pays. Le pays est toujours gouverné par un gouvernement d’union nationale, consensuel. Le consensus existe toujours et nous tenons à ce que la politique du consensus menée par le président de la République et que nous avons appuyé continue”.

“Ce n’est pas la première fois que des négociations s’arrêtent et même l’UGTT a, de nombreuses fois, arrêté ses négociations avec le gouvernement, et elles ont repris par la suite” a-t-il expliqué avant de reprendre: “Le dialogue s’est arrêté aujourd’hui mais il reprendra demain. Nous n’avons pas d’autres moyens, excepté le dialogue, pour régler nos différends”.

Pointé du doigt comme étant la cause de l’échec de la signature de l’Accord, à cause de son soutien à Youssef Chahed, le président d’Ennahda se défend: “Il n’est pas demandé à Ennahdha, de faire à chaque fois marche arrière, de faire des concessions. On l’a fait de nombreuses fois” a-t-il dit ajoutant que quand il s’agit de l’intérêt de la Tunisie et de sa stabilité Ennahdha tient bon.

Quant à l’avenir de l’accord de Carthage 2, il affirme: “d’un point de vue légal et constitutionnel, cet accord n’est pas obligatoire mais cet accord est un accomplissement, sur lequel ont planché une vingtaine d’experts de tous les partis. C’est un accomplissement qui aura son impact sur la vie politique, économique et sociale”.

 

Lundi, le président de la République Béji Caid Essebsi a décidé de suspendre l’Accord de Carthage 2 jusqu’à nouvel ordre en l’absence de consensus entre les signataires sur l’avenir de Youssef Chahed à la tête du gouvernement d’Union nationale.

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