TUNISIE
17/07/2019 12h:27 CET

Ce membre du conseil de la choura qualifie de "carnage" ce qui se passe au sein d'Ennahdha

"C’est la première fois au sein du parti qu’il y a une telle fracture” a affirmé Hatem Boulabiar

Le membre du conseil de la choura d’Ennahdha, Hatem Boulabiar, a affirmé, mercredi, qu’il existait une “vraie crise” à Ennahdha après la modification par Rached Ghannouchi de nombreuses têtes de liste en marge des prochaines élections législatives.

Invité sur les ondes de RTCI, le membre du conseil de la Choura a expliqué le fond du problème qui agite Ennahdha ces derniers jours.

Alors que 5000 militants du parti ont voté pour élire leurs 33 têtes de liste, son président, Rached Ghannouchi a choisi unilatéralement d’en modifier 30, ne respectant pas ainsi le vote des militants.

Pour Boulabiar, les statuts sont clairs: “Il n’a le droit de modifier que 10% du nombre total, soit 3 têtes de liste seulement, de façon très exceptionnelle!”.

“Ce qui s’est passé le 14 juillet 2019, c’est qu’au lieu de modifier 3 têtes de liste comme la loi le stipule, il en a modifié 30! Si c’était 4 ou 5 on aurait accepté, mais 30...” a-t-il affirmé.

Pour lui, les modifications opérées par le président d’Ennahdha ne sont pas démocratiques: “c’est une question d’attitude, on est démocrate ou on ne l’est pas. Il y a un courant démocrate au sein d’Ennahdha, et je considère que le 14 juillet, Rached Ghannouchi n’était pas démocrate” a-t-il fustigé avant de poursuivre:“Je respecte Rached Ghannouchi, je respecte tous les leaders du parti, mais les 5000 votants doivent avoir autant de respect que le président du parti. C’est ça être démocrate, c’est respecter chaque vote”

Si la crise existe, Hatem Boulabiar qualifie les décisions de Ghannouchi “de carnage! (...) Quand on élimine Samir Dilou, Abdelatif El Mekki, Abdelhamid Jelassi, ou encore Mohamed Ben Salem (...) les gens qui en font Ennahdha, je peux parler de carnage”.

Face à cette situation, une session extraordinaire du conseil de la choura a été demandée par un tiers de ses membres. Celle-ci aura probablement lieu ce samedi. “J’espère que le bureau exécutif jouera le jeu et valide la tenue de ce conseil” précise-t-il.

Interrogé sur les intentions de Rached Ghannouchi de se présenter sur Tunis 1 lors des élections législatives, Hatem Boulabiar, confirme, même s’il est personnellement contre: “Je voudrai bien qu’il y ait une alternance générationnelle. Le pays composé à majorité de jeunes, ne peut pas être géré par des septuagénaires”.

“Béji Caid Essebsi a dit le 02 juillet qu’il terminera sa mission en décembre 2019. J’espère que Rached Ghannouchi fera pareil” a-t-il appelé espérant que Rached Ghannouchi “revienne à la raison”. “Il a tenté quelque chose. C’est la première fois au sein du parti qu’il y a une telle fracture” a-t-il décrit espérant une issue probable ce samedi.

Mardi, plusieurs dirigeants d’Ennahdha ont fustigé les modifications apportées par le président du parti sur les listes qui devront se présenter aux législatives. Parmi les principales personnes touchées, l’on retrouve des figures fortes du parti à l’instar de Samir Dilou, d’Abdelhamid Jelassi, de Mohamed Ben Salem ou encore d’Abdelatif El Mekki.

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