MAROC
03/03/2019 13h:27 CET

Ce journaliste espagnol se rend au Maroc pour retrouver son iPhone volé (et y consacre un reportage)

Dérobé à Madrid, ses recherches le mènent à Sidi Slimane et Rabat.

Capture d'écran El Confidencial

VOL - Le 26 décembre dernier, un journaliste espagnol d’El Confidencial se fait dérober son téléphone portable alors qu’il est en train de dîner dans un restaurant à Madrid. Un iPhone X 256 Go qu’il venait de s’offrir. Après avoir tenté de retrouver son voleur dans la rue, de localiser son portable grâce à une application et avoir déposé plainte, le jeune homme reçoit un message: son portable est au Maroc, à Sidi Slimane. Sans hésiter, il saute dans l’avion pour tenter de le récupérer. La correspondante au Maroc du journal espagnol El Confidencial l’a accompagné lors de son périple. A-t-il retrouvé son portable?

Avant de prendre cette décision, le Madrilène s’était renseigné. D’après la Guardia Civil, 800 téléphones sont volés chaque jour en Espagne et les 300.000 appareils volés chaque année se retrouvent tous sur le marché noir. “Par le biais d’une connaissance, j’ai parlé à un agent spécialisé dans les téléphones volés. ‘Nous savons seulement que la plupart des téléphones volés dans le centre de Madrid finissent par être vendus à l’étranger, en particulier au Maroc. Mais nous n’avons pas réussi à comprendre comment les réseaux sont organisés ni comment les téléphones sortent d’Espagne’”, raconte l’Espagnol dans le long format publié sur El Confidencial, mais aussi dans une vidéo qui résume ce périple et ce reportage peu banal. 

Très vite après le vol, il reçoit des mails d’Apple lui demandant ses identifiants et mots de passe afin d’utiliser son iPhone. Lui, de son côté, contacte Apple: qu’il se rassure, personne ne pourra utiliser son portable. Lassé et après “avoir tout essayé physiquement, techniquement et technologiquement, je me rends compte que je ne dispose que d’une dernière option pour le récupérer: prendre un avion”.

En route pour Rabat

En janvier dernier, il atterrit à Rabat, où il rejoint Rebeca Hortigüela, correspondante d’El Confidencial au Maroc. ”Nous nous sommes rendus à Sidi Slimane, la ville où mon téléphone a été activé pour la dernière fois, à une heure et demie de route de l’aéroport”, raconte-t-il.

Arrivé dans la ville du nord-ouest, il scrute les vitrines des boutiques de téléphone. Rien. Sous conseil, il se rend dans un centre commercial “où il y a quatre magasins d’électronique”. On lui indique que le seul iPhone X 256 Go de la ville, comme le sien, se trouve ici. Faux espoir. “Je regarde dans le boîtier, je le vérifie. Les fonctionnalités apparaissent sur l’écran et ... rien, ce n’est pas mon numéro de série”, dit-il.

Le jeune homme ne se laisse pas abattre. Il décide de rejoindre Larache où, il y a un an, un Espagnol avait déjà retrouvé son téléphone volé. Il essaye de retrouver le vendeur de ce téléphone, “propriétaire d’un magasin de réparation et de vente de produits électroniques. J’essaie de le localiser pour commencer quelque part. (...) Aucune trace”. Munis d’une liste l’Espagnol et la journaliste font le tour de six magasins qui pourraient avoir son téléphone volé. Ils passent également en revue tous les stands et étals d’électroniques.

“Autour de nous, tout le monde a un smartphone, pas tous bas de gamme même si le salaire moyen des Marocains est de 200 euros par mois, remarque-t-il. ”Les modèles les plus anciens sont généralement dans la rue, sur une couverture ou une vieille vitrine. Les nouveaux apparaissent généralement dans des magasins plus beaux. Bien qu’il n’y ait pas de chiffres exacts sur le nombre de mobiles volés en Espagne ou en Europe qui entrent au Maroc, des agents des douanes ont découvert début février 300 mobiles dans le port de Tanger Med”.

Alors qu’il n’y a toujours pas le téléphone volé en vue, le jeune Espagnol est interpellé par un vendeur. Il lui assure que les portables “haut de gamme” qui sont volés “se retrouvent dans les grandes villes, telles que Rabat”. Retour au point d’arrivée.

Dans la capitale, il arpente la médina et sa “zone spécifique réservée aux appareils électroniques: une rue d’au moins un kilomètre où les magasins et les stands mobiles à roues partagent la lumière avec d’autres locaux”. Il ne trouve toujours rien, et décide de se rendre au marché Joutia Bab El Had, “un labyrinthe plein de téléphones portables d’occasion”. “Combien sont volés?”, se demande-t-il. Il teste des téléphones: tous sont ré-initialisés. Entre temps, son ami s’est aussi fait voler son portable et l’a localisé, lui aussi au Maroc. 

Dernière solution: se renseigner auprès de la gendarmerie marocaine. Cette dernière n’a pas connaissance d’un réseau qui trafiquerait les téléphones volés en Espagne. Il va devoir se faire à l’idée: il ne retrouvera pas le sien. “L’avion atterrit à Madrid et j’allume mon nouveau téléphone acheté en Espagne. Un Android”, conclut-il. Mais il n’a pas tout perdu: son périple lui a permis de découvrir le marché de téléphones de seconde-main au Maroc. Loin des sentiers touristiques.