TUNISIE
23/04/2019 13h:56 CET | Actualisé 24/04/2019 10h:20 CET

Ce chimiste tunisien, immigré au Québec, qui rêve de révolutionner le recyclage du plastique

L'histoire d'une success story hors-norme ... Il a développé une technologie en voie de convaincre des géants industriels comme Coca-Cola, Pepsi, Unilever, L'Occitane et Danone.

chaiyapruek2520 via Getty Images

“Rien ne se perd, rien ne se crée: Tout se transforme”. C’est sans doute la devise de la famille Essadam, installée depuis près de huit ans au Québec.

Son histoire est celle d’une immigration réussie et d’un savoir-faire exceptionnel dont raffolent des géants de l’industrie comme Pepsi, Coca-Cola, l’Oréal, Unilever et Danone. Une belle success story! 

Un véritable conte de fées! 

Tout a basculé en 2011. Arrivé au Canada, dans la foulée du printemps arabe, le chimiste tunisien Hatem Essadam, accompagné de son épouse et ses trois enfants, a tenté de refaire sa vie “dans cette terre francophone visiblement moins complexe que la France” rapporte le quotidien canadien, Le Devoir, dans un article publié le 20 avril 2019. 

Passionné par la transformation des matières résiduelles, Hatem voit déjà grand. Il espérait développer une nouvelle technologie pour recycler le plastique, notamment utilisé dans la fabrication de bouteilles de plastique.

“Après près de deux années à bidouiller avec les éprouvettes dans un garage (...) le chimiste convainc l’entrepreneur Daniel Solomita, un entrepreneur déjà investi dans le recyclage, de la faisabilité de son procédé de ‘métamorphose’ du plastique usé en plastique 100% pur”, précise la source.

À l’époque, le chimiste et son partenaire, “ont construit un laboratoire de fortune, fabriqué avec des produits achetés à la quincaillerie locale, dans le but d’y faire des expériences”, précise le site Les Affaires

Après un an, le duo réussit un exploit et parvient à recréer du plastique vierge. Il a mis au point un procédé qui “permet de briser les chaînes des différents polymères, de les purifier des impuretés (étiquettes, aluminium, résidus alimentaires, etc.) pour retrouver et séparer les composants chimiques solide et liquide utilisés à l’origine, afin de recréer du nouveau plastique de haute qualité”, explique Hatem. 

Séduit, Daniel Solomita fonde, ainsi, Loop Industries en 2015 et rassemble 3 millions de dollars pour amener ce procédé expérimental au mode industriel.

Quatre ans plus tard, “les idées et le flair d’Hatem et Daniel ont fait des petits. Cotée en Bourse, Loop Industries brasse maintenant des affaires avec les plus grands producteurs de bouteilles de plastique PET au monde, qui desservira notamment les géants Coke, PepsiCo et Danone en plastique ‘Loop’.”

La passion de Hatem pour la chimie semble contagieuse. Deux de ses fils lui ont emboité le pas, le troisième ayant préféré la Finance pour pouvoir chapeauter le tout. “Ils ont réussi à bonifier l’invention paternelle pour accoucher d’un procédé simplifié ne requérant ni chaleur ni eau”.

“C’était tellement une réussite qu’on a fermé en 2016 tous les livres sur la première génération du procédé, et repris le travail le lundi suivant en mettant toutes nos énergies sur la deuxième génération”, confie Daniel Solomita au quotidien Le Devoir. 

Les géants de l’industrie émerveillés par son génie 

Selon Les Affaires, le géant Coca-Cola a été séduit par la technologie révolutionnaire, poussée par le duo. Il a, d’ailleurs, conclu en novembre 2018 un accord avec Loop Industries pour la fourniture de plastique recyclé, qui sera utilisé dans la fabrication de ses bouteilles.

De plus, Pepsi, Unilever, L’Occitane et Danone, ont conclu, à leur tour, des accords avec Loop ces derniers mois. Chose qui a poussé les fondateurs à construire une nouvelle usine en Caroline du Sud afin de répondre à la demande croissante.

Cette technologie qui tente de révolutionner la façon de fabriquer le plastique en le rendant “recyclable à l’infini” et de haute qualité a encore de beaux jours devant elle. 

D’après Ali Nazemi, professeur au département de chimie de l’UQAM, “Loop Industries peut permettre non seulement à de grandes entreprises comme Pepsi de réduire leur empreinte environnementale en évitant d’utiliser du pétrole dans leur fabrication, mais aussi d’entraîner “une petite révolution” dans le monde des bouteilles de plastique.

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