MAROC
14/04/2019 14h:31 CET

Casablanca: Un centre pour la réinsertion des sans-abris verra le jour d'ici deux ans

La Fédération nationale des promoteurs immobiliers a proposé un partenariat à l'association Jood.

FADEL SENNA via Getty Images
Un jeune sans-abri dans une rue de Tanger, janvier 2016.

SOLIDARITÉ - Un partenariat comme on n’en voit pas tous les jours. Jeudi 11 avril, à l’occasion de l’ouverture du salon Immogallery à Casablanca, l’association Jood, qui met tout en oeuvre pour aider les sans-abris du Maroc, et la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI) ont signé une convention de partenariat. Ensemble, ils porteront le projet d’un centre dédié à l’insertion des sans-abris et leurs formations aux différents métiers du bâtiment.

“Ce centre faisait partie de nos objectifs”, rappelle au HuffPost Maroc la présidente de l’association, Hind Laidi. Déjà pleine de projets, dont la récente ouverture d’une antenne à Rabat, la mise en route d’un camion-douche et la création d’une application pour recenser les sans-abris, Jood prévoyait la création d’un centre d’adaptation à partir de 2021. Grâce à la fédération, elle est désormais sûre que le projet verra le jour. 

“La fédération nous a contactés pour un éventuel partenariat. Quand ils ont vu, dans nos objectifs, la création du centre, ils ont tout de suite été enthousiastes”, ajoute la présidente. Ce 11 avril, elle s’est engagée à construire le centre et initier les sans-abris aux métiers du bâtiment pour pouvoir les recruter. “Je suis très reconnaissante envers la FNPI d’avoir choisi Jood comme partenaire”, tient à souligner Hind Laidi. 

Reste à trouver le terrain pour Jood. “Nous espérons avoir un espace de 1 hectare dans un rayon de 30 km autour de Casablanca afin que les bénéficiaires soient en plein air, puissent faire du sport, en plus des autres activités. Ils doivent aimer la vie dans ce centre pour s’y investir et réussir”, ajoute la présidente. 

100 bénéficiaires par an

Le centre accueillera 50 personnes sur 6 mois de programme chaque année. Soit 100 bénéficiaires par an avec un double objectif: l’adaptation et la formation. Indispensables pour la réinsertion dans la société. “Les personnes qui sont nées dans la rue et qui n’ont connu que la rue sont formatées de A à Z. Elles n’ont pas, comme monsieur tout le monde, l’habitude d’être réglées quand vient l’heure du déjeuner, sur les heures de sommeil, pour aller en classe, etc”, raconte Hind Laidi. Dans le centre, des anciens militaires viendront apprendre ou ré-apprendre aux bénéficiaires à retrouver le rythme de vie le plus normal possible. 

A côté donc, les sans-abris auront droit à une formation dans les métiers du bâtiments. Mais Jood prévoit également de mettre des psychologues et psychiatres à leur disposition dans le centre où les 16-26 ans seront particulièrement visés. “Les jeunes de la rue sont tous dépendants à la colle”, rappelle la présidente. Avec les psychiatres, ils pourront débuter un sevrage et même aller plus loin. “Le but est de leur redonner confiance en eux et de leur faire de nouveau croire en un lendemain différent. A la possibilité d’avoir une vie comme les autres, une maison, une voiture, des enfants etc”. Une cellule juridique sera également installée dans le centre afin de faire ou refaire les pièces d’identité des sans-abris. 

Si tout va bien, le centre pourrait ouvrir dès 2021. Avant et après, rien ne changera dans les actions de l’association, qui continuera à nourrir les sans-abris, à leur apporter vêtements, couvertures, leur permettre de se laver avec le camion-douche qui démarrera d’ici 4 à 6 semaines et à être à leur écoute. Désormais, “les particuliers et les entreprises commencent à penser à leurs devoirs et pas seulement à leurs attentes. Les gens et les sociétés commencent à s’investir pour améliorer la vie en communauté. On ne reste plus spectateur, aujourd’hui”, souligne Hind Laidi. De quoi donner de l’espoir pour assurer la dignité des sans-abris.