MAROC
04/04/2019 09h:37 CET

Carlos Ghosn re-arrêté au Japon sur de nouveaux soupçons

Un rebondissement qui intervient alors que Carlos Ghosn a annoncé mercredi qu’il prévoyait une conférence de presse le 11 avril.

CARLOS GHOSN - Nouveau rebondissement. Des membres du bureau des procureurs de Tokyo sont entrés jeudi 4 avril au matin au domicile de Carlos Ghosn dans la capitale japonaise dans le but de le ré-arrêter sur de nouvelles accusations, ont annoncé des médias japonais en montrant des images.

Une tenture grise avait été dressée devant l’entrée de l’immeuble où réside l’ancien magnat de l’automobile, selon des images diffusées notamment par la chaîne de télévision publique NHK. Ce rebondissement intervient alors que Carlos Ghosn a annoncé mercredi via Twitter qu’il prévoyait une conférence de presse le 11 avril.

Selon la télévision publique japonaise, un tel développement est “extrêmement rare” au pays du soleil levant. 

 

KIM KYUNG HOON / REUTERS

Les enquêteurs sont arrivés sur place un peu avant 06H00 locale (mercredi 21H00 GMT) et une voiture a quitté les lieux environ une heure plus tard, d’après le direct diffusé sur la chaîne Nippon TV.

Selon le journaliste de cette télévision privée, Carlos Ghosn était à bord. Peu après, un journaliste de l’AFP sur place a vu trois hommes en costume sombre montant la garde devant l’issue du parking de l’immeuble et un policier en patrouille, tandis que des dizaines de journalistes étaient rassemblés non loin.

 

JIJI PRESS VIA GETTY IMAGES
JIJI PRESS VIA GETTY IMAGES

Aucune confirmation des autorités n’était cependant disponible. Déjà sous le coup de trois inculpations pour déclarations inexactes de revenus sur les années 2010 à 2018 dans des documents remis par Nissan aux autorités financières et pour abus de confiance, Carlos Ghosn avait été libéré sous caution le 6 mars.

Une arrestation “révoltante et arbitraire” 

Dans la foulée, Carlos Ghosn a dénoncé une arrestation “révoltante et arbitraire” dans un communiqué transmis à l’AFP. 

“Pourquoi venir m’arrêter alors que je n’entravais en rien la procédure en cours sinon pour me briser ?”, lance-t-il. Et d’ajouter: “Je suis innocent de toutes les accusations infondées portées contre moi et des faits qui me sont reprochés”. 

Son avocat Junichiro Hironaka s’est lui aussi insurgé contre de telles méthodes: “Nous ne comprenons pas pourquoi ils ont besoin de le placer en détention. (...) C’est extrêmement injuste”.

Il est à présent soupçonné d’avoir utilisé la réserve du PDG de Nissan pour des transferts d’argent à un distributeur de véhicules Nissan à Oman, montants dont une partie lui serait revenue indirectement, selon une source proche du dossier.

Il l’aurait notamment utilisé ces fonds pour acheter un yacht et investir dans une société dirigée par son fils aux Etats-Unis.

Des flux financiers similaires ont été signalés ces derniers jours par Renault à la justice française, à l’issue d’une enquête interne du constructeur. 

Le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine), qui avait déjà été saisi sur d’autres éléments, a ouvert une enquête sur le financement du mariage de Carlos Ghosn au château de Versailles en octobre 2016.

L’audit de la filiale commune de Renault et de son partenaire japonais Nissan, RNBV, basée aux Pays-Bas, a par ailleurs soulevé de “sérieux questionnements” quant à la conformité de plusieurs millions d’euros de dépenses, a annoncé mercredi Renault à l’issue d’un conseil d’administration.

Compte tenu du contexte et du fait que Carlos Ghosn a démissionné en janvier de la présidence de Renault alors qu’il était incarcéré au Japon, la marque au losange a décidé de priver son ancien patron de “retraite-chapeau” comme ancien membre du comité exécutif.

Le dirigeant franco-libanais-brésilien a également été révoqué de la présidence de Nissan, et une assemblée générale extraordinaire d’actionnaires devrait lundi révoquer son mandat d’administrateur, coupant tous ses liens avec l’entreprise qu’il a naguère sauvée de la faillite.

Cet  article a initialement été publié sur Le HuffPost France.