11/01/2019 10h:50 CET | Actualisé 11/01/2019 10h:50 CET

Carlos Ghosn inculpé de nouveau pour abus de confiance et revenus minorés

Nissan, également mis en examen ce vendredi, a annoncé avoir mis fin aux baux de ses deux appartements à Tokyo et Paris.

ERIC PIERMONT via Getty Images

GHOSN - Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, en détention au Japon depuis son arrestation en novembre, a fait l’objet ce vendredi 11 janvier de deux nouvelles inculpations.

Le parquet a décidé de le poursuivre pour abus de confiance et pour avoir minoré ses revenus dans des rapports boursiers de Nissan entre 2015 et 2018. Il a déjà été mis en examen, le 10 décembre, pour avoir déclaré des rétributions amoindries sur les cinq années précédentes.

Son bras droit Greg Kelly, relâché sous caution le 25 décembre, a aussi été inculpé pour le deuxième motif, tout comme le constructeur d’automobiles nippon, en tant qu’entité morale ayant remis les documents incriminés.

Le principal avocat de Carlos Ghosn, Motonari Otsuru, a annoncé qu’il allait demander la libération sous caution de son client: “Je vais déposer une requête de libération sous caution”, a-t-il dit dans un bref communiqué.

Plus d’appartement à Tokyo et Paris 

De le même temps, le constructeur d’automobiles japonais Nissan a aussi de nouveau été mis en examen ce vendredi pour sa responsabilité dans la dissimulation de revenus reprochée à son ancien PDG sur la période 2015 à 2018, a annoncé le tribunal de Tokyo.

Nissan, mis en cause en tant qu’entité morale ayant remis les rapports boursiers incriminés, avait déjà été inculpé le 10 décembre pour le même motif, mais sur les cinq années précédentes.

Par ailleurs, selon Reuters ce vendredi, le constructeur aurait résilié le bail de l’appartement à Tokyo de Carlos Ghosn et a arrêté de payer le loyer de celui qu’il possédait à Paris.

“Nissan entend aussi mettre fin aux autres contrats qui permettaient à Carlos Ghosn de disposer de logements dans différentes villes du monde, dont le bail d’un appartement à Amsterdam, a-t-on appris d’une source proche du dossier”, annonce également l’agence de presse.

Son état de santé inquiète 

Selon le parquet, l’abus de confiance est caractérisé par sa tentative de faire couvrir par Nissan “des pertes sur des investissements personnels” au moment de la crise financière d’octobre 2008. La somme incriminée s’élève à 1,85 milliard de yens (15 millions d’euros).

Pour résoudre ce problème financier, il aurait obtenu qu’un milliardaire saoudien, Khaled Juffali, se porte garant et lui aurait ultérieurement versé de l’argent issu de la “réserve du PDG”. C’était pour services réellement rendus envers Nissan, argue Carlos Ghosn.

Depuis son arrestation le 19 novembre à Tokyo, le dirigeant de 64 ans se trouve dans un centre de détention du nord de la capitale. Il souffrait mercredi soir d’une forte fièvre, qui a contraint les enquêteurs à suspendre les interrogatoires. Mais elle était retombée vendredi, a indiqué son avocat Motonari Otsuru.

Son épouse Carole Ghosn, qui avait jusqu’ici gardé le silence, s’était inquiétée jeudi dans un communiqué de son état de santé, déplorant “de dures conditions de détention et un traitement injuste”. “Nous sommes anxieux”, a-t-elle ajouté.

Une libération reste peu probable

Outre ces nouvelles mises en examen, le parquet peut en théorie décider de lui infliger un quatrième motif d’arrestation, alors que de nouvelles révélations sont apparues ces derniers jours dans les médias. Carlos Ghosn serait alors replacé en garde à vue pour 48 heures, extensible deux fois dix jours à condition que le tribunal donne son approbation.

Dans tous les cas, sauf surprise, et ce dossier en a déjà réservé quelques-unes tant le suspect est atypique, une libération imminente semble peu probable, de l’avis même de l’équipe de défense, dont les précédentes demandes ont été retoquées.

Cet article a initialement été publié sur le HuffPost France.