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23/03/2019 14h:41 CET | Actualisé 23/03/2019 14h:41 CET

Cantar, cantar

Reuters

Un hirak chaabi d'El Djazair (soulèvement populaire algérien) et des vieilles recettes pour légitimer le pouvoir ne suffisent plus, ni en interne, ni en externe. Ils ont eu la rente pétrolière confisquée à l’Indépendance pour acheter la paix sociale durant des décennies, jusqu’à arriver à mettre en scène un cadre et un fauteuil roulant ... et une "opposition Potemkin, de façade" comme dirait François Gèze.

La génération 90 a voulu arriver par les urnes et elle en a été empêchée par la force et la violence. L’Algérie comme le Liban ont une blessure, la guerre civile et c’est cette blessure qui a fait éclore le pacifisme des marches.

Une contestation pacifique organisée de manière horizontale, qui refuse l’arrogance du pouvoir inscrite dans son ADN. Arrogance qui a été l’étincelle dans une société fragilisée depuis la chute du prix du pétrole de cet Etat rentier et mafieux "dans une économie comme un bateau ivre" qui exclut sa jeunesse, qui ne veut pas de transition par le haut, ont analysé l’historienne Karima Direche et l’économiste El Mouhoub Mouhoub.

Alors ? Alors on se fait le brunch pré-manif du vendredi matin, on prépare les post-its, on nomme la place du 22 février 2019 et on continue de voler à la mer le chagrin des jours passés !

On marche au milieu des slogans "la pluie aujourd’hui plutôt que la mer demain", "Klitou lebled y'a seraquins", "Prolongez le mandat, on prolonge le combat", "le système est carié chez les manifestants dentistes", des drapeaux algériens, parfois palestiniens pour dire on ne vous a pas oublié et qu’un palestinien voit quelque part dans le monde et remercie, on fait silence devant les hôpitaux et on chante !

Alors ? Alors on libère les endorphines, on prend le plaisir de la répétition, on anticipe les paroles, le rythme, on écoute en boucle et surtout de la place Audin, au tunnel des facultés Cantar Cantar !

Cantar avec l’incontournable El Mouroudia

Le premier [mandat], on dira qu’il est passé

Ils nous ont eu avec la décennie [noire]

Au deuxième, l’histoire est devenue claire

La Casa d’El Mouradia [quartier où se trouve le palais présidentiel]

Au troisième, le pays s’est amaigri

La faute aux intérêts personnels

Au quatrième, la poupée est morte et

L’affaire suit son cours

C’est l’aube et le sommeil ne vient pas

Je consomme à petites doses

Quelle en est la raison ?

Qui dois-je blâmer ?

On en a assez de cette vie

Cantar avec Gnawa,

ça y est خلاصت لحكاية . سكتنا 20 سنا كفاية

خلاصت الحفلة يا وجوه الغملة . و قريب تفيض عليكم الحملة

و الله ما نزيدو معاكم دقيقة . من 62 و حنا بالشقيقة

وعرفنا ساسكم tchippa و السريقة . وعروقو مازالها عميقة

قلتولنا، نزيدو نص demi mandat باش تكملو بيناتكم partie روندة

خنتوالعهد و ماشي غير عهد ة 20 سنة و نتوما القلة باردة

حصلنا معاكم راكم رشقتو هنا . و حوتكم périmé يا القلاية

و ليوم l'Algérie وقفت على ضربة. نساء و رجالو شبان من كل جهة

Ça y est c'est un gouvernement. Nous avons assez de 20 ans.

La fête est finie, les visages de la phrase. Et un proche qui vous déborde de campagne

Et Dieu n'est pas avec vous une minute. De 62 et on a la sueur

Et nous avons appris votre taille et votre style. Et ses blagues sont profondes.

 

Cantar avec la rappeuse Raja Meziane  qui reprend le slogan des jeunes opposés au système, un système aux abonnés absents.

Nous voulons une République… une démocratie populaire… pas une monarchie.

Les gens ont assez souffert, ils en ont marre de vous. Nous sommes le déluge, voua feriez mieux de déguerpir, bandes voyous.

 

Cantar cantar !