MAROC
19/05/2018 20h:09 CET

Cannes 2018 : A votre avis, combien de films respectent VRAIMENT l'égalité homme-femme ?

En se basant sur le test de Bechdel.

Jean-Paul Pelissier / Reuters

FESTIVAL DE CANNES - Sept mois après le lancement du mouvement #MeToo outre-Atlantique et alors que les femmes de l’industrie du cinéma se battent pour l’égalité salariale, les films présentés à Cannes cette année méritaient d’être regardés sous un prisme différent: celui de l’égalité hommes-femmes.

Cette année, le Festival de Cannes a mis beaucoup d’énergie à prouver son engagement pour cette égalité en nommant notamment Cate Blanchett en présidente d’un jury totalement paritaire puisqu’il est composé de 4 hommes et 4 femmes.

Le HuffPost a choisi d’aller plus loin et de faire passer le célèbre test de Bechdel à chacun des 21 films sélectionnés en compétition officielle. Ce test, imaginé en 1985 par Alison Bechdel dans sa BD “Lesbiennes à suivre”, a été créé pour souligner le manque de personnages féminins dans les films.

33 ans après sa création le test de Bechdel est toujours d’actualité pour rendre compte du manque d’égalité homme-femme dans les productions. Il est devenu très populaire en 2016 grâce au site Polygraph qui l’a fait passer à 4000 œuvres dont 40% ont échoué. Depuis, un “Bechdel Club” a été créé en France. Il met régulièrement des films cultes à l’épreuve de ce test.

Le principe est simple: lors de chaque projection, nous nous sommes posés les trois questions du test:

1. Y-a-t-il aux moins deux personnages féminins qui portent un nom?
2. Ces deux personnages parlent-ils ensemble?
3. Si oui, ces femmes parlent-elles d’autre chose que d’un homme?

Si la réponse est oui à chacune de ces interrogations, le test est réussi. Sinon le film est recalé.

Sur les 21 films en compétition, 13 films ont réussi le test, 8 ont échoué. Retrouvez notre récapitulatif dans le tableau ci-dessous.

Le HuffPost

Certains films n’ont pas d’excuses

Après ce résultat mitigé, il est important de souligner les limites de ce test. Selon l’histoire raconté par le réalisateur ou la réalisatrice, un genre peut-être particulièrement mis en avant. Par exemple, le film de Spike Lee, “BlackKklansman”, a échoué au test notamment car il présente une histoire sur le Ku Klux Klan qui, comme le réalisateur nous l’a fait remarquer, est un organisme “racisme mais aussi sexiste”. Malgré tout, le cinéaste réussit à créer deux beaux rôles de femmes.

C’est tout l’inverse pour Eva Husson dans son film “Les filles du soleil” qui se concentre uniquement sur les femmes. Certes, il met en scène un groupe de combattantes kurdes mais cela ne l’empêchait pas de donner un peu de relief à ses personnages masculins.

D’autres films qui n’ont pas passé le test ont moins d’“excuses” à l’instar de “Leto”, “Burning” ou “Under the silver lake”. Le premier raconte l’histoire du musicien russe Viktor Tsoï, le deuxième une histoire d’amour contrariée et le troisième, la disparition curieuse d’une femme. Des sujets qui ne justifiaient pas une sur-représentation du masculin, et pourtant...