MAROC
08/07/2019 09h:58 CET

CAN 2019: Nous avons vécu l'élimination du Maroc avec des étudiants subsahariens

Dans la cité universitaire de Rabat, où sont hébergés des milliers d’étudiants étrangers.

FOOTBALL - Que l’on soit marocain, béninois, ivoirien ou encore malien, au moins une chose unit le temps d’une soirée de football à la Cité universitaire de Rabat (CUI): être africain et amoureux du football. Le HuffPost Maroc s’est rendu vendredi 5 juillet dans ce lieu où sont hébergés des milliers d’étudiants étrangers dont beaucoup d’Africains pour suivre le match Maroc-Bénin.

Installé tranquillement au premier rang devant la télé, Prince, un étudiant béninois, déguste chaque moment du match. Drapeau de son pays sur les épaules, il est le seul Béninois à suivre le match parmi la centaine d’étudiants présents dans la cafétéria de la cité. Ces derniers, persuadés que le Maroc joue face à une petite équipe, sont clairement du côté des Lions de L’Atlas. “Le Maroc, c’est quand même là où j’ai vécu cinq ans, il y a un certain attachement avec ce pays, c’est normal qu’on le supporte”, lance Amadou, étudiant sénégalais de 25 ans.

″Ça fait six ans que je suis au Maroc, je supporte clairement le Bénin, mais si le Maroc gagne, ça me fera plaisir aussi. J’ai passé une grande partie de ma vie ici. On se qualifie pour la première fois en huitièmes de finale, c’est déjà un exploit pour notre petit pays, on est obligés de les pousser jusqu’au bout. On a les Marocains en face, on ne l’aurait pas souhaité mais on n’a pas le choix maintenant, pour moi ce sont les favoris” nous confie Prince. “On verra bien, si on doit perdre, que ça soit sur un petit score!” ajoute-t-il.

Hanane El Arjoun/HuffPostMaroc

Prince, véritable amoureux du ballon rond, connait très bien le football marocain, lui qui supporte le Raja de Casablanca. “J’aime bien le football marocain, je suis un fan du Raja, je regarde souvent les matchs de la Botola, je connais très bien les noms des joueurs et des équipes”, affirme-t-il fièrement.

A la 52ème minute de jeu, le Bénin marque d’un corner. Sans surprise, Prince est le seul à sauter de joie dans la salle, alors que les autres étudiants le félicitent, eux qui espèrent la victoire du Maroc. Il explose de joie. ”C’est un moment historique, j’espère que le match finira sur un bon score”, lance-t-il.

Malgré une vraie domination et possession de balle, les Lions de l’Atlas n’arrivent pas à cadrer leurs frappes. Une situation qui stresse de plus en plus ceux et celles qui attendent une victoire du Maroc. À la 75ème minute, Youssef En-Nesyri égalise et c’est toute l’ambiance qui change dans la salle. Tous se lèvent comme un seul homme, fous de joie, applaudissent, chantent et dansent.

Le temps réglementaire touche à sa fin. On revient vers Prince, qui de loin apparait stressé à l’idée d’aller vers les prolongations. “Ce match va soit mal soit bien se finir pour moi. Je veux que ça finisse le plus tôt possible, c’est stressant” lance-t-il inquiet.

Après des prolongations stériles, c’est l’heure de passer à la séance des tirs au but. Tout le monde est debout, sur les nerfs. Soufiane Boufal et Youssef En-Nesyri ratent deux buts alors qu’Oussama Idrissi marque l’unique but des Lions. Les joueurs du Bénin, eux, ont réussi à mettre quatre buts dans les filets de Yassine Bounou, signant ainsi une qualification historique pour les quarts de finale de la CAN et une fin d’aventure pour le Maroc. Prince n’arrivant pas à croire que son pays a vaincu le Maroc, quitte la salle avant tout le monde. Selon ses camarades, il est parti rejoindre ses amis béninois habitant comme lui à Rabat.

“C’est incroyable, on était presque sûrs que le Maroc allait gagner”, nous confie Anaelle, une étudiante tchadienne. ”Je ne m’y attendais vraiment pas. Mais bon, je pense aussi que le Maroc n’a pas de chance, aujourd’hui ils étaient meilleurs”, ajoute-t-elle.