ALGÉRIE
09/04/2015 12h:15 CET | Actualisé 10/04/2015 10h:02 CET

Les raisons de l'échec de la candidature algérienne à la CAN 2017 (audio)

ASSOCIATED PRESS
Le Président de la FAF, Issa Hayatou, annonçant le résultat du pays hôte de la CAN 2017 au Caire.

Comment expliquer l’échec de la candidature algérienne à l’accueil de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2017? C’est la question que tous les Algériens se posent au lendemain du vote des membres de la Confédération africaine de football (CAF), mercredi 8 avril au Caire, en faveur du Gabon.

Perte d’influence, réseaux diplomatiques obsolètes, retards techniques, corruption, affaire Ebossé, les raisons à ce cinglant échec - qualifié, tour à tour, de "camouflet", "gifle" voire "Bérézina" du fait de la confiance avancée par les dirigeants sportifs et politiques dans le dossier – sont diverses, comme en témoignent les discussions animées des journalistes du CPP sur Radio M, ce jeudi 9 avril.

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En attendant le retour de la délégation algérienne du Caire qui devrait livrer les détails du vote permettant de comprendre l’échec de la candidature de l’Algérie, les raisons exactes demeurent floues.

"On ne sait pas sur quel terrain ça s’est joué", a déclaré le journaliste Abed Charef: "sur un plan diplomatique, émotionnel et sportif avec l’affaire Ebossé, d’influence avec la mort des réseaux de Raouraoua, le Président de la Fédération algérienne de football (FAF), n’y aurait-il pas une grève de l’appareil qui gère toutes ces candidatures ou l’Algérie n’a-t-elle pas versé les pots de vin là où il faut?"

"La raison n’est sûrement pas l’affaire Ebossé", a estimé El Kadi Ihsane pour qui l’explication est à chercher ailleurs. "C’est une affaire Gao bis", a-t-il jugé, "moins dramatique", certes, mais qui révèle une lecture "anachronique et dépassée des événements" et "des rapports de force des réseaux inadaptés".

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Diplomatie "à l’ancienne"

"A Gao, le DRS a pensé que les forces qui étaient en train de prendre la ville étaient des forces amies or il y avait parmi elles le Mujao qui n’était pas une force amie", a rappelé El Kadi Ihsane. "Ça a été une erreur de lecture tragique".

"Au Caire, la diplomatie qui s’est mise en route a fonctionné à l’ancienne", a poursuivi le directeur de Maghreb Emergent. "L’Algérie a agi sur les réseaux de Messahel qui a été voir les responsables maliens pour essayer d’avoir la voix malienne puis les responsables tchadiens pour avoir la voix tchadienne et ainsi de suite. Ce n’est plus comme ça que ça fonctionne, les membres du comité exécutif de la CAF sont plus sensibles à l’agent de Bongo qui vient avec une valise qu’aux arguments de la tutelle politique à l’ancienne".

L’ombre de la corruption

L’échec de candidature algérienne serait peut-être rassurant a ironisé Saïd Djaafer. "Si l’Algérie n’a pas eu la CAN, c’est peut-être un signe qu’elle n’a pas graissé la patte aux membres de la Confédération", a déclaré le directeur du Huffington Post Algérie, ajoutant qu’il est de notoriété publique que c’est l’argent qui décide dans ses instances sportives.

"On a deux hypothèses: la plus vertueuse serait que l’Algérie n’a rien dépensé en terme de corruption, la moins glorieuse serait que l’Algérie a dépensé de l’argent mais pas là où il faut".

Problème d’image

Les relations à l’Afrique sont aussi à interroger dans cet échec a, de son côté, affirmé Abed Charef. "Le regard des Algériens vis-à-vis des Africains n’est pas très positif pour ne pas dire parfois franchement raciste", a souligné le journaliste, en évoquant l’opération de rapatriement massif de migrants nigérians illégaux organisée par les autorités.

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"Le Président de la République Abdelaziz Bouteflika n’a effectué aucune visite d’Etat dans un pays africain en seize ans de mandat", a rappelé Khaled Drareni.

"Notre pays souffre d’anachronisme", a ajouté Saïd Djaafer. "Le régime algérien fonctionne encore sur l’ancien modèle où l’image de l’Algérie en Afrique était très forte grâce au capital de la guerre de Libération. Le problème est qu’aujourd’hui, ce modèle est tout à fait dépassé alors que les autorités restent figées dedans".

Retard technique

Enfin, l’important retard des travaux publics pourrait avoir pesé dans cet échec, a avancé El Kadi Ihsane. "Au moment où la délégation de l’Algérie est a été plaider la candidature au Caire, il n’y avait aucun stade de prêt : le stade du 5 juillet est en réfection, le stade olympique d’Oran est en chantier depuis sept ans et n’est toujours pas livré et celui de Baraki est très en retard aussi".

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