TUNISIE
10/06/2019 10h:00 CET | Actualisé 10/06/2019 10h:17 CET

Campagne électorale: Et si le déclic venait des questions environnementales pour Youssef Chahed?

Et si le meilleur moyen, pour Youssef Chahed, de réussir à galvaniser la dynamique qu’il engendrait à ses débuts, était de rester seul?

FETHI BELAID via Getty Images

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a annoncé lors du dialogue national sur l’énergie deux choses très importantes: D’abord que la Tunisie tirera 25% de ses besoins des énergies renouvelables d’ici 2020 mais aussi l’entrée en service de la première centrale photovoltaïque d’ici juillet 2019. Peut-être pas les mesures les plus populaires à annoncer en cette année électorale, mais l’histoire saura remercier ce gouvernement pour ces avancées.  

Un progrès à diversifier

En décembre 2018, j’écrivais un billet sur le désastreux bilan économique de Youssef Chahed et de son gouvernement. Néanmoins, il faut rendre à César ce qui appartient à César: concernant l’enjeu le plus important du XXIe siècle, ce gouvernement m’a donné tort. Le rapport de la Banque mondiale, publié en décembre 2018, traitant des “Indicateurs sur les politiques publiques en matière d’énergie durable” constate que la Tunisie est parvenue à mettre en place “un cadre règlementaire solide en matière d’énergies renouvelables”. Mais pas que!

Un objectif a été établi depuis l’an dernier: atteindre les 30% de part d’énergies renouvelables dans la production électrique d’ici 2030. Les moyens? Des projets tels que le centrale photovoltaïque de Tozeur sur une superficie de 20 hectares et qui évitera la consommation de 3,4 tonnes de gaz.

Ce progrès reste néanmoins mitigé étant donné que cette ambition écologique affichée par le gouvernement ne s’étend pour l’instant qu’à la production d’électricité. Il faudrait envisager rapidement d’étendre la lutte contre l’empreinte carbone au cercle privé. Cela peut passer par plusieurs mesures: Imposer aux entreprises une régulation stricte quand il s’agit de la pollution atmosphérique et subventionner lourdement les voitures électriques (et progressivement stopper la subvention du carburant). 

Néanmoins, restons positifs!

Si cette conscience environnementale nouvelle s’est emparée du gouvernement, on peut espérer voir prochainement ces dernières mesures s’installer aussi chez d’autres candidats.

Desintéréssé

Depuis quelques mois, Youssef Chahed dégringole dans les sondages. En Mars, il passe sous la barre des 20% et désormais il est crédité entre 7% et 9% des intentions de vote. Le moins que l’on puisse dire c’est que la baraque est en feu et que tous les moyens sont bons pour sauver le soldat Youssef Chahed.

Il reste également loin du but politique que s’était, pourtant, fixé Tahya Tounes: celui d’un rassemblement de la famille progressiste. Actuellement, les exploits de Youssef Chahed se résument à:

  • Ses débuts, où la lutte contre la corruption se trouvait enfin une personnification. Rapidement abandonnée malgré la popularité de la mesure.

  • La fin de son mandat, où cette première centrale photovoltaïque l’inscrit dans l’histoire, mais surtout dans l’avant-garde. Mesure de gouvernant. 

À savoir que, le point commun, entre ces deux mesures, sont l’isolation. Qu’elle soit solitude méfiante au début ou qu’elle soit déception à la fin: ces deux mesures sont purement des solos de Youssef Chahed.

Et si le meilleur moyen, pour Youssef Chahed, de réussir à galvaniser la dynamique qu’il engendrait à ses débuts, était de rester seul? Et si Tahia Tounes était un groupe de Rock où le guitariste a beaucoup de potentiel mais les autres membres ne lui font faire que du commercial? 

Le conseil que nous pouvons donner au Chef du gouvernement, à quelques mois des élections, c’est que s’il veut réussir à titiller les grands caïds des sondages, à savoir Nabil Karoui et Kais Said, c’est de faire campagne pour Youssef Chahed et non pour le rassemblement de Nidaa Tounes, Tahya Tounes, Mashrou3 Tounes et de toutes ces variantes centristes issus de la même idée: “après nous, le déluge”.

Néanmoins, la nomination de Kamel Morjane à la tête de son bureau politique de Tahya Tounes et ses nombreux appels de phare aux centristes pour un rassemblement prouvent que cette campagne sera celle des alliances et non des idées.

Progressiste certes, mais à très petits pas.

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