MAGHREB
11/02/2014 13h:43 CET | Actualisé 11/02/2014 13h:45 CET

Au Camp de Zaatari: Les "Champs Elysées" des réfugiés syriens

Capture d'écran/CNN

Le camp Zaatari (en Jordanie) a été ouvert en juillet 2012 pour accueillir les milliers de Syriens fuyant le conflit qui déchire leur pays.

Au fil des mois, ces réfugiés syriens se sont fait à l’idée qu’ils ne retourneraient pas chez eux de sitôt, et ont donc essayé de ramener un bout de chez eux au camp, pour continuer à vivre malgré tout.

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Les "Champs Elysées"

Dans des conteneurs transformés en magasins, tout se vend: les appareils électroménagers et paraboles côtoient les ateliers de vélos et les salons de beauté, les stands de shawarma, cigarettes et cartes téléphoniques font recette, au même titre que les supermarchés et jardins potagers, et un bureau de change a même ouvert dernièrement.

"Zaatari n’est pas un simple camp. Si c’était une ville, ce serait la cinquième plus grande en Jordanie. En fait, Zaatari ressemble bien plus à une ville qu’il n’y paraît, raconte une journaliste de CNN. Zaatari possède une activité économique très importante: les Nations unies estiment que $12 millions circulent chaque mois en opérations commerciales."

En tout, plus de 3000 boutiques, restaurants et épiceries animent l’artère principale du camp, surnommé les "Champs Elysées".

Le camp a même son "maire".

Kilian Kleinschmidt, coordinateur du Haut-Commissariat des Nations unies ce camp, est chargé de chapeauter et organiser tout ce petit monde. Il confirme que l’économie va bon train et rappelle qu’environ 3 000 réfugiés ont été embauchés par les diverses organisations des Nations unies sur place.

"Je ne gère pas un camp, je gère une ville temporaire", a-t-il confié.

Robes de mariées à louer

La guerre et la vie dans le camp n’empêchent pas les mariages. Et qui dit mariages dit belles robes de mariées.

Rowaida Abu-Zaid, propriétaire du "Alma's Salon" pour femmes, s’est lancée dans ce marché et propose aujourd’hui aux futures mariées des robes, mais aussi une mise en beauté (coiffure et maquillage).

"A cause des circonstances compliquées, beaucoup de jeunes femmes se marient ici, au camp. Je voulais offrir à ces jeunes mariées au moins un semblant de normalité, de fête, ainsi qu’une robe blanche à porter pour la cérémonie de mariage", a-t-elle expliqué à CNN.

Mais derrière ces robes scintillantes, l’histoire n’est pas toujours très rose, comme le rappelle Rowaida:

"Derrière les grandes et joyeuses occasions se cachent souvent de tristes réalités. Le problème c’est que beaucoup de ces futures mariées sont très jeunes. On marie les filles très jeunes parce-que les parents craignent constamment qu’elles soit violées, agressées sexuellement ou attaquées: ce genre d’incidents arrive souvent dans les camps. Se marier à un jeune homme fort est un moyen de protéger ces filles contre les éventuels agresseurs qui rôdent."

Une nouvelle ville née de la guerre, qui ne cesse d’accueillir de nouveau habitants. Pour combien de temps encore? "Trois jours, 30 ans, qui sait?"

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