MAROC
29/11/2018 16h:26 CET

CAF: Condamnés à une lourde amende en Égypte, Hayatou et El Amrani vont faire appel

L’ancien président de la CAF et son ex-secrétaire général dénoncent un jugement injuste et qui ne vise qu’eux.

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JUSTICE - 266 millions de dirhams chacun. C’est la somme qu’Issa Hayatou, ancien patron du football africain et son ex bras-droit, le Marocain Hicham El Amrani, devront verser à la justice égyptienne pour avoir paraphé, au nom de la CAF, un contrat avec la société Lagardère Sports. Suite à la décision de justice annoncée le 26 novembre, les deux prévenus vont faire appel. 

L’indéboulonnable Camerounais et le Marocain ne comptent pas en rester là avec cette “parodie de procès” de la justice égyptienne. “Un verdict (...) passablement grotesque” pour Issa Hayatou, dans un communiqué, et “une farce plus qu’une décision de justice” du côté d’Hicham El Amrani, dans des déclarations données à nos confrères de RFI. L’ancien directeur de la Confédération africaine du football et son ex-secrétaire général dénoncent un jugement injuste rendus par la Cour économique du Caire, qui ne “vise qu’eux” précise le média. 

Tous deux vont faire appel pour sauver honneur et réputation. Pour Hayatou, “cette affaire est orchestrée avec un agenda politique et pour le bénéfice de certains individus” et il est question de “mettre un terme définitif à cette diffamation et aux atteintes répétées à (s)on honneur” et “porter l’affaire devant tout autre tribunal international compétent”, précise-t-il dans son communiqué.

Pour El Amrani, il s’agirait qu’on “laisse (sa) réputation intacte”, confirme-t-il à RFI. Quant à un nouveau procès devant un autre tribunal, ce dernier se réserve “le temps de la réflexion”. 

Sauf que cette affaire ne peut être jugée qu’en Égypte, où réside le siège de la CAF et la Cour économique du Caire n’est pas tendre avec ceux qui contournent les lois anti-monopoles du pays. En effet, il est reproché aux deux hommes d’avoir cédé les droits marketing et médias du football africain à l’entreprise Lagardère Sports pour un milliard de dollars alors qu’une entreprise égyptienne, Presentation Sports (PS), avait formulé une offre supérieure de 200 millions de dollars à celle de Lagardère. Elle a été déclinée, poussant la société à saisir l’autorité égyptienne chargée de la régulation de la concurrence (ECA) pour une plainte fin 2016 et un premier procès en mars 2017, au Caire. 

Selon l’ECA, qui s’est chargée du dossier dès janvier 2017, les dirigeants de la CAF n’ont pas appliqué les règles de la concurrence pour l’attribution du contrat et ont abusé de leur position dominante sur le marché. Une affirmation contestée par Hayatou et El Amrani. Ce dernier indique même qu’à l’époque de la signature de l’accord avec Lagardère Sports, la société Presentation Sports “n’existait même pas”.

“Jamais la CAF n’a failli au suivi des procédures requises, surtout dans un cas de figure pareil. Il s’agit d’un contrat d’un milliard de dollars, qui représente l’indépendance financière d’une institution comme la CAF! Ce n’est pas le genre de contrat qu’on va prendre à la légère ou pour lequel on ne va pas s’entourer des meilleurs experts”, a-t-il ainsi déclaré à nos confrères, assurant avoir agi dans cette affaire uniquement en tant que “mandataire de la CAF et dans son intérêt supérieur”.

En janvier 2017, l’instance dirigeante du football africain publiait un communiqué où elle annonçait renouveler ce contrat exclusif signé avec Lagardère Sports, en juin 2015, un accord qui “ne contrevient en rien à une législation nationale ou supranationale, tel qu’établi par des opinions juridiques catégoriques à ce propos”, pouvait-on lire. 

Les deux condamnés déplorent ainsi une procédure judiciaire qui n’implique pas la CAF mais seulement eux et pointent une tentative de leur nuire. “On nous accuse […] d’avoir signé l’accord et d’avoir tout négocié de par nous-même, déplore le Marocain. C’est un argument assez grotesque. On ne peut pas se retrouver à négocier autour d’une table avec une société de l’envergure de Lagardère Sports [...] sans avoir l’intégralité de la Confédération qui est derrière ce type de procédé. Il s’agit d’un travail collectif, avec des experts et le Comité exécutif qui valide tout cela”, argue-t-il pour sa défense.