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16/07/2019 19h:50 CET | Actualisé 16/07/2019 19h:50 CET

Burnout maternel: Reconnaitre et accompagner le plus dur métier du monde

On ne nous donne pas de mode d’emploi, on apprend sur le tas, on rebondit, on se remet en question, on se sacrifie...

Kyryl Gorlov via Getty Images

Non nous ne sommes pas le prolongement de nos enfants, non nous ne pouvons vivre leur vie et non nous n’avons pas de prise quand il s’agit de leur devenir.

Tout ce que l’on peut espérer, c’est de leur donner les bases, l’éducation, l’amour et la confiance nécessaires pour qu’ils arrivent à grandir plus ou moins sereinement!

Ce billet je l’écris à toutes les mamans du monde et je sais que beaucoup se reconnaitront. Oui on parle beaucoup de la qualité de vie au travail ou QVT et le burnout, mais on ne fait pas grand cas de la Qualité de Vie de la maman qu’elle soit au foyer ou au travail!

Et oui le Burnout maternel n’est pas un euphémisme, et je persiste et signe en disant que le boulot de maman est le boulot le plus dur au monde. J’ai fait des jumeaux et je peux vous assurer que les faire grandir aujourd’hui est un acte aussi périlleux que mes innombrables casquettes de femme caméléon activiste.

Car au fond, on ne nous donne pas de mode d’emploi, on apprend sur le tas, on rebondit, on se remet en question, on se sacrifie et surtout on continue de faire pas mal de maladresses à l’égard de nos enfants!

Et que l’on soit thérapeute ou pas… quand on a des enfants on est toutes logées à la même enseigne.

Et bien non, rien n’est définitif, rien n’est text book quand il s’agit d’élever nos enfants. Pour autant pour y arriver, il faut surtout savoir se ménager, prendre soin de soi, ne pas se laisser submerger par la culpabilité les angoisses et les questionnements stériles.

Burnout maternel comprendre ce que c’est

Le burn-out maternel c’est l’overdose de l’engagement physique, psychique et émotionnel à l’égard de son enfant. Quand on veut tout faire, tout contrôler que l’on ne sait pas déléguer, que l’on se remet en question et que l’on fait tout à s’oublier.

Il n’y a pas de bonnes mères, il y a des mères qui font au mieux

Socialement on est programmées pour ignorer nos besoins et nos envies certes, et … les institutions aussi en rajoutent une couche.

Naïvement on nous dit qu’être mère est une chance, un état de grâce continu mais ce n’est pas vrai, cela fait partie des croyances populaires.

Il n’y a pas de mère “idéale”, de mère moins méritante ou pas, de mère courage, il y a simplement une Maman qui essaye de faire du mieux qu’elle peut!

Plus vite vous le comprendrez plus sain cela sera pour vous

Si vous êtes dépassée, apprenez à écouter votre corps car le danger peut vous guetter à la longue.

Un certain nombre de signes doivent vous alerter avant de basculer vers la dépression.

Les oublis

Si vous oubliez des choses à faire, la casserole sur le feu, le rendez-vous chez le pédiatre, une sortie, une activité, de fermer la porte à clés, ce sont des exemples, oui il y a un début de signe d’épuisement. Attention si vous prenez la voiture et que vous êtes épuisée et la tête dans les nuages.

Asthénie le syndrome de la fatigue chronique

Que vous dormiez 7 heures d’affilé ou que vous vous réveilliez toutes les 2 heures, vous êtes épuisée dans votre corps et votre tête, comme si vos batteries sont déchargées dès votre réveil, attention à l’asthénie.

Vous n’arrivez plus à assurer le minimum vital

La nourriture, la maison sont bâclés. Vous vous couchez mal et en culpabilité mais vous n’avez plus la force et c’est la débrouille qui prend le pas. C’est un signe fort d’épuisement: vous n’avez plus d’énergie pour vous-même et encore moins pour les autres. Et cuisiner vous semble trop compliqué.

Vous êtes au bord de la crise de nerf et pleurez tout le temps

Votre seuil de tolérance, de patience est limite, et vous criez beaucoup après enfants et conjoint. Sauf qu’après vous vous sentez coupable: “horrible d’être une mauvaise mère”, une spirale de culpabilité s’enchaine.

Faites vous aider!

Faites appel à un thérapeute, il est crucial de trouver une solution au plus vite.

Apprenez à dire non, à écouter les limites de votre corps. En parler avec un thérapeute pour ne pas culpabiliser du “non”, et surtout comprendre les limites à ne plus franchir.

Apprenez à déléguer avec votre conjoint ou une aide externe ou un membre de votre famille. Arrachez du temps pour vous, être mère n’est pas la panacée, vous n’êtes pas qu’une génitrice, vous êtes une personne à part entière qui a besoin de souffler et de se faire plaisir.

Ne jouez pas le jeu de votre enfant, car plus vous donnez plus il demandera, apprenez à vous donner des temps de pause.

Stop au cumul des activités

C’est souvent le cumul de responsabilités qui conduit à cet état d’épuisement. Apprenez à refuser, c’est essentiel pour vous préserver.

Impliquez votre partenaire

C’est important de partager les tâches et d’en discuter à tête reposée sans confrontations.

Lâchez prise et reconnectez vous à votre corps

Mettez-vous à la méditation à la Sophrologie : déjà c’est prendre un temps pour vous mais surtout apprendre les postures afin de réduire considérablement le niveau de stress et d’anxiété.

Faites accompagner votre enfant par un spécialiste

Si par exemple le burnout est directement lié à un comportement de votre enfant (hyperactif, nerveux, insomniaque, caprices, problèmes émotionnels),  parlez à votre pédiatre et aux professeurs, ne fermez pas les yeux sur les éventuelles difficultés de développement physique ou émotionnel. Obtenir des réponses et de l’aide permet de réduire les risques d’épuisement.

Arrêtez de culpabiliser

Prendre du temps pour soi, ce n’est pas être mauvaise! Et s’épanouir dans son travail ou dans son couple c’est important aussi. Et si vous n’êtes pas le prolongement de votre gosse que vous êtes carriériste et pas maman poule, c’est votre droit!

Vous éprouvez de la colère?  Vous en avez le droit et en toute bienveillance

Vous n’êtes pas super woman ou une super maman et alors?!!

Il n’y a pas de “total control”, vous ne pouvez pas tout gérer, et vos enfants ont leur vie à eux. Arrêtez le sentiment d’échec et la culpabilité, s’ils ne sont pas et ne font pas comme vous.

Arrêtez de transférer vos peurs sur votre gosse

Si l’inquiétude est normale ne polluez pas votre enfant avec vos insécurités. Il est sage de se faire épauler, aider, accompagner, par le conjoint et à défaut  un thérapeute. Priorisez et faites-vous du souci pour vous avant de vous en faire pour l’enfant.

Faites-vous confiance c’est naturel d’être maman

Soyez à l’écoute de vos sentiments, de vos valeurs, de la personne que vous êtes et de ce qui vous semble bon à vous. Même pour Freud, éduquer est un métier impossible…

In fine, donnez à votre enfant un sentiment de sécurité. Il a besoin d’un parent stable, fiable et cohérent.

Il n’y a pas de mère parfaite et même Donald W. Winnicott pédiatre et psychanalyste britannique, expliquait que la mère doit être “suffisamment bonne”, c’est-à-dire ni trop ni trop peu. Pour que l’enfant devienne autonome, il s’agit de l’aimer mais de ne pas le combler totalement. Trois textes salvateurs réunis dans ce petit ouvrage accessible (Payot, Petite bibliothèque : la mère suffisamment bonne ).

Retrouvez les conseils de Fériel Berraies Thérapeute: www.feriel-berraies-therapeute.com 

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