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22/09/2018 11h:18 CET | Actualisé 22/09/2018 11h:18 CET

BLOG - Brahim Brahimi: Mon prof, mon directeur de mémoire, mon ami

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Une vie durant, il a œuvré tous azimuts. Professeur, il a donné le meilleur de lui même au crédit de la formation et du savoir académiques. À mesure des générations/promotions, il a dispensé, sans compter, travaux dirigés et cours magistraux. Et encadré mémoires de licences et thèses de post-graduation. Il m’a enseigné le «Droit de l’information» et a été mon directeur de mémoire. Spécialiste de l’information et des sciences de la communication, il a été de toutes les batailles du secteur et de la profession : mobilisation contre la censure, contre les oukases étouffants.

Au prix de son temps et de sa vie familiale, il s’est donné corps et âme au service de la presse en Algérie et au Maghreb. Fort de son expertise et de ses connaissances dans le registre du droit de l’information, il a milité pour une codification du secteur et pour le créditer de mécanismes juridiques et moraux qui n’avaient pas «pignon sur rue» avant octobre 1988 : un code de l’information digne de ce nom fait par les acteurs et les experts et non par l’administration. Il a résonné «Carte professionnelle» délivrée, comme sous d’autres cieux, par la profession et non par le Ministère.

Il a milité et œuvré pour un Code de déontologie. Des années durant, débordant de fougue et de mobilisation, il a voulu se faire utile. Bénévolement et de manière désintéressée. Dans un contexte où les patrons de presse pensaient plus «publicité » et négociation d’un échéancier avec l’imprimerie, Brahim Brahimi — «Ahmed » pour les intimes — était désarmé. La bataille n’était pas aisée. Difficile de bousculer l’ordre établi et de codifier une profession et un secteur lorsque la corporation est divisée par les options syndicales et les patrons — amis de Ahmed — absorbés par l’accumulation primitive du capital. Changeant de fusil d’épaule, il s’est attelé — aux côtés de Belkacem Ahcene-Djaballeh et d’autres — à s’investir sur le front de la formation académique, fidèle en cela à une carrière exemplaire. Ahmed mon enseignant et mon directeur de mémoire a été aussi un ami. Hors heures de cours, il était notre copain, notre ami. Je lui dois un pan entier de ma formation; je lui dois des éclairages féconds sur le monde des médias. Je lui dois/nous les devons une générosité de tous les instants : générosité es-diffusion du savoir, générosité en «temps de convivialité » le temps d’une pause cigarettes ou d’un déjeuner, générosité es-logistique !

Et oui : nous sommes nombreux, Hadi Haddadou, moi et une multitude d’autres camarades, à avoir pu rejoindre le bercail et passer la nuit avec les nôtres. C’était au soir des années soixante-dix et à l’aube des années quatre-vingt lorsque le dernier bus RSTA pour Alger à partir de Ben Aknoun s’ébranlait avant le crépuscule ! Nous remercierons jamais assez la Renault 4 de notre professeur. Elle a embarqué des étudiants. Gratuitement, discussion féconde avec le Cheikh en sus !

Cette pensée, je l’ai pondue en prenant connaissance de posts partagés, par-ici, par des amis. J’ai pianoté sur le clavier sans avoir confirmé l’info.L’essentiel est d’avoir dit, en quelques mots, comment mon enseignant, mon directeur de mémoire, mon ami se décline au miroir de mes souvenirs.