TUNISIE
03/12/2018 16h:07 CET | Actualisé 03/12/2018 16h:08 CET

Boycott des examens: La colère monte d'un cran dans plusieurs lycées de la Tunisie

Le bras de fer continue.

PHILIMON BULAWAYO / REUTERS

Tout ne s’est pas passé comme prévu... Ce lundi 3 décembre 2018 est le premier jour de la semaine bloquée du premier trimestre, selon le calendrier établi par le ministère de l’Education. Pourtant de nombreux lycées et collèges ont décidé de boycotter les examens et de poursuivre le déroulement des cours en répondant à l’appel du syndicat de l’enseignement secondaire. 

En effet, malgré la pression incessante du ministère en tutelle, le syndicat a choisi de mener jusqu’au bout son combat en incitant les enseignants à continuer à respecter le mot d’ordre de boycott des examens et à être présents dans les classes. 

Les enseignants répondent à l’appel du syndicat

Selon la page officielle du syndicat, la majorité des lycées et collèges de la Tunisie ont répondu favorablement à cette décision. De Bizerte à Kasserine en passant par Sfax et Sidi Bouzid, les enseignants ont affiché leur soutien au syndicat et ont donné des cours sans passer les examens. 

Selon Mosaïque Fm, certains enseignants ont boycotté les examens alors que d’autres ont refusé même de donner des cours. Toujours selon la même source, certains élèves se sont contentés de saluer le drapeau national avant de quitter les institutions scolaires.

D’après le délégué régional de l’éducation à Sidi Bouzid, les directeurs ont placardé les calendriers des examens dans les emplacements appropriés tout en respectant la décision de la fédération.

 Dérapages dans certaines régions

 Cette journée a été, par ailleurs, marquée par des actes de violence dans de nombreux lycées de la Tunisie. La colère est monté d’un cran dans la région de Nabeul où les élèves du collège à Bou Argoub ont tenté de brûler des pneus devant leur établissement. Alors que d’autres ont jeté des pierres sur des établissements secondaires avant l’arrivée de la police pour maitriser la situation. 

Des incidents similaires ont eu lieu également dans certains lycées de Sidi Bouzid. Même scénario a été observé à Kairouan: Les élèves ont incendié des pneus devant leur lycée et les cours ont été d’ailleurs interrompus.

 

Les parents d’élèves protestent

Des élèves et parents ont dénoncé le boycott des examens exprimant leur colère contre cette décision et la détérioration du système éducatif.

 La coordination “Parents en colère” a appelé, dimanche, tous les parents à observer, ce lundi, devant tous les collèges et lycées de la République une manifestation pacifique pour dénoncer la décision de la fédération de l’enseignement secondaire relative au boycott des examens du premier trimestre.

Dans une déclaration accordée à la TAP, le coordinateur national de cette association, Hassen Ben Abdelaziz Chok, a fait savoir que la coordination qui compte plus de 67 mille adhérents sur sa page officielle facebook, envisage d’organiser un mouvement de protestation à l’échelle nationale pour dénoncer la perturbation du déroulement normal des cours qui se répète chaque année, mettant l’accent sur la nécessité de respecter le droit des élèves de passer les examens dans les délais impartis.

 

Le ministre de l’Education appelle au dialogue

 De son côté le ministre de l’Education, Hatem Ben Salem a appelé, dimanche, à la reprise des négociations sur le dossier de l’enseignement secondaire et à la préservation de l’intérêt des élèves, affirmant que toutes les revendications des enseignants sont légitimes. “Nous sommes conscients, a-t-il dit, de la valeur du professeur et de la difficulté de sa situation financière et nous sommes ouverts à toutes les suggestions”. 

Ben Salem a fait savoir qu’il entrera, lundi, en contact avec le chef du gouvernement, le secrétaire général de l’UGTT et la fédération générale de l’enseignement secondaire pour accélérer la résolution de ce problème. Cependant, a-t-il dit, les examens ne doivent pas être bloqués et la loi sera appliquée en cas de boycott.

Il a déclaré que les négociations sont encore ouvertes, appelant le syndicat à prendre des décisions judicieuses sans personnaliser l’affaire ou la lier à tel ou tel ministre.

Ben Salem a affirmé que l’élève ne doit pas être impliqué dans cette question et que le boycott des examens est une “grave mesure” qui est contraire au calendrier des examens et des vacances scolaires fixé en plein accord avec tous les syndicats concernés.

Il a réitéré la disposition de son département au dialogue, affirmant qu’il entretient des rapports distingués avec tous les syndicats de l’enseignement dont le nombre s’élève à 9 et qu’il soutient toutes les formes de militantisme garanties par la constitution, rejetant toutes les déclarations fallacieuses diffusées sur les réseaux sociaux. 

 

 

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