09/05/2018 16h:25 CET | Actualisé 09/05/2018 16h:25 CET

Boycott: Les eaux minérales d'Oulmès sortent de leur silence

Pas d'excuses, mais des explications.

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POLÉMIQUE - Après Centrale Danone, c’est au tour de Eaux minérales d’Oulmès (EMO) de sortir du silence, près de 20 jours après l’appel au boycott de plusieurs produits de consommation, dont l’eau Sidi Ali qu’elle commercialise.

Dans un communiqué publié ce 9 mai, le groupe indique avoir pris connaissance de ce mouvement de boycott né sur les réseaux sociaux et qui s’attaque aux prix de vente de son eau Sidi Ali, jugé trop élevé par des consommateurs marocains.  Face à ce phénomène grandissant, la société a préféré observer le silence afin, selon elle, “d’écouter et d’analyser, avec la mesure et le recul nécessaires” les attentes des consommateurs marocains de Sidi Ali. 

Si la société reconnait que ce mouvement de boycott traduit “des difficultés rencontrées par les familles marocaines face à la cherté de la vie”, elle réfute de manière catégoriques les nombreuses accusations dont elle est la cible sur les réseaux sociaux et affirme que les prix de vente publics de l’eau Sidi Ali n’ont pas augmenté depuis 2010. 

“La problématique du pouvoir d’achat est un sujet qui nous préoccupe au sein des Eaux Minérales d’Oulmès. C’est pourquoi nous avons pris la décision de ne pas augmenter nos prix de vente publics depuis 2010, sur l’intégralité des formats Sidi Ali, et ce malgré l’inflation régulière qu’a connu le Maroc et l’augmentation de l’ensemble de nos postes de coûts: matières premières, énergie, salaires, taxes…”, se défend le groupe. 

L’occasion également pour les Eaux Minérales d’Oulmès de rappeler, dans le communiqué, que le prix des bouteilles d′1,5L en vente depuis 2010, est constant et “selon des prix recommandés”, soit 5 DH en grandes surfaces et à partir de 5,50 DH chez les détaillants. “Un tarif qui peut librement évoluer en fonction des points de vente, dans la mesure où la loi 06-99 sur la liberté des prix et de la concurrence permet aux points de vente de fixer eux-mêmes le prix de vente final”, précise EMO.

L’heure n’est donc pas aux excuses mais aux explications de la société qui “souhaite clarifier certaines données” pour faire taire ”informations erronées et idées reçues”. “L’eau exploitée n’est pas gratuite mais assujettie à des taxes d’exploitation très importantes. Pour l’année 2017, Les Eaux Minérales d’Oulmès s’est acquittée de 657.072.912 DH d’impôts et taxes (TVA, redevance d’exploitation de la source, Taxe Intérieure de consommation, écotaxe, frais de marquage fiscal et divers autres impôts et taxes), soit une augmentation de 9,8% par rapport à 2016. Pour la seule taxe communale payée par la société à la Commune d’Oulmès, elle s’est élevée en 2017 à 99 056 958 DH. La redevance d’exploitation des sources due à l’État en 2017 a été de 48.288.916 DH”, affirme EMO, qui ajoute que le prix de vente de l’eau comprend d’autres coûts (distribution, marges détaillants, transports, logistique, personnel...) en plus des impôts et taxes dont la société s’acquitte. 

Elle affirme réaliser, au final, une marge de 7%, soit 40 centimes par bouteille d′1,5L et souligne au passage ses engagements en matière de qualité de ses produits mais aussi son oeuvre à la création d’emplois au Maroc. “La société génère par ailleurs plus de 7.900 emplois indirects, soit un total de près de 10.000 personnes” précise-t-elle. 

Enfin, Les Eaux Minérales d’Oulmès assure s’engager ”à œuvrer auprès des pouvoirs publics à la révision à la baisse des prix par la réduction des taxes imposées sur les eaux minérales et de sources. Nous prônons en effet une T.V.A. réduite à 7% (au lieu de 20%), le taux de 7% étant déjà appliqué par ailleurs sur certains produits de grande consommation tels que, entre autres, le sucre et la conserve de sardines”. Une réduction qui, selon elle, permettrait de “baisser le prix de vente final des eaux minérales au profit du consommateur”. 

Au cours de ces dernières semaines, notre direction de la communication se tient à la disposition de tous (consommateurs, associations de consommateurs, journalistes…) pour fournir toutes informations utiles et fiables.

S’il est trop tôt pour prendre la température des réactions suite à cette sortie attendue, la société prend les devants en proposant une adresse électronique, communication@sidiali.ma, précisant que sa direction de la communication “se tient à la disposition de tous (consommateurs, associations de consommateurs, journalistes…) pour fournir toutes informations utiles et fiables”.