MAROC
07/05/2018 18h:16 CET | Actualisé 07/05/2018 18h:22 CET

Boycott: Députés et gouvernement s'accusent mutuellement

Face aux députés, le gouvernement défend une autre vision des choses.

ABDELHAK SENNA via Getty Images
Lahcen Daoudi, ministre délégué chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, au côté du chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani. 

BOYCOTT - “Vous ne réagissez pas au boycott, vous insultez les Marocains!”. Abdellatif Wahbi, député du PAM, parti de l’opposition, ne mâche pas ses mots lorsqu’il s’adresse à Lahcen Daoudi, ministre délégué chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, au cours de la séance hebdomadaire des questions orales de ce lundi à la Chambre des représentants. Les nerfs à vif, tapant sur le pupitre se trouvant devant lui, le député a interpellé le ministre accusant le gouvernement de ne pas réagir à une campagne pourtant populaire.

Également depuis peu dans l’opposition, le président du groupe de l’Istiqlal, Noureddine Moudiane, a emboîté le pas à son confrère pour rappeler au gouvernement que “sa fuite en avant” pourrait bien légitimer un autre boycott. 

Mais si les députés de l’opposition ont pointé du doigt le gouvernement, ce dernier défend une autre vision des choses. “Le gouvernement est innocent! Et savez-vous qu’il y a une différence entre ministre et gouvernement?”, réagit Lahcen Daoudi, l’air remonté contre “le ton” adopté par Wahbi pour lui asséner ses accusations. Lahcen Daoudi ne commentera pas le fond de la question, mais préférera tirer à boulets rouges sur les députés, les accusant de “profiter d’une vie confortable”. “Pourquoi avez-vous des voitures qui coûtent cher?”, les interroge-t-il, leur reprochant ainsi de “ne pas représenter les Marocains”. 

“Je ne suis pas le gouvernement. Le porte-parole du gouvernement est là”, tranche par ailleurs Lahcen Daoudi. Mustapha El Khalfi avait en effet refusé de répondre aux questions des journalistes au sujet de la position du gouvernement vis-à-vis du boycott, lors d’un point de presse tenu jeudi dernier à l’issue du conseil de gouvernement. “Ce n’était pas un sujet à l’ordre du jour”, s’était-il contenté de déclarer, évitant tout commentaire.