MAROC
01/02/2019 16h:47 CET | Actualisé 01/02/2019 17h:18 CET

Boycott du concert d'Enrico Macias à Casablanca: le chanteur répond

“Je me fous éperdument de cette menace de boycott".

ASSOCIATED PRESS
Le chanteur franco-algérien doit se produire à Casablanca le 14 février.

POLÉMIQUE - Le 14 février prochain, à l’heure de la Saint-Valentin, le Megarama de Casablanca recevra le chanteur franco-algérien Enrico Macias. Dès l’annonce de sa venue, des voix se sont élevées sur les réseaux sociaux, appelant au boycott de ce chanteur qui “défend l’occupation sioniste et son armée”. Invité de l’émission française “Les Grandes Gueules” ce 1er février, sur les ondes de la radio RMC, Enrico Macias a répondu à la polémique.

“Je me fous éperdument de cette menace de boycott car je vais y aller. Je vais y aller, je vais au Maroc”, lance déterminé, sur le plateau, le chanteur qui a fêté ses 80 ans en décembre. “Advienne qu’advienne mais je ne leur donne pas raison, ça je ne veux pas. Ma victoire, ça sera d’aller chanter à Casablanca”.

Enrico Macias n’aborde jamais les accusations dont il est question au travers de cette campagne de boycott. Au lieu de ça, il revient sur le royaume et son peuple, qu’il aime tant. “Je connais le peuple marocain, le public marocain. Je compare le Maroc avec l’Andalousie d’antan parce que c’est un pays de tolérance. Ce n’est pas parce que quelques individus veulent me faire du mal que je vais changer d’avis sur la qualité, la tolérance du Maroc. Si on veut me faire quelque chose qu’ils sachent que j’arriverai à l’aéroport le 14 février”.

“C’est une immense injustice vis-à-vis d’Enrico Macias”, réagit à ses côtés Gilles-William Goldnadel, avocat franco-israélien également invité de l’émission. “Il faut savoir (qu’il) a été même critiqué à l’intérieur d’une partie de la communauté juive pro-israëlienne parce que, justement, il a toujours chanté la paix. Il a même chanté une fois pour Yasser Arafat. S’il y a quelqu’un qui s’est mouillé pour la paix israëlo-arabe, c’est Enrico Macias”, affirme l’avocat.

“Soutien des crimes de guerre en Palestine”

À l’origine de l’un des appels au boycott, on retrouve le MACBI, une campagne fondée l’an dernier sur la base de l’appel des 95 (artistes et universitaires), et qui appelle au boycott académique et culture d’Israël.

Contacté par le HuffPost Maroc, Sion Assidon, membre de MACBI, a réagi à la réponse du chanteur. “C’est intéressant qu’Enrico Macias intervienne justement dans une émission qui porte le nom ‘Les Grandes Gueules’ pour proférer ses rodomontades”, souligne Sion Assidon.

“On ne peut qu’être complètement d’accord avec lui sur un point: le peuple marocain est un peuple très tolérant. Mais sa tolérance ne va pas jusqu’à accepter le sort qui est fait au peuple palestinien et les crimes de guerre commis par l’armée israélienne, contre la population civile dans toute la Palestine et notamment dans les territoires occupés par Israël depuis 1967”.

“Quand on sait quel rôle joue dans cette répression sanglante l’unité Magav, l’unité militaire des gardes frontières, qui est celle que Mr Macias a choisi de soutenir à travers son association Migdal, il est facile de comprendre que la tolérance du peuple marocain n’ira pas jusqu’à être accueillante envers Macias. Ni en général envers les gens qui soutiennent les crimes de guerre commis contre le peuple palestinien”, affirme l’activiste marocain qui reprend des éléments du communiqué partagé par le MACBI.

“Enrico Macias a parlé de quelques individus mais le communiqué a été largement relayé sur les réseaux sociaux et de nombreuses associations ont aussi appelé à l’annulation du concert”, ajoute Sion Assidon.

“Le boycott est une action pacifique. Cette action va se poursuivre comme elle se poursuivra contre tous les artistes complices de la propagande israélienne - experte en art-washing. Réservons à Enrico Macias la surprise de l’accueil qu’il mérite”.

Le concert d’Enrico Macias aura donc lieu à 21 heures le 14 février prochain. Il se produira en compagnie du collectif de musiciens franco-algériens Al Orchestra avec qui il a signé pour revisiter ses plus grands tubes.