30/05/2018 12h:47 CET | Actualisé 30/05/2018 12h:47 CET

Boycott: Plan d'urgence et mesures draconiennes chez Centrale Danone

Intérimaires et petits exploitants sont les premiers exposés.

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CRISE - Après cinq semaines de boycott de ses produits, Centrale Danone, empêtrée dans une situation critique malgré les tentatives de réconciliation avec les consommateurs, va déployer un plan d’urgence pour se sortir de l’impasse. 

Invité par le Club de L’Economiste mardi 29 mai, le PDG de Centrale Danone, Daniel Lamblin, a reconnu des pertes “significatives” pour l’entreprise sans vouloir toutefois avancer une estimation chiffrée. L’Economiste note toutefois que la campagne de boycott s’intensifie, entraînant dans son sillage une chute des ventes et un compte d’exploitation de la société au plus mal. 

Si Centrale Danone avait tenté de redorer son blason auprès des consommateurs en proposant une baisse des prix du lait frais pasteurisé pendant tout le mois de ramadan dans son réseau de 75.000 épiciers, les efforts déployés n’ont pas satisfait les boycotteurs. 

Premiers exposés, les petits exploitants et intérimaires

La filiale de la multinationale française déclare prendre par conséquent deux mesures d’urgence à effet immédiat, et en prévoit de plus radicales si la situation n’évolue pas. De ce fait, Centrale Danone a instauré, depuis le 29 mai, des quotas d’achat de lait auprès des éleveurs en appliquant une pondération identique pour tout le monde. Elle collectera ainsi 30% en moins de lait auprès des petits exploitants, ce qui diminuera les revenus de près de 120.000 d’entre eux. Par ailleurs, les programmes de structuration et de mise à niveau des petits éleveurs, comme promis au Siam, se retrouvent en suspens. Il en va de même pour le programme de couverture médicale de 50.000 petits exploitants et le projet d’amélioration du rendement, indique la même source, alors que la filiale s’était affirmée du côté des agriculteurs. ”Mon seul objectif était de dire que le monde rural et l’agriculteur ont besoin de notre soutien à tous” avait déclaré dans une vidéo l’ancien directeur des achats, Adil Benkirane. 

Plus drastique encore, la filiale met fin immédiatement aux contrats de travail intérimaires qui concernent 886 des 6.200 employés travaillant sur les différents sites du groupe. Le directeur de la société révèle par ailleurs avoir déposé 9 plaintes contre X, suite aux agressions, parfois à l’arme blanche, dont ont été victimes des vendeurs et livreurs dans des épiceries du royaume.

Alors que la campagne de boycott née sur les réseaux sociaux faisait rage, la société avait enchaîné les couacs de communication. Suite à ces nouvelles mesures, reste à savoir si le boycott restera aussi tenace, alors qu’il entre dans sa sixième semaine, comme le rappelle avec regret Daniel Lamblin.