ALGÉRIE
09/02/2019 15h:37 CET | Actualisé 10/02/2019 10h:18 CET

Bouteflika: La dernière fois que...

Ca fait longtemps, très longtemps, que les Algériens n'ont pas entendu parler le candidat du FLN pour la présidentielle d'avril 2019, Abdelaziz Bouteflika.

RYAD KRAMDI via Getty Images
Le président Abdelaziz Boutelfika lors de son déplacement au bureau de vote à Alger le jour des élections locales du 23 novembre 2017.

Le coordinateur du FLN Mouad Bouchareb a annoncé officiellement samedi 9 février que le candidat du parti pour la présidentielle d’avril était Abdelaziz Boutelfika, un président dont les Algériens n’ont pas entendu la voix depuis longtemps.

Mais depuis quand, exactement? L’AVC dont a été victime le chef de l’Etat en avril 2013 a considérablement réduit ses capacités motrices et de locution. En conséquence, M. Bouteflika avait difficilement accompli sa prestation de serment après l’élection d’avril 2014. 

 

 

Mais les derniers mots du président entendus par les Algériens remontent au 8 octobre 2014. La télévision étatique avait diffusé ce jour-là une rencontre avec l’ancien ministre Lakhdar Brahimi. “Rani (je me sens) beaucoup mieux”, lui avait affirmé Abdelaziz Bouteflika d’une voix fragile. 

En d’autres termes, la dernière fois que les Algériens ont entendu parler Abdelaziz Boutelfika, candidat du FLN à la présidentielle d’avril 2019, remonte à quatre ans et 5 mois. 

 

 

Les apparitions du chef de l’Etat depuis cette date à la télévision se passent souvent de la bande sonore. Les images l’ont cependant souvent montré très fragilisé et ont provoqué de l’indignation sur les réseaux sociaux, à l’instar de son apparition au cimetière d’El Alia à Alger le 1er novembre dernier. 

 

Les mots confiés à M. Brahimi concernant uniquement l’état de santé du président, il faut remonter encore deux ans et demi pour retrouver la dernière fois où Abdelaziz Bouteflika s’était adressé directement aux Algériens. Il s’agit du discours du 8 mai 2012 à Sétif où il avait lancé sa fameuse réplique “jili tab jnanou” (ma génération a fait son temps). 

 

De rares sorties limitées à Alger

 

Ses apparitions et ses déplacements réduites au minimum, M. Bouteflika n’a plus représenté l’Algérie à l’étranger depuis son AVC et la dégradation de son état de santé. Ses déplacements hors du pays se résument à ses visites médicales en France ou en Suisse. 

La dernière fois que le président a assuré une activité présidentielle à l’étranger remonte donc à plus de 7 ans. M. Bouteflika s’était alors rendu à Tunis le 14 janvier 2012 pour prendre part aux festivités commémoratives du premier anniversaire de la révolution tunisienne. 

A l’intérieur du pays, il faut remonter au 20 décembre 2012 pour retrouver la dernière visite hors Alger du chef de l’Etat et ministre de la Défense. Il s’était déplacé à Tlemcen en compagnie de l’ancien président français François Hollande qui était en visite d’Etat en Algérie. 

Les sorties publiques du président, très rares, se limitent à Alger depuis cette date.

Dit autrement, reconduit à la tête de l’Etat en avril 2014, le président Bouteflika ne s’est pas rendu une seule fois à l’intérieur du pays durant son quatrième mandat et n’a quitté la capitale que pour aller se faire soigner à l’étranger.

Les absences prolongées du Président poussent ses soutiens à des contorsions politiques pour les justifier. Un rituel est d’ailleurs né ces dernières années où le chef de l’Etat est représenté par son portrait.

Signe d’une époque peu ordinaire dans l’histoire du pays, ce “culte” a culminé ce samedi à Alger après l’annonce de M. Bouchareb, lorsque les dirigeants du FLN ont offert un cadre au cadre de Abdelaziz Bouteflika.